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LE MARIAGE

obéissance à sa belle-mère, qui ne se gêne pas pour la malmener ; la critique des belles-mères n'est point spéciale à l'Europe.

Lorsqu'un enfant vient au monde, la sage-femme seule assiste à sa naissance, et si c'est un garçon on fait, un mois après, une fête de famille où parents et amis apportent leurs félicitations et leurs offrandes ; l'enfant est ensuite presque abandonné à luimême, sans aucuns langes, il prend ses ébats sur le k'ang qui sert de lit commun, et sa mère s'en occupe peu sauf pour lui donner sa nourriture. L'affection maternelle est tout autre qu'en Europe, et il est bien rare de voir une mère embrasser son fils. A peine peut-il marcher, qu'on le laisse faire ce qu'il veut ; sans habits, tète nue au grand soleil, on voit constamment des quantités d'enfants de trois ou quatre ans à peine, barboter dans les rues et les flaques d'eau de la capitale. Dès l 'âge de six ou sept ans, l'enfant est envoyé à l'école, qui est ouverte ordinairement dans une pagode ; il y chante pendant quelques années les livres classiques sans y comprendre un seul mot. Le maître les lui expliquera plus tard, s'il veut continuer

ses études; dans le cas contraire, on le place en apprentissage, où il reste trois ans sans rien gagner que sa nourriture ; presque toujours il y perd plus que Son Femme chinoise.

temps, et y apprend bien d'autres choses qu'un

métier. Les jeunes filles ne sortent point de la

famille et restent avec leur mère jusqu'à leur

mariage ; les parents songent à marier leurs fils

vers l'âge de quinze à dix-huit ans. On a dit que

Enfants jouant au cerf-volant. les jeunes gens n'étaient point consultés et ne

voyaient jamais leurs fiancées ; ceci est exagéré. Ils savent fort bien ce qui se prépare

et trouvent facilement le moyen d'apercevoir celle qui leur est destinée. Sans doute,

il n'y a pas en Chine les aimables préliminaires des mariages d'Europe, ce n'est point la coutume ; mais il ne faudrait pas croire qu'on se marie toujours ici les yeux fermés.

Les cérémonies du mariage varient selon que les époux sont riches ou pauvres, tartares ou chinois ; la chaise à porteurs y joue un grand rôle. Le mobilier s'envoie d'avance : couvertures piquées et brodées, vases d'ornementations, pendule, table carrée, table à thé. table de canapé, buire, objets de toilette, armoires doubles, etc., etc. Tous ces objets sont portés en procession sur des tablettes dorées, laquées, ou recouvertes de drap rouge ; mais les porteurs ne sont que des mendiants habillés pour la circonstance. Quelques membres de la famille accompagnent tous ces cadeaux jusqu'à la maison de l'époux. Au jour fixé, la fiancée monte dans un superbe palanquin pour se rendre auprès de son mari ; fort probablement c'est la seule fois de sa vie qu'elle aura un tel honneur. Les personnes qui se sont entremises pour le mariage, en dirigent aussi le rite, savoir : les prostrations des époux devant l'idole, ou devant la croix s'ils sont chrétiens, les prostrations tome tart*n de Péking. devant les parents, le

repas que les hommes et les femmes prennent séparé- Écolier.

ment, enfin toutes les cérémonies d'usage. Des matrones épilent le front de la mariée

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