L ARMEE CHINOISE
tse-men, des espèces de camps où chaque soldat possède une petite maison et une petite cour. Là, il vit avec sa femme et ses enfants aux frais de l'empereur. Tous ces tartares
reçoivent du souverain une paye variant entre 7 francs et 5o francs par mois, selon leur grade ; de plus, à diverses époques de Tannée, on leur distribue quelques sacs de riz provenant des magasins impériaux de Péking ou de T'oung-tcheou.
Leur armement consiste, comme il y a deux cents ans, dans l'arc, les flèches, les piques, sabres, fusils à mèche et espingoles. Pour la collation des grades, c'est encore le tir à l'arc sur lequel seul porte l'examen ; on se fait peu de scrupule, du reste, pour faire passer son examen par un autre, pour faire des substitutions de personnes, pour faire inscrire un jeune enfant, quelquefois même une jeune fille sur les rôles de l'armée, pour acheter un grade ou la dispense complète du service. Les tribunaux militaires et les chefs ferment les yeux, car ils y trouvent leur bénéfice. On comprendra que les trois ou quatre cent mille hommes qui composent cette grande r7 armée tartare ne soient pas très redoutables.
panier. Les exercices à feu se font
à jours réguliers en dehors de la porte Teu-cheng-men, où chaque soldat se rend séparément avec sa pipe, son éventail, son parapluie et son fusil entouré de toile bleue et bouché à l'extrémité par une houppe rouge ; il s'est contenté de passer par-dessus ses pauvres vêtements une casaque légère aux couleurs de sa bannière. L'artillerie se rend aussi au champ de ma- g8| nœuvres; elle n'est composée que de canons en fer, ou de pièces <**^ inférieures en bronze achetées à l'étranger et fort mal entre- La 4ueue de renardtenues. Chaque pièce avec son caisson est traînée par quatre chevaux mongols, dont le harnachement laisse beaucoup à désirer. Lorsque les chefs sont arrivés, toute cette
PEKfNG.
troupe prend son rang et fait des exercices où il est difficile de comprendre quelque chose ; marche, contre-marche, volte-face, simulacre de fuite, retour offensif, tout est mêlé d'après une ( règle qu'on ne
s explique pas, et jm l ïffês. f r^^jf^s^--— L -Stu/V
qui date de plusieurs siècles.
Les drapeaux, toujours en très grand nombre, s'agitent de tous côtés, on fait beaucoup de bruit, une énorme consommation de poudre, et tout semble confirmer cette parole du P. Hue : « Les chinois sont plutôt artificiers qu'artilleurs ! »
Outre cette armée toute dévouée à l'empereur, puisque selon l'expression chinoise «elle le mange», la Chine comprend encore de nombreuses Espmgohers.
troupes composées de chinois, mais dont les chefs sont toujours tartares ; celles-là
Espingoles montées sur pivot.
ont à peu près les mêmes armes, moins l'arc et les flèches, et leur dévouement au souverain est bien loin d'égaler celui des tartares.
Enfin, la Mongolie dont les immenses plaines nourrissent plus d'un million de