‹ PékingChapitre 172 sur 224 · LES CAFÉS. LES MAISONS DE BAINS · texte numérisé non relu

LES CAFÉS. LES MAISONS DE BAINS

Enseigne

d'une maison

de bains.

fr

bien vivre et à bon marché ; beaucoup de familles ne dépensent que 20 ou 25 centimes par jour et par personne.

Dans presque chaque rue on voit aussi des boutiques de pâtisseries et de confiseries ; on y prépare une espèce de gâteau de Savoie, l'oublie, le biscuit, les fruits confits et plusieurs bonbons ou sucreries ; enfin on rencontre d'innombrables recoins où sont servis des petits pains frits à l'huile et du thé ; c'est là qu'on vient se reposer, fumer une pipe, causer affaires. Les gens riches ont de belles salles destinées au même usage ; on s'y rend pour se parler, s'entendre, comploter, se réconcilier, entreprendre un mariage, enfin sous tous les prétextes. Dans ces cafés, que nous devrions appeler thés, on ne fait pas de politique ; chacun s'occupe de ses petites ou grandes affaires, sans se préoccuper ni de celles du voisin, ni de celles du gouvernement. Avec ce principe, on comprend que les clubs et les orateurs soient inutiles.

Les maisons de bains ne sont pas rares dans Péking, mais elles y sont tout autres qu'au Japon. Ici, aucune promiscuité ; les hommes seuls vont dans ces établissements, qui sont assez bien tenus et font de bonnes affaires. Pour quelques sapèques, on a le droit de se plonger dans la piscine commune, où l'eau est toujours bouillante et qui est environnée d'une buée presque opaque produite par la vapeur. Pour un prix modique on peut avoir son baquet particulier; enfin, les mandarins et les riches qui peuvent payer plus cher, ont des cabinets spéciaux bien aménagés. Les bains se prennent toujours de très bon matin, ou très tard dans la soirée ; pour avertir que l'eau est à point, on hisse une lanterne au haut d'un mât et on sonne une cloche.

ES ENFANTS TROUVÉS.— Que n'at-on pas dit et écrit en Europe sur l'œuvre de la Sainte-Enfance en Chine ! Bien des gens pensent encore que, parler des enfants mangés par les chiens, est une pieuse exagération. Tel ne sera pas certainement l'avis des personnes qui, demeurant à Péking depuis un certain temps, connaissent ce qui se passe dans cette grande ville.

Les nombreux décrets impériaux, rédigés contre l'infanticide et l'abandon des enfants, sont une preuve que le mal existe. Les nombreux établissements entretenus par le gouvernement pour loger les enfants trouvés, en sont une seconde preuve. Enfin, pour en avoir une troisième, on n'a qu'à visiter les orphelinats que l'œuvre admirable de la Sainte-Enfance entretient dans Péking.

La coutume ne permet pas d'enterrer les enfants au cimetière de la famille : la plupart du temps, lorsqu'un de ces petits êtres vient à mourir, les riches le font ensevelir près des murs de leur sépulture, les pauvres l'enveloppent dans une natte et le déposent contre les murailles de la ville, ou sur les terrains vagues qui les avoisinent ; on en rencontre sur les routes, dans les fossés, sous les ponts, enfin un peu partout. Un européen traversant la ville de bon matin, aperçut près du Mée-chan des chiens qui se disputaient les lambeaux de chair d'une petite fille de trois ou quatre ans, déjà à moitié mangée lorsqu'il arriva. Un autre jour, il vit des milans et des corbeaux dépecer sur un talus un garçonnet de quatre ou cinq ans. Ces exemples ne sont pas rares, et on aurait souvent sous les yeux ce triste spectacle, si un tombereau

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