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LES MAISONS DE JEU

« Moi, un tel, j'offre tant pour tel numéro », puis remettent leur billet cacheté au maître de l'établissement ; trois jours après, on avertit l'adjudicataire, qui vient payer et retirer son objet ; la concurrence élève la valeur à son maximum. C'est fort avantageux pour le vendeur ; les marchands s'observent les uns les autres, et offrent souvent des prix exagérés pour que l'objet convoité ne leur échappe pas.

LES THEATRES. — Les plus beaux théâtres sont situés en dehors de la porte Tsien-men, dans la ville chinoise ; l'épithète de beaux est une façon de parler toute relative, car, en réalité, ce sont d'affreuses constructions mal bâties, mal tenues et malpropres. Il y en a de plusieurs sortes, et de longues affiches, collées aux murs de

Estrade d'un théâtre. Premières et secondes loges.

la ville, indiquent les spectacles du jour. Ordinairement on représente des scènes du temps passé, les hauts faits de héros chinois ; mais souvent aussi, ce sont des scènes égrillardes et malsaines. Pendant le spectacle, les assistants sont assis autour de tables garnies de gâteaux ; on leur sert du thé ou des rafraîchissements selon la saison ; la consommation est comprise dans le prix du billet : une table de quatre places coûte environ 1 5 francs. On se gêne peu pour causer, encore moins pour aller et venir ; l'acteur se démène pendant ce temps-là sur une estrade élevée, et crie son rôle à tuetête ; s'il chante, c'est toujours avec une voix de fausset fort désagréable, imitant la

voix de femme. Le spectacle est diurne en hiver comme en été, et les femmes ne devant point paraître sur la scène, leurs rôles sont tenus par de jeunes garçons. Les acteurs en vogue font courir toute la ville, et provoquent des explosions d'hilarité que l'on entend même de la rue ; il paraît qu'en réalité certaines comédies sont fort drôles; le chinois aime les bons mots, les double-sens, la gaudriole et par-dessus tout les histoires fortement épicées. En somme, ces théâtres ont peu de rapport avec ceux d'Europe, mais aucune pièce, aucun ballet, aucun décor artistique savamment composé ne vaudra pour le Chinois les oripeaux, les barbes fausses, les paillettes et les grimaces de ses acteurs.

MAISONS DE JEU. — Le jeu est absolument interdit, et on joue partout ! La

plupart des maisons de jeu sont installées dans la domesticité des princes ou des hauts

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Dés et cartes à jouer.

mandarins, pour éviter la police, qui ne peut fouiller ces palais. Un joueur arrive, il passe d'abord à la caisse et dépose là tout l'argent qu'il compte jouer ; on lui donne en échange des jetons avec lesquels il ponte. Une table carrée est disposée au milieu de la pièce ; elle est divisée par deux lignes se coupant en croix et figurant quatre cases avec des numéros ; de chaque côté de la table se tient un croupier ; on fait le jeu, puis un cinquième croupier placé dans une chambre voisine, apporte la boîte fermée dans laquelle se trouvent les dés ; on ouvre la boîte, les gagnants sont payés, les croupiers empochent la mise du perdant, puis on recommence. La fraude est habituelle et les joueurs perdent presque toujours, de là disputes et batailles se terminant par l'expulsion pure et simple du joueur, les croupiers ont toujours raison, et l'obligation de déposer l'argent d'avance assure le paiement de la banque, qui gagne des sommes énormes, sommes qu'elle partage avec ses protecteurs.

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