‹ PékingChapitre 178 sur 224 · LES OUVRIERS · texte numérisé non relu

LES OUVRIERS

le bonheur, une pagode, une tour, enfin quatre ou cinq tableaux fort jolis, le feux de couleurs bien combinées ; le prix de ces boîtes qui demandent une préparation, varie de 5 francs à 100 francs; pour cette dernière somme, on a quelque chose de très beau. Pendant toutes les fêtes du Ier de l'an, on ne fait que se promener, manger et tapager ; selon les diverses industries, les réjouissances durent plus ou moins longtemps ; les hôtels ouvrent le troisième jour, les boutiques de comestibles le sixième, et les autres le seizième ou même le vingtième seulement. C'est le temps des vacances. LES PÈLERINAGES. — Vers le cinquième mois de l'année, commencent les pèlerinages qui ne sont qu'un prétexte pour se promener et s'amuser ; les jours sont choisis et annoncés d'avance par les nombreuses pagodes environnant Péking dans un rayon de 3o kilomètres. Les jeunes gens désœuvrés, les marchands, les filous s'y donnent rendez-vous. On en revient le lendemain ou le surlendemain, rapportant un bâton fourchu, un petit panier, quelques branches de pin, un petit chapeau de paille, enfin un souvenir quelconque. Ces promenades sont peu intéressantes et peu sûres ; un jour, des Européens qui se trouvaient dans une pagode à pèlerinages, bien que prudemment retirés dans leur chambre, y ont été lapidés, et ne se sont sauvés qu'à grand'peine, poursuivis par une meute furieuse de vauriens de toute espèce. Le mois des pèlerinages est dangereux ; passé ce temps, les pagodes sont hospitalières, et on peut y séjourner agréablement pendant les chaleurs de l'été.

tout en longue

Êoîte d'artifice.

ES OUVRIERS. — En Chine, les ouvriers se groupent en associations, sous un chef auxquel ils obéissent. Un jeune homme, après ses trois ans d'apprentissage,

passe ouvrier payé, mais il faut qu'il ait fait son stage dans l'association, sans quoi il ne peut trouver d'ouvrage. L'ouvrier maçon, le menuisier, le tailleur de pierres, le sculpteur sur bois, gagnent par jour de i fr. 75 à 2 francs, selon leur habileté. Le simple journalier ou manœuvre ne gagne que 70 centimes ; les uns et les autres versent de 40 à 5o centimes au chef de l'atelier pour leur nourriture, le reste constitue leur bénéfice. Si l'on retranche le temps des repas, du thé, de la pipe, de la sieste, un ouvrier ne travaille que huit heures. On trouve des artisans habiles, et quand on connaît bien la langue, on s'arrange facilement avec eux ; ceux qui travaillent le fer sont seuls très inférieurs aux ouvriers d'Europe, les autres les égalent quelquefois. L'ouvrier mange du riz, du millet, des galettes de farine et bien rarement de la viande ; comme tout chinois, il est joueur et perd souvent la nuit ce qu'il gagne pendant le jour ; cependant on en trouve de rangés, de sobres, d'économes, qui avec leurs bénéfices font vivre toute une famille. Les grèves ne sont point inconnues en Chine. et plus d'une fois des bandes de menuisiers ont suspendu leur travail en exigeant de plus forts salaires et en empêchant par la force toute autre bande de travailler ; ordinairement, la grève n'est pas sérieuse et ne dure pas longtemps ; comme en toute dispute, il se trouve des entremetteurs qui arrangent l'affaire.

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