‹ PékingChapitre 170 sur 224 · L OPIUM. MAISONS DE TOLÉRANCE · texte numérisé non relu

L OPIUM. MAISONS DE TOLÉRANCE

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1 . Pife <fe femme. — 2. /V^e d'homme. — 3. Pipe courte. — 4. Pipe pour tabac huileux. — 5. Fourneau.— 6. Bec. — 7, 8. Pipe à eau. — 9. Pipe à opium. — 10, i3, 14, i5. Blagues en cuir. — 11. Briquet. — 12. Blague en satin brodé.

Outre ces grosses maisons de jeu, il y a d'innombrables tripots plus ou moins clandestins ; on joue dans les restaurants, dans les boutiques, dans les chantiers, dans les rues, sous une véranda, contre une borne ; on joue aux cartes, aux tarots, aux dés, aux bâtonnets. Tout sert d'enjeu : les pauvres en haillons jouent jusqu'à leur dernier vêtement, des fanatiques jouent leurs femmes et leurs enfants. Enfin on joue, paraît-il, jusqu'aux phalanges de ses doigts ! Un jeune homme, joueur effréné quoique chrétien, avait joué et perdu sa femme qui n'avait pas vingt ans! Et pour combien ? pour 18 francs ; le missionnaire paya la dette et rendit la jeune femme à sa mère. Quelques mois après, elle avait rejoint son mari, et on ne pourrait affirmer qu'il ne l'ait pas jouée et perdue de nouveau !

OPIUM. — Les maisons d'opium sont ouvertes partout à Péking ; le riche fume chez lui, le pauvre fume n'importe où, les autres fumeurs remplissent ces officines d'empoisonnement;

on y est servi par des fem- Fumeur d'opium.

mes qui préparent les pipes. C'est, comme le jeu, une passion dont on se guérit difficilement. Le mandarin fume de l'opium de bonne qualité, se nourrit bien, répare ses forces et vit quand même ; mais le peuple ne peut pas en faire autant ; l'opium le

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tue rapidement, et on rencontre de malheureux jeunes gens, jaunes, pâles, d'une maigreur effrayante, de vrais cadavres ambulants, qui meurent, saturés d'opium, sur la voie publique !

MAISONS DE TOLERANCE. — Les maisons de tolérance ne manquent pas à Péking, surtout en dehors de la porte Ts'ien-men, mais du moins on ne voit ni racolage, ni souteneurs, ni rien de choquant à l'extérieur. Comme la surveillance est nulle, les maladies sont terribles et nombreuses, et la pharmacopée chinoise vient en aide au dévergondage ; malgré les lois, les murs de Péking sont couverts d'affichés blanches où sont annoncées les médecines spéciales dans des termes d'une révoltante crudité. Cependant le Chinois se cache lorsqu'il veut faire le mal, et on ne verra pas de peintures ou de sculptures licencieuses exposées à la devanture des boutiques. Ce pauvre peuple païen a conservé un décorum extérieur que bien des nations pourraient lui envier !

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Èoutijue de pâtisseries.

LES BOUTIQUES. — Péking est à la Chine ce que Paris est à la Erance ; on peut s y procurer les produits de toutes les provinces. Il y a de superbes magasins extérieurement décorés avec un grand luxe de sculptures, de dorures et de vernis précieux, intérieurement remplis des plus riches marchandises. Ces magasins sont à prix fixe

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