LA MUSIQUE. LA MÉDECINE
1. Louo. — 2. Pouo. — 3. Nao. — 4. In-louo. — 5. Cheou-louo. — 6. Sing. — 7. T'ang. — 8. Ta-kou. — 9. Pan. — 10. Pen-kou. — 11. Pa-kiao-kou. — 12. Souo-na. — i3. Haè-ti.— 14- Tch'a. — i5. Hao-t'oung.
siècle ou deux ; ces dessins, auxquels les Européens donnent le .nom de Kakimono, sont souvent d'une rare élégance dénotant un vrai talent artistique dans leur auteur.
LA MUSIQUE. — On a écrit des traités entiers sur la musique chinoise; on a décrit les nombreux instruments : le Ts'in, le tambourin, les flûtes, les guitares, les violons, etc. ; le meilleur ne vaut rien ! Pas de rythme, pas de thème, pas de phrases, pas d'harmonie, pas de modulations ; tous les instruments partent ensemble à l'unisson, se contentant d'octavier les uns sur les autres ; presque toujours les instruments, peu d'accord, sont couverts par d'horribles cymbales et par une espèce de castagnettes qui battent à contre-temps. Ce vacarme est assez drôle en son genre ; quant aux Chinois, le meilleur orphéon, la meilleure fanfare, les orgues les plus parfaits ne peuvent entrer en comparaison avec leur assourdissant concert. Aucun instrument ne vaut leur divin ts'in, et le vieux lettré aux ongles longs, qui gratte le boyau d'une espèce de guitare recouverte en peau de serpent, est l'artiste sans rival.
LA MÉDECINE. — En Chine, la médecine est empirique. Ne demandez pas aux
médecins de vous décrire le corps humain, l'anatomie leur est inconnue, mais ils ont des livres qui leur disent : dans telle maladie on donne tel remède, voilà tout. Est médecin qui veut ; c'est aux malades à contrôler la science de celui qu'ils appellent. La première opération est de tàter le pouls ; le Chinois reconnaît trois pouls distincts à chaque poignet ; il les consulte ensemble et séparément, puis écrit son ordonnance, qui est toujours fort longue ; dix ou douze espèces de panacées y
sont indiquées, avec le motif qui les fait employer.
On se rend à la pharmacie, qui vous livre le remède ; on fait bouillir le tout à petit feu et on avale
la décoction ;__
le lendemain,
on fait bouillir
de nouveau et Médecin tâtant le pouls.
on prend la seconde tasse. Si ce sont des pilules, et il y en a de grosses comme une noix, on les avale telles quelles. Il entre dans la pharmacopée chinoise les choses les plus hétéroclites : rotules de tigre, os de poisson, sang des cornes naissantes du cerf, fossiles, insectes, etc. ; elle est surtout composée de plantes médicinales, et aucun remède minéral n'est employé. Du reste, le médecin n'est pas responsable ; a-t-il de la renommée, il est payé quelquefois 5 francs par visite, mais ordinairement l'honoraire ne dépasse pas un ou deux francs.
On ne peut passer sous silence le fameux Jen-chen, plante médicinale ayant la forme d'un salsifis et si estimée en Chine. Elle se récolte en Mantchourie et en Corée dans les endroits les plus sauvages ; elle est tellement rare, qu'elle se vend plus qu'au
LA CHIRURGIE. L ACUPONCTURE.
poids de l'or ; mais on en cultive une espèce plus commune, beaucoup moins efficace et d'un prix modique. Cette médecine très échauffante peut avoir de bons effets sur le Chinois peu sanguin, mais ne serait peut-être pas sans danger pour le tempérament européen.
La chirurgie est absolument mise de côté ; on ne coupe jamais un membre même gangrené, on le guérit si on peut. Presque partout il y a des rebouteurs ou des médecins possesseurs de secrets mirifiques ; pour les membres cassés, écrasés même, il y a des guérisons vraiment extraordinaires, par exemple, remettre et guérir deux jambes broyées au-dessus des genoux. Quant à l'acuponcture, on ne saurait en nier l'efficacité. Un témoin oculaire rapporte le fait suivant : « Un jour, un missionnaire tombe presque mort sur une route, il avait le choléra ; je me rends près de lui et le trouve froid, exsangue, sans connaissance. Deux chinois lui enfonçaient dans les bras et dans les jambes des aiguilles en fer à très grosse tête de laiton tressé, le sang ne sortait pas. Enfin, sous les genoux on lui introduit une aiguille de plus d'un pouce de long, une gouttelette de sang noir apparut ; l'un des médecins dit alors : « Il est sauvé ! » là-dessus, ils fumèrent une pipe et burent le thé. Le malade ne bougeait toujours pas, je leur dis : « Mais continuez donc, vous voyez bien «qu'il est mort ou à peu près ! — Soyez tranquille, répondirent-ils, le sang est sorti, « nous avons le temps. » Impossible de les amener à continuer l'opération ; je brûlais d'impatience ! Enfin, après leur troisième ou quatrième pipe, ils recommencent et font
Dessin représentant le corps humain avec les endroits où l'on peut piquer.
Aiguilles à acuponcture.
de nouvelles piqûres ; au bout d'un quart d'heure, le malade se dresse sur son séant, comme un cadavre vivant, me regarde et dit: «Où suis-je ? Ah! c'est vous, je... « fumerais bien une pipe ! » Lui aussi ! Bref, j'ai voulu le rapporter sur une civière à la
capitale éloignée de 12 kilomètres ; alors mes chinois de dire :
« Oh ! vous voulez l'emmener !
« c'est bien, mais il faut prendre « quelques précautions » ; sans rien ajouter, ils lui enfoncèrent quatre aiguilles de huit centimètres de long ( je les ai mesurées) autour du nombril, et je le ramenai à Péking. Pendant toute la nuit il dormit paisiblement, et le lendemain il était complètement guéri. »
On vend dans Péking des dessins représentant le corps humain recouvert de petits ronds qui indiquent les endroits où l'on peut enfoncer les aiguilles, suivant la maladie. De plus, pour les élèves qui veulent devenir maîtres en acuponcture, on a fabriqué un homme en bois ou en cuivre, ayant autant de petits trous qu'il y a d'endroits où l'aiguille peut entrer sans danger. On recouvre d'un papier très mince ce mannequin, et l'élève doit, à la demande du maître, sans aucune hésitation, enfoncer les aiguilles selon
Ur. herboriste des premiers temps.
le cas ; alors seulement il est réputé acuponcteur de premier ordre.
UNE des maladies le plus à craindre dans le nord de la Chine est la fièvre typhoïde ; les missionnaires et les sœurs de Charité qui vivent au milieu des Chinois, n'y échappent que très rarement ; les autres européens l'évitent presque toujours. Quant aux indigènes, elle fait parmi eux d'affreux ravages ; ou bien la tête se prend et on est emporté après quelques jours de cruelles souffrances, ou bien les