‹ PékingChapitre 161 sur 224 · SING-POU. KOUNG-POU. TSOUNG-JEN-FOU · texte numérisé non relu

SING-POU. KOUNG-POU. TSOUNG-JEN-FOU

du Sing-pou ; ordinairement, les grands criminels sont envoyés à Péking, le Sing-pou juge, détermine la punition, l'empereur approuve et on exécute. Pour les cas tout à fait extraordinaires, les mandarins du Sing-pou n'osent quelquefois pas se prononcer, l'affaire est alors renvoyée au tribunal suprême, nommé Tchao-cheng, qui fonctionne

dans l'intérieur même du palais impérial. Les exécutions générales se font à jour fixe en dehors de la porte Choun-tchetnen, au carrefour appelé Ts'aèche-k'eou (les rites exigent que l'empereur ne franchisse jamais cette porte). Les coupables, à genoux, sont exécutés l'un après l'autre, leurs corps emportés à la voirie, leurs têtes suspendues dans de petites cages montées sur trois échalas. En passant par là, on peut voir des têtes

exsangues, avec de gros yeux terrifiés à demi rongés par les pies et les corbeaux qui picotent au travers des barreaux, la tresse traîne jusqu'à terre, les chiens regardent et se lèvent sur leurs pattes de derrière pour essayer d'atteindre; le spectacle est écœurant. 6° KOUNG-POU, ministère des travaux publics. — Ce ministère est au sud du Ping-pou; son président est chargé de toutes les constructions de l'Etat: palais, pagodes, casernes, greniers, ponts, etc. De plus, il doit prendre soin des routes, des rues, des digues fluviales et de tous les jardins ou parcs impériaux ; il a son trésor particulier pour les cas exceptionnels ; ordinairement il va prendre les fonds au Hou-pou. Une succursale de la fabrique des monnaies reste sous sa dépendance, elle se nomme Pao-yuen-kiu. Enfin, il possède des magasins immenses de matériaux pour les travaux à exécuter.

En dehors de ces six ministères, il y en a beaucoup d'autres dont les principaux sont :

1° TSOUNG-JEN-FOU. — Ce ministère est présidé par des princes que nomme

l'empereur. Ce grand tribunal, le premier de tous, ne s'occupe que des affaires de la

famille impériale et des personnes de sang royal ayant droit à la ceinture jaune « hoang-

taè-tse » ; il peut juger même les princes du sang.

2° NÉE-OU-FOU. — Il est consacré uniquement à l'empereur et à sa cour. Tout ce que l'empereur désire doit lui être fourni par le A ée-ou-fou , qui a son trésor particulier Née-Wou, lequel est comme la cassette impériale. L'impératrice veut-elle de l'argent ': elle avertit ce tribunal qui, s'il n'en a pas, s'arrange pour en trouver soit au Hou-pou, soit ailleurs ; au besoin, les vice-rois sont requis de remplir les coffres.

3°TOU-TCH'A-YUEN, tribunal des censeurs.— Le premier des censeurs en est le président ; les censeurs sont nommés ou dégradés par le Li-pou, comme les autres mandarins. Ils sont fort nombreux; chaque ministère, chaque quartier de la ville a son censeur ; chaque province a également le sien ; ils peuvent parler de tout et de tous, même de l'empereur, et faire des représentations sur tous les actes du gouvernement ; mais s'ils ne prennent garde de censurer à faux, de dépasser les bornes, d'observer les formes voulues, ils ne restent pas longtemps en place. Il y a quelques années, l'un d'eux eut l'audace de s'attaquer à l'impératrice-mère, il fut de suite dégradé, tant il est vrai que « Toute vérité n'est pas bonne à dire » ! Ces censeurs ont ce-

Prisonniers enchaînés.

pendant une autorité incontestée, et font souvent trembler les plus hauts mandarins. Sous les Ming, les bureaux de ce tribunal étaient à l'ouest de la porte Choun-tchemen, depuis ils ont été reconstruits au nord du Sing-pou.

4° NÉE-KO, grand secrétariat de l'empire. — C'est là que s'élaborent les décrets de l'empereur, c'est au Xée-ko que l'on appose les sceaux impériaux. Quand il en est besoin, l'empereur les fait porter à ce tribunal ; sous les Ming, les eunuques, en grande faveur, étaient chargés de ce soin ; maintenant cet honneur est réservé aux seuls mandarins de haut grade nommés à cet effet. Il n'est point nécessaire de demeurer en ville pour faire partie du Née-tco. Les quatre membres de ce tribunal ont tous le rang de Tchmmg-t'ang ou vice-roi. Le premier est appelé Ouen-hoa-tien, le second Ou-iing-tien, le troisième T'i-jen-ko, le quatrième Toung-ko. On nomme ces quatre personnages les Ta-siao-che, et le premier est sans conteste le plus haut mandarin de l'empire ; actuellement c'est Li-houng-tchang .

5° KIUN-KI-TCH'OU, grand conseil. — Il se tient chaque jour au palais même

Page 1