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TRIBUNAL DES CENSEURS. GRAND CONSEIL

entre trois et six heures du matin, présidé par un prince ; il est spécialement composé de huit membres, mais l'empereur peut en appeler autant qu'il le juge convenable. Ce grand conseil délibère avec l'empereur sur les affaires de l'État ; chacun donne son avis et l'empereur décide. Tous ces ministères, tous ces tribunaux, tous ces conseillers sont

tellement dépendants les uns des autres, qu'ils se surveillent mutuellement. Chacun est obligé d'agir avec prudence et sagesse sous peine d'être attaqué, accusé par le voisin.

Rien n'est laissé

Lit à torture.

à l'arbitraire ; l'empereur lui-même ne peut s'écarter des règles posées ; la machine gouvernementale est montée de telle sorte, qu'elle fonctionne ainsi sans aucun dérangement depuis des siècles.

APRÈS les Traités, les ministres européens devant résider à Péking, il fallait désigner un tribunal pour discuter les affaires avec eux. A cet effet, au lieu de choisir un des six grands ministères dont nous avons parlé plus haut, par exemple, le ministère des Rites, le gouvernement chinois préféra créer un tribunal spécial décoré du titre de Tsoung-li ko-kouo Y amen, c'est-à-dire, Tribunal pour traiter les affaires de tous les royaumes ; il est situé dans l'est de la ville, à deux kilomètres des Légations ; les bâtiments sont peu imposants, mais assez propres. On reçoit dans un petit pavillon entouré de rocailles et dans une salle de 3o pieds sur 20, où l'on sert ordinairement des rafraîchissements. Les princes Kounget Ts 'ing en sont actuellement les présidents, et dix membres forment le conseil ; deux ou trois viennent chaque jour alternativement pour recevoir les ministres ou interprètes des Légations qui se présen-

tcnt. Mais ce Yamen ne peut soutenir la comparaison comme monument, ni avec les vrais ministères de Péking, ni à plus forte raison avec les salles splendides où sont reçus les ambassadeurs en Europe.

Pendant que les missionnaires s'installaient à Péking en 1860, les diverses Légations prenaient également pied et organisaient leurs Hôtels respectifs.

Pour la France, le gouvernement chinois donna un palais vaste et commode dans

la rue Kiang-mi-siang. La Légation Française est surtout remarquable par son jardin, qui est le plus grand et le mieux entretenu de tous, par son superbe portique qui n'a pas de rival, et par ses salons somptueusement décorés ; l'entrée imposante est ornée de deux grands lions et de bornes en pierres reliées entre elles par une énorme chaîne de fer; cet ouvrage a été exécuté sous la direction du génie, lors de l'expédition française. La Légation de Russie est placée non loin de celle de France, dans une confortable habitation donnée jadis par K'ang-si aux missionnaires russes. Cette Légation possédait déjà une fort belle chapelle, on augmenta peu à peu les bâtiments ; aujourd'hui c'est une des plus grandes de Péking, son salon mesure plus de 14 mètres de côté, et les installations sont merveilleusement comprises. Pour l'Angleterre, le gouvernement chinois ac-

Pitn de la Légation de France. corda un ancjen palaJs situ<i Jans Ja v;ne tartare

au sud-est, sur les bords d'un canal ou déversoir qui conduit les eaux du palais impérial en dehors de la ville ; cette résidence est grande et couverte en partie de tuiles vernissées, les Anglais l'ont depuis embellie et complétée.

La Légation d'Allemagne ne fut construite que plus tard sur un terrain acheté par la Prusse ; elle est du reste assez bien aménagée et offre du confort, mais son jardin est très petit. Celle d'Espagne, située dans la même rue que les précédentes, a des bâtiments convenables et des pavillons indépendants pour les secrétaires et interprètes ; le ministre d'Espagne y réside en permanence, quoiqu'il soit en même temps accrédité près du roi de Siam.

La Légation du Japon est fort bien ; un architecte japonais y a fait des améliorations intelligentes ; deux lions de marbre décorent l'entrée. Celle d'Amérique est située

LEGATIONS.

vis-à-vis de l'hôtel de Russie, mais elle est loin de l'égaler comme étendue et comme constructions.

La Légation d'Italie située près des autres, laissait beaucoup à désirer ; mais dans ces derniers temps, un ministre entendu en architecture y fit de nouvelles bâtisses qui

la rendent très suf- puN DE u LEGATI0N DE FRANCE A peking. (c.u-bkrt. >

fisante.

La Légation de Belgique un peu loin des précédentes, a plusieurs fort belles cours aménagées à la chinoise, et un beau pavillon pour le secrétaire. Quant à la Hollande elle construit son hôtel et l'Autriche n'a point de Légation à Péking.

On ne peut passer

sous silence la superbe habitation du di- '' Cour d'honneur. — 2. Grand portique. — 3. Cour du ministre. — 4. Appartements du ministre. — 5. Grand salon. — G. Salle à manger. — 7. Serre. — 8. Grand recteur gênerai des salon des Fêtes. — 9. Premier interprète. — 10. Second interprète. — 11. Élève douanes' elle Se fait ""t''7"*t''<'- — I2- Pavillon du premier secrétaire. — i3. Pavillon des étrangers. —

14. Chapelle. — i5. Chancellerie. — itï. Appartements du chancelier. — 17. Pavilremarquer par un lon du jocteur. r8. Serre du jardin.— 19. Jeu de paume.— 20. Grand parc— magnifique jardin ^- Dépendance et écuries. — P. Grande porte d entrée. — M. Pavillon de la musique.

où chaque semaine une fanfare bien conduite accueille les nombreux invités. Sous la dépendance de ce personnage, se trouvent encore le collège chinois nommé T'oungouen-kouan, établi au Tsoimg-li Yamen, l'hôtel de la poste européenne et toutes les habitations des nombreux fonctionnaires attachés à ces grands établissements. — On voit enfin près des Légations une succursale de la banque de Hong-kong et Changhaè, puis de vastes magasins tenus par des Européens, et même un hôtel français où l'on peut trouver tout le confort d'Europe.

Les chapelles protestantes de Péking sont nombreuses, mais aucune ne mérite le nom de monument ; les ministres qui les desservent sont logés avec leur famille dans de vastes demeures. Ils connaissent bien la langue chinoise, souvent ne reculent pas devant l'habit et les coutumes du pays, disposent de sommes énormes et d'un

personnel considérable ; cependant ils font peu d'adeptes dans le nord de la Chine. A environ 3 kilomètres de la porte ouest de Péking, appelée P'ing-tse-men, les

Kuropéens se sont rendus locataires d'un immense terrain nommé Ouang-haè-leou, où

ils ont établi le champ de courses. On y a préparé de belles tribunes, une maison très confortable, entourée d'arbres fruitiers et de fleurs; l'endroit est fort agréable, et deux fois l'année ont lieu les courses, qui sont toujours très brillantes ; c'est une des distractions de la capitale. Les Légations ainsi que de nombreux particuliers y font courir des chevaux choisis en Mongolie, entraînés à l'avance et supérieurement montés par les amateurs. Des paris considérables sont souvent engagés sur tel ou tel cheval ; le gagnant ira peut-être remporter à Chang-haè de nouvelles victoires, pendant que le malheureux perdant, vendu presque pour rien, traînera péniblement une triste charrette de louage à Péking !

Pavillon de la Légation de Russie.

SI l'on considère l'immense étendue de pays qui forme l'empire chinois, et le nombre de ses habitants qu'on ne saurait évaluer à moins de quatre cents millions, il semble que l'armée chinoise devrait être fort nombreuse et très aguerrie. Il y a en effet beaucoup de soldats, mais on peut dire qu'il n'y a pas d'armée ; ce qu'on décore de ce nom, se compose d'éléments divers ; avant tout, les hommes des bannières, soldats tartares qui se distinguent par la couleur de leurs drapeaux et de leurs uniformes : i° la bannière jaune; 2° la bannière jaune bordée de rouge; 3° la bannière blanche ; 40 la bannière blanche bordée de rouge ; 5° la bannière rouge ; 6° la bannière rouge à bordure blanche ; 70 la bannière bleue ; 8° la bannière bleue à bordure rouge. Tous ces soldats des bannières restent habituellement dans leurs familles : cependant, on trouve aux alentours de Péking, par exemple en dehors de la porte P'ing-

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