ATTELAGES
souvent plus lourds que lui ; il est docile, rapide, et si l'on a soin de descendre de temps
en temps pour le laisser reposer, il fait 40 kilomètres par jour.
Le chameau n'est employé comme monture que par les Mongols ; un Chinois, encore
moins un Européen ne pourrait supporter son -,, ,
allure saccadée et fatigante. Cependant les
missionnaires de Mongolie sont obligés de
l'employer, et voyagent plusieurs mois à dos
de chameau.
TRAINEAUX.— Pendant les quatre
mois de l'hiver, on voit à Tien-tsin sur le Pè-
ho des traîneaux rudimentaires extra-rapides.
Ils sont composés de quelques planches avec
deux patins ferrés ; le conducteur, debout à
l'arrière, lance la machine au moyen d'une
gaffe qu'il passe entre ses jambes. A Péking,
les traîneaux sont plus élevés, moins corn- Traîneau.
modes et on se contente de les tirer à la cordelle. Couvert de bonnes fourrures, on
peut se servir de ce véhicule qui ne coûte pas cher et va très vite ; mais dans la
capitale, où il n'y a pas de fleuve, le traîneau ne sert que sur les fossés, pour aller
d'une porte à l'autre.
BÉTES DE SOMME. ATTELAGES. BROUETTES, etc. — Les bêtes de
somme sont nombreuses, car étant donné l'état des chemins, les voitures ne peuvent pas toujours être employées en plaine ; en montagne, elles ne sont d'aucun usage. Les chameaux de Mongolie arrivent par troupes dès le mois de septembre, et jusqu'au mois de mai ils transportent le charbon, la chaux, les pierres, les tuiles vernissées, les grains, et mille autres choses. On les charge de 3oo kilos pour le moins; ils repartent ensuite pour la terre des herbes, où ils se refont un peu pendant trois mois. Un chameau qui passe Passage d'une rivière. p^té à Péking est une bête sacrifiée, son poil
tombe par grandes plaques, il reste dénudé sous la pluie et meurt de misère.
Le mulet ne craint rien, toute l'année il travaille sans se reposer jamais ; sa charge
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Chameaux chargés de charbon.
ordinaire est de 120 kilos, très souvent on la force et le pauvre animal plie sous le faix ; il est tout écorché, maigre et semble prêt à rendre le dernier soupir ; mais si on le nourrit bien, il repart bravement. Jamais le Chinois ne maltraite les animaux, comme fait parfois l'Européen ; avant d'aller prendre son thé, le conducteur exténué lui-même, desselle, bouchonne, et nourrit ses bêtes, c'est après cela seulement qu'il pense à lui-même. — Le baudet aussi est précieux ; il porte, proportion gardée, plus que le mulet ; comme lui, il va partout et toujours.
Pour les charrois, il y a de grands attelages composés de trois à huit bêtes traînant d'immenses charrettes ; on y empile des sacs de grains, du charbon, des bonbonnes d'eau-de-vie, jusqu'à concurrence de 1800 kilos. — Il y a deux sortes de brouettes, la grande et la petite. La première, attelée d'un ou de deux mulets, est conduite par un homme qui soutient le brancard et par deux autres qui maintiennent l'équilibre; elle porte plus de 800 kilos. La seconde est simplement poussée par un homme et traînée par un autre. La roue des brouettes est au milieu, jamais à l'avant ; ainsi, la charge
Grande charrette chargée.
ne pèse pas sur le conducteur, elle se répartit de chaque côté et le centre de gravité reste toujours au milieu.