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FUNÉRAILLES. LA SÉPULTURE

ÉTIRÉ au fond de son palais, invisible pour tous, l'empereur n'en est pas moins nommé le père de ses sujets; les mandarins, qu'ils soient justes ou oppresseurs, sont appelés fou-mou kouan, pères et mères du peuple. Dans la famille chinoise, le père est maître absolu ; ses fils, même avancés en âge, lui doivent le respect, l'obéissance et la vénération. Tout le gouvernement de la Chine repose, depuis des milliers d'années, sur ce principe de l'autorité paternelle. Le parricide est un crime presque inconnu, et la ville où il aurait été commis, devrait avoir un angle de ses murs rasé, puis reconstruit à pans coupés, pour perpétuer la mémoire d'un tel forfait.

Le père est possesseur de tous les biens ; à sa mort, le fils aîné continue à gouverner la famille ; si, par suite de divisions entre frères, on est obligé à un partage, cela est regardé comme peu honorable, et il est rare que la famille continue à prospérer. Lorsque le père atteint sa soixantième année, et à

Grand dîner offert au vice-roi Li-koung-tchang à l'occasion de sa 70<" année.

plus forte raison sa soixante-dixième, il est fêté et honoré d'une manière toute spéciale; tout dernièrement on a vu des fêtes splendides données en l'honneur du vice-roi Lihoung-tchang, qui venait d'atteindre ses soixante-dix ans. La valeur des cadeaux offerts montaient à plusieurs millions ; l'empereur lui-même envoya une inscription écrite de u$'riC4fs0r ^. \ son 'mP^'"ial pinceau rouge, et l'impératrice douairière,

une peinture faite par elle-même. Le père ainsi honoré de son vivant, l'est encore plus peut-être après sa mort, et bien des familles se ruinent pour manifester leur piété filiale par des funérailles d'un luxe exagéré.

La femme légitime reste toujours maîtresse dans la maison, même si la richesse du mari lui a permis d'y faire entrer des femmes du second rang. L'obéissance qu'elle doit au chef de la famille est du reste absolue et sans contrôle. Les femmes des mandarins et des riches ne font à peu près rien ; elles s'occupent de leur toilette, de leur chevelure dont l'arrangement est toujours très compliqué, fument la pipe, boivent le thé et font ou reçoivent des visites. La coutume de lier les pieds n'existe que pour les femmes chinoises. Chez le simple peuple, la femme n'est qu'une servante condamnée aux plus durs travaux, surtout dans les ménages peu fortunés ; elle ne doit point se mettre à table avec son mari ni même avec ses fils, mais les servir; la cuisine, les vêtements, le lessivage, la propreté de la maison, sans compter le soin

Dessin fait par l impératrice-mere ° ' r r

pour te vice-roi Li-houng-tckang. des enfants, tel est son lot ; il n'est pas bien rare dans la campagne de rencontrer de ces pauvres femmes tournant la meule pour moudre des grains, et même attelées à la charrue avec un bœuf ou un âne. Enfin, la femme doit

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