BARQUES. VOITURES. CHAISES A PORTEURS
leur bec ; le pêcheur s'en empare, en leur donnant quelques grains comme récompense. Outre ces barques de voyageurs, il y en a une multitude d'autres pour les grains et les marchandises ; le commerce européen en emploie aussi beaucoup, si bien que la navigation est souvent arrêtée par leur trop grand nombre. Dans les temps d'inondation, on coupe à travers champs et on arrive à Péking bien plus vite. Pendant la sécheresse ou au temps des pluies, il n'est pas rare que l'on reste huit jours en rivière. En un mot, les voyages en barque sont
longs, ennuyeux, COÙteUX Voiture de mandarin .
et peu confortables, mais nullement fatigants.
VOITURES. — La voiture chinoise est une espèce de guérite à jour, placée sur un essieu en bois monté sur deux roues massives et très fortes. Il y a plusieurs espèces de voitures : voitures de princes, de mandarins, de particuliers, de ville et de louage. La voiture des princes ou des princesses est recouverte en drap vert, les essieux et les brancards peints en rouge, les roues fines tout à fait en arrière, les harnais sont entourés d'étoffe jaune, et les conducteurs vont toujours à pied. La voiture des mandarins ou des particuliers riches, est propre, couverte de drap bleu ou noir, garnie de coussins tout en soie, et le cocher monte rarement sur le brancard, par respect pour le voyageur. Les voitutures de louage à Péking, sont en général peu propres ; cependant en y mettant le prix, on a une voiture très convenable ; la mule, le
Cheval OU 1 ane trai- Voiture de voyage à deux mules.
nent ces voitures. On rencontre souvent des mules superbes et d'un très haut prix ; une particularité assez curieuse est que les eunuques seuls se servent de voitures
traînées par des chevaux blancs et qu'ils vont toujours aussi vite que possible. Pour les voyages, la voiture est grande, sale, mais à l'épreuve des cahots ; deux mulets attelés en flèche font 5o kilomètres par jour ; ces bêtes-là sont infatigables, comme leur conducteur, et pourvu qu'on les nourrisse bien, elles peuvent marcher nuit et jour sans jamais s'arrêter. Pour être passablement installé dans ces véhicules, on y place un matelas, des oreillers, enfin tout ce qui peut amortir les épouvantables secousses provenant des routes toujours défoncées. Quelques Européens ont disposé un caisson pour mettre les jambes, et un bon coussin à ressorts dans la voiture ; avec ces perfectionnements, on est presque bien, seulement jamais un chinois ne voudrait s'en servir ; le progrès n'est pas apprécié dans ces contrées.
CHAISE A PORTEURS. — Dans les villes du sud, on trouve partout des chaises à
Chaise à porteurs, avec les porteurs de rechange.
deux porteurs, légères et peu coûteuses ; à Péking il n'y en a pas, les princes et les grands mandarins seuls sortent en chaise à quatre porteurs, accompagnés de quatre autres de rechange montés dans une voiture ; les chaises sont vertes ou bleues selon le grade. Les ministres, leur premier secrétaire et l'évêque ont droit à la chaise verte, mais le plus souvent ils se contentent, comme du reste bon nombre de mandarins, d'une voiture ou d'un cheval. On loue une chaise et des porteurs de profession quand on n'a pas les siens, mais à des prix très élevés. Pour les longs voyages, presque personne n'emploie la chaise, à moins d'être vice-roi ou gouverneur. Enfin, dans les montagnes on se procure des chaises plus petites, que de vigoureux paysans emportent rapidement et à bas prix. Bref, dans le nord de la Chine, la chaise n'est pas, pour ainsi dire, un moyen de transport, il y en a heureusement d'autres plus pratiques.
PALANQUIN A MULES. — On peut louer à Péking et même à Tien-tsin des palanquins de montagne à deux mulets, conduits ordinairement par des chinois mahométans. Ces palanquins sont commodes, deux personnes à la rigueur y trouvent place,