‹ PékingChapitre 18 sur 224 · CAMPEMENT MONGOL · texte numérisé non relu

CAMPEMENT MONGOL

GRANDE MURAILLE i i>. 35).

ANCIEN TOMBEAL

PASSE DE NAN-KEOU i i». 36 j

I. Dynastie des ts in : ts in-che-hoang-ti. le lettré fou-cheng. le général moungt'ien. la grande muraille. — II. Dynastie des han : han-kao-tsou. tchang-k'ien.

SOU-OU. SSE-MA-Ts'lEN. PAN-TCHAO. — III. NgaÈ-TI. APOSTOLAT DE SAINT THOMAS.

^ /"' N homme vraiment extraordinaire fonda la dynastie des Ts'in (247 av. J.-C. ); il se nommait Ts'inche-hoang-ti. Le premier il osa prendre le nom de Hoang-ti qui signifie «roi des rois». En quelques années il fit la conquête de toute la Chine alors divisée en huit royaumes, qu'il réunit sous sa domination. Le roi de Yen, dans sa ville de Ki, notre Péking actuel, ne pouvait résister à un si terrible adversaire ; il fut obligé de s'enfuir et de se retirer dans le Léao-ioung. Sa petite capitale fut pillée et complètement détruite.

Ts'in-che-hoang embellit Tch'ang-ngan ( Singan-fon ) où se trouvait sa cour, fit construire des routes militaires et des forteresses dans tout l'empire. Avec une armée de plus de six cent mille hommes, il parvint à affermir sa puissance, surtout dans le nord, de telle sorte que les innombrables cavaliers tartares ne purent l'entamer. Il fut un des plus grands empereurs de la Chine, mais aussi

PKKING.

un des plus détestés ; sa mémoire est encore en exécration parmi les Chinois. Cet empereur était d'une cruauté inouie, et l'histoire rapporte qu'il fit tomber plus d'un million quatre cent mille tètes.

La 28° année de son règne, l'an 219, les lettrés se révoltèrent contre lui ; ils le considéraient, à bon droit, comme un tyran sanguinaire ; mais ce qui les exaspérait surtout, c'était de voir ce souverain mépriser les anciens usages, méconnaître le passé et ne faire dater la Chine que de son règne. Les remontrances qu'ils se permirent furent mal accueillies, et Ts'in-che-hoang

déclara aux lettrés une guerre d'extermination ; il en fit mettre à mort un très grand nombre, et, en l'an 21 3, il promulgua un édit par lequel il ordonnait de brûler tous les livres. Il avait alors pour premier ministre Lisse, qui fut un des principaux instruments dont il se servit pour essayer d'anéantir les lettrés ; cependant, c'est à ce ministre que l'on doit les caractères chinois encore en usage, et qui portent son nom. Le terrible édit ne fut point exécuté dans toute sa rigueur ; car, si les livres historiques parlant des anciens empereurs furent condamnés sans pitié, ceux qui traitaient de l'agriculture, de la littérature et des arts furent en partie épargnés. Les plus précieux ouvrages purent être conservés, grâce au dévouement de quelques courageux lettrés. L'histoire nous a transmis le nom du plus célèbre, Fou-cheng, qui cacha dans un des murs

Ts'in-che-hoang . ( Ûuin-siao-t'an. I

de sa propre maison les livres sacrés et les classiques. C'était risquer sa vie, car les ordres de l'empereur étaient formels. Sa maison fut détruite, son village réduit en cendres; mais à la mort du tyran, Fou-cheng revint et eut le bonheur de retrouver

DYN. DES Ts'lN. Ts'iN-CHE-HOANG. FOU-CHENG. (247 2IC)AV. J.-C.) )')

dans les décombres, les inappréciables écrits que son zèle avait sauvés de la ruine. Il mourut dans un âge très avancé, et sa mémoire est restée en vénération.

Les petites principautés du nord-est de la Chine, d'abord feudataires des Tcheou, s'étaient, vers la fin de cette dynastie, constituées en royaumes indépendants. Pour se protéger contre les incursions des Tartares, leurs rois avaient élevé des murailles d'une étendue assez considérable. Vers l'an 3o3, le roi de Ts'in en construisit une au nord de la province actuelle du Chen-si ; les rois de Tchao et de Yen (Péking) en bâtirent une autre au nord du Chan-si et du Pétche-ly ; mais toutes ces fortifications n'étaient que des murs ordinaires déjà fort endommagés après un siècle d'existence. Il était réservé à Ts'in-che-hoang de réparer, de reconstruire et de réunir toutes ces murailles. Ce travail est un des plus gigantesques qui ait été exécuté par l'homme, et laisse bien loin derrière lui les fameuses pyramides d'Egypte. C'est la 33e année de son règne, l'an 214, que Ts'inche-hoang donna l'ordre de construire cette Grande Muraille, telle qu'on la voit indiquée sur les cartes, géographiques et que les Chinois appellent « la muraille de 10.000 H, ouan-liich'ang-tch'eng. »

Le général Monng-t'ien, après avoir refoulé les Tartares dans le nord et soumis toute la Chine, à la tète d'une armée de 3oo.ooo hommes, fut chargé de diriger la construction de la Grande Le lettré Fou-cheng.

Muraille et de maintenir l'ordre parmi les travailleurs. Plusieurs millions d'hommes de toutes les provinces furent employés, et quatre cent mille, dit-on, périrent!

Ni l'empereur Ts'in-che-hoang, ni son successeur ne virent la fin des travaux qui durèrent dix ans. La muraille fut terminée l'an 2o5, au temps du rebelle Tch'ou-paouang ; mais toute la gloire de cette immense entreprise revient au grand monarque, fondateur de la dynastie.

D'après les livres chinois, « la hauteur de cette grande muraille était de vingt-cinq à

trente pieds, son épaisseur de vingt pieds, et six cavaliers pouvaient y marcher de front. Les tours, de quarante pieds d'élévation, n'étaient éloignées l'une de l'autre que d'un jet d'arc, c'est-à-dire d'environ cent pieds. Les matériaux employés, la pierre de taille et la brique, étaient si bien joints entre eux qu'on n'aurait pu enfoncer un clou dans les interstices. Des portes de fer, surmontées de fortins , fermaient les principaux passages; l'extrémité orientale entrait assez avant dans la mer, où l'on avait coulé d'énormes vaisseaux pour servir de pilotis. »

On peut suivre, presque sans la perdre de vue, la Grande Muraille depuis Tchang-kia-k'eou (Kalgan), au nord-ouest de Péking, jusqu'à Chan-haè-kouan, point extrême de l'est.

A dix lieues de Péking, vers le nord, on rencontre la ville ou plutôt la passe de Nan-k'eou ; les fortins de la première enceinte commencent en cet endroit. La véritable muraille est à Kalgan, et celle de Nan-k'eou ne fut construite que pour renforcer le passage.

A environ sept kilomètres de Nan-k'eou, au village de Kiu-young-kouan, se trouve une superbe porte ; c'est un des plus beaux monuments en ce genre. Cette porte, qui remonte à la plus haute antiquité, est hexagonale et toute en marbre blanc merveilleusement sculpté ; elle est ornée de statues en demi-bosse, finement ouvragées, et d'inscriptions en plusieurs langues ; il en est souvent question dans l'histoire de la Chine. Presque toutes les invasions se sont faites par cette ouverture, et le grand Gengiskan lui-même l'a traversée; la

Moung-t'ien. ( Ôuan-siao-t'an. )

DYN. DES TSIN

MOUNG-T IEN

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