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MAISONS, PAILLOTES

anciennes contribuent également à l'ornementation des habitations riches ; ordinairement de soie rouge ou prune, elles sont admirablement brodées en haut en bas et sur les côtés ; le milieu contient presque toujours une dédicace en caractères chinois ; ces tentures sont, en effet, des présents d'amis, de parents, offerts à l'occasion de certaines

Intérieur d'un salon chinois.

fêtes. Outre ces grandes pièces, on voit encore des portières fort belles, dont les fines broderies représentent des fleurs, des paysages, des pagodes et quelquefois des centaines d'enfants gracieusement disposés. Les murailles qui ne sont point couvertes de broderies, sont ornées de panneaux peints sur soie représentant l'image des trois félicités, du phénix ou d'autres gracieux sujets. Dans les appartements voisins, on place d'immenses armoires à double étage servant de vestiaire ; les portes en sont sculptées en ronde bosse et représentent, pour la plupart, le grand dragon impérial sortant des nuages ou des flots.

Mais tous les habitants de Péking sont loin d'avoir de telles demeures et de pareilles richesses ; leurs maisons, couvertes en tuiles grises communes, sont très ordinaires ; les murs en briques entières ou brisées, reliées par un mortier peu solide, sont rapidement désagrégés par les pluies de l'été, et l'intérieur n'est que blanchi à la chaux sans ornement; pas de fenêtres sur la rue, pas d'ouvertures donnant chez le voisin. Cependant, chaque famille veut avoir son petit logis, sa petite cour, son arbre, sa porte.

Le peuple vit pauvrement dans ces cabanes, qui sont presque des palais si on les compare aux gourbis des cultivateurs ; ces huttes, pour la plupart, sont en pisé avec couvertures de paille et de terre ; c'est laid, triste, pauvre, sale, souvent peu digne

d'une créature humaine, et les malheureux vivent dans ces tanières tous ensemble sur un même fourneau, avec leurs grains, leurs volailles, leur chien et parfois leur baudet. Il n'y a souvent ni siège ni table. Enfin, comme habitation, on voit pire encore ; les mendiants logent sous une simple tente de nattes, sous une véranda de pagode ou de palais, dans une salle commune infecte, ou même dans la rue ; si vous parcourez Péking la nuit, vous verrez peut-être un paquet de loques ou un vieux paillasson dans un coin, approchez-vous, toute une famille y dort pêle-mêle. Aussi

Présentation aux parents d'une inscription honorifique (pien ).

pendant l'hiver, les pauvres morts de froid sont-ils nombreux ; on les ramasse chaque matin, on les porte hors de la ville et tout est dit. Tout cela date de plusieurs siècles, tout cela continue, sans que naisse même l'idée d'une amélioration quelconque. Les Chinois sont, du reste, fort peu admirateurs des maisons Européennes, et le rez-dechaussée, seul en usage à Péking, ne sera pas de longtemps surmonté d'un étage. Cette manière de se loger explique qu'une immense ville comme la capitale de la Chine compte à peine 5oo.ooo habitants.

Paillote de mendiant.

I. Voyages, moyens de transport : barques, voitures, chaises a porteurs, palanquins a mules. — II. Cheval, mulet, ane. chameau, traîneaux, bêtes de somme, attelages, brouettes, etc. chemin de fer.— III. Routes, tourelles kilométriques, auberges.

3 OYAGER dans le nord de la Chine n'est point chose facile, il faut avant tout une bonne provision de patience ; on va toujours lentement et on ne sait jamais quand on arrivera, quelquefois même si on arrivera.

BARQUES. — La plaine de Péking est sillonnée de rivières et de canaux, dont plusieurs sont navigables ; on peut aller en barque de Ta-kou à Péking et dans le sud de la province. Cette barque de voyageurs est couverte, mais peu confortable. A l'avant, un premier plan de 8 pieds sur 6, où l'on se tient debout ; puis un second semblable où l'on se couche

sur des planches élevées de 5o centimètres, sous lesquelles se place le bagage. A l'arrière se trouve un petit réduit pour la cuisine des mariniers ; quant au voyageur, il s'arrange comme il peut. Trois ou quatre hommes manœuvrent à la gaffe, à la rame, à la godille, ou bien tirent à la cordelle. Souvent il y a échouage, bien que la barque

Barque tirée à la cordelle.

cale à peine 60 centimètres, alors tout le monde se met à l'eau, la soulève, la traîne sur la vase et Ton repart. Vente-t-il trop fort, on jette l'ancre ; pleut-il, on se colle à la rive et on dort. Enfin, si tout va bien, on ne met que trois jours pour faire les quatre étapes de 45 kilomètres chacune, qui séparent Tien-tsin de T'oung-tcheou par la rivière ; là, on peut encore prendre une barque qui conduit en six heures, à travers cinq écluses, jusqu'aux portes de Péking. On voit sur le fleuve Pè-ho de belles barques du sud, aménagées avec un certain luxe ; elles sont réservées aux mandarins, et les voyageurs ne peuvent en profiter.

On va en barque de Tien-tsin à Pao-ting-fou de la même manière, en traversant un lac considérable et très poissonneux, couvert au printemps et à l'automne de canards sauvages et autres oiseaux d'eau. C'est sur ce lac qu'on pêche au moyen des cormorans apprivoisés et dressés pour cet usage ; ces pauvres oiseaux, tout mouillés, se tiennent sur les

rebords de la bar- Bateau de la douane sur la Pè-ho.

que, plongent toutes les cinq minutes et rapportent un poisson petit ou gros dans

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BARQUE DE VOYAGEUR SUR LE PÉ-HO 1 p. 463

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