TAOÏSME
les plus effroyables monstres qu'on saurait voir, et qu'on pourrait même s'imaginer, dont la matière est si différente, qu'il y en a de marbre, d'airain, de bois et de terre.
« La troisième sorte de secte qu'on voit dans la Chine, pelée Laii{ii I Lao-tse l ; celle-c n'est que pour les gens du corn mun. L'auteur de cette opi est un certain philosophe vivait du temps de Confu qu'on dit avoir resté 80 ans a que de naître, dans le sein < mère ; voilà pourquoi on ] donné le nom de Lan\u { , tse, c'est-à-dire philosophe cien ). Les sectateurs de loi prescrivent quelques rè pour pouvoir parvenir un joi bonheur du Ciel, et disent les plus efficaces moyens c quérir cette gloire, consistent à faire certaines prières, à observer quelque coutume, à s'asseoir et à pratiquer les choses qui leur sont en usage ; parce qu'ils les estiment nécessaires pour parvenir à cette béatitude du corps et de l'esprit. J'oubliais de dire que ces personnes persuadent
à toutes sortes de gens, qu'ils ont le pouvoir d'allonger la vie des mortels avec des médecines qu'ils donnent, et par le moyen du secours de !eurs dieux.
Bouddhisme.
Statue de Fo, en porcelaine polychrome de K'ang-si. I pÉ-t'ang. )
Bouddhisme.
Statue de la déesse Kouan-iin.
Porcelaine blanche, (pé-t'ang.)
« L'office des sacrificateurs de cette même secte est de chasser les démons des corps des possédés, par des supplications détestables, et par des prières pleines d'impiétés et de blasphèmes. Voici les méthodes dont ils se servent pour l'ordinaire :
La première chose donc que font les adorateurs des esprits infernaux, c'est de peindre avec de l'encre les horribles monstres des ténèbres et de l'enfer sur du papier jaune, qu'ils attachent ensuite aux murailles de la maison ; après quoi ils commencent à hurler si horriblement, et à pousser des cris si affreux et si extraordinaires, qu'ils portent la terreur et l'effroi dans les cœurs les mieux assurés, et semblent être les diables mêmes qu'ils doivent chasser des corps de ces misérables. Le deuxième office de ces sacrificateurs est de faire pleuvoir quand il est besoin, et d'obtenir du ciel ( lorsqu'il est le plus serein et le plus beau) l'eau dont la terre a besoin dans la sécheresse, ou bien d'arrêter les pluies excessives qui inondent le pays et ruinent le monde. Enfin leur présomption est si grande, et l'estime qu'ils ont de leur pouvoir va si avant, qu'ils se persuadent pouvoir secourir les hommes selon leur besoin, et se flattent de les retirer de toutes les infortunes où ils pourraient se voir engagés. Voilà à peu
CONFUCIANISME. BOUDDHISME. TAOÏSME.
San-kiao koui-i, les trois religions se confondent en une seule.
près les sectes, ou pour mieux dire les principales erreurs qui régnent dans ce vaste empire de la Chine. »
Les trois religions de Fo, de Lao-tse et de Confucius n'en font qu'une, selon la maxime chinoise : « San-kiao koui-i, les trois religions se confondent en une seule. » Nous donnons ici une gravure tirée du P. Kircher, avec la note qui l'explique : « Cette « figure que vous venez de voir est divisée en trois ordres : le premier est celui de « l'(A), c'est-à-dire la première divinité, le Seigneur et Souverain du ciel, que les « Chinois appellent Fé ou Fo, c'est-à-dire Sauveur. Ils le représentent tout éclatant « de lumière, pour mieux marquer ce qu'il est. Ils le dépeignent avec les mains « cachées, pour donner à connaître que c'est sa puissance qui opère invisiblement « toutes choses dans le monde, et ils lui donnent une couronne de pierres précieuses « sur sa tête, semblable à celle de nos saints, pour donner plus de gloire et de majesté
o à sa personne. Il a à sa droite (B) ce célèbre Confucius que les Chinois ont mis au « nombre des dieux, et à sa gauche (C) Lan\u ( Lao-tse ), que cette même nation ap- •■ pelle l'ancien philosophe, et qu'elle honore comme l'auteur de la religion et comme a une des principales divinités. » (chine illustrée, p. 184.)
Vers l'année 25o avant Jésus-Christ, la plus complète anarchie régnait en Chine. Les princes feudataires des Tcheou voyant la faiblesse de leur suzerain, s'étaient depuis longtemps révoltés. Le plus puissant d'entre eux, le roi de Tsin, s'empara de presque toutes les provinces qui restaient à l'empereur yan-ouang, et Toung-tcheou-kiun, dernier souverain des Tcheou, abandonna les sept villes qui reconnaissaient encore son autorité. Ainsi finit misérablement cette dynastie qui avait été si fertile en grands hommes et en célèbres philosophes.
yfflu
K'i-lin.
Pl. i.