LES MENDIANTS
AM
Mendiants
ou non de leur pointe le bonze enfermé. Quand il n'y a plus de clous, alors seulement le reclus peut sortir.
Les mendiants pullulent à Péking ; ils y ont même un grand chef, un roi, une organisation complète ; chaque bande a son quartier d'où elle ne sort pas. Ils importunent tout le monde, se placent devant les boutiques et font un tapage infernal jusqu'à ce qu'on leur ait donné une aumône forcée. Si on les rudoie, ils crient, font une émeute, se pendent même quelquefois à la porte d'une boutique qui est ruinée dans un procès où eux n'ont rien à perdre ; c'est une plaie et une puissance. A part quelques exceptions. ce sont tous d'affreux vauriens. Le soir, ils couchent n'importe où, et volent ce qu'ils peuvent; s'ils meurent, la police les ramasse et les enterre dans un trou. Callot aurait trouvé des scènes dignes de son crayon, dans la capitale du Céleste-Empire !
ES LETTRÉS. — C'est à Péking que se trouve la célèbre académie des H an-lin dont les membres jouissent de la plus haute considération, et arrivent souvent aux charges les plus importantes de l'empire ; la dernière impératrice choisie par l'empereur était fille du président de cette institution. C'est également à Péking que se passent les grands examens, qui amènent à la capitale jusqu'à 10.000 bacheliers ambitionnant le titre de docteur ; ils arrivent de toutes les provinces, au temps indiqué par l'empereur. Les lettrés appartenant à la province du Pé-tche-ly sont peu nombreux, presque tous sont originaires des provinces méridionales.
Pour être reçu bachelier, il faut avoir terminé des études dont voici à peu près le programme : Dès l'enfance, et seuun lettré. lement pour retenir les carac-
tères, on apprend le Pè-kia-sing, le San-tse-king et le Ts'ien-tse-ouen, puis le maître fait réciter mot à mot les livres suivants: i° le Ta-sio (grande étude), qui traite de la conduite des familles, du royaume, etc.; 2° le Tchoung-young (juste milieu), qui traite des vertus nécessaires pour bien gouverner; 3° le Loun-iu, qui renferme les interrogations et les réponses faites entre Confucius et ses disciples ; 40 Moung-tse,