DYN. DES HAN. SOU-OU. SSE-M\-TSIEN. ( 120 AV. J.-C
lui. Cette triste nourriture le soutint plus longtemps qu'on ne le croyait ; le roi voyant qu'il ne mourait pas, le regarda comme un homme extraordinaire et le fit
tirer de son puits. A de nouvelles propositions, il répondit courageusement : « Jamais je n'aurai d'autre maître que l'empereur de la Chine. >• Il fut alors exilé au bord de la mer pour y garder les troupeaux. Cependant l'empereur ne l'avait pas oublié ; il le redemanda par une ambassade, et sur le refus insolent des Tartares, il fit marcher contre eux une armée commandée par le général Li-kouang-li, qui mit en déroute les troupes tartares ayant à leur tête le roi Tchang-yu lui-même. C'est dans cette guerre que le général chinois Li-ling passa à l'ennemi. Quant à Sou-ou, il demeura fidèle jusqu'à la fin et fut sauvé par l'empereur Tchao-ti, successeur de Siao-ou-ti, qui parvint à l'arracher aux Tartares. Après dixneuf ans d'exil et de souffrances, Sou-ou rentra en Chine comme un triomphateur ; il fut reçu dans la capitale au milieu des acclamations de tout le peuple, et l'empereur sou-ou. (Mémoires.) l'éleva à la dignité de prince.
Il mourut à 1 âge de 8o ans, vers l'année 6o avant notre ère.
SSE-MA-TS'IEN. — Ce grand historien que les Chinois nomment encore le «père de l'histoire» naquit dans la ville de Loung-men. Son père, Sse-ma-t'an, fut célèbre lui-même par ses recherches historiques, et sous sa direction, Sse-ma-ts'ien se livra dès son jeune âge à l'étude de la littérature. Lorsqu'il eut 20 ans, il commença ses voyages de recherches au nord et au midi de la Chine ; il visita les monuments et les travaux exécutés jadis par le Grand Yu, releva les inscriptions, les dates, et réunit
tous les matériaux pour la reconstruction de l'histoire depuis Hoatig-ti. Le général Li-ling qui, comme nous venons de le dire, avait trahi l'empereur, était un des amis de Sse-ma-ts'ien, qui seul, eut le courage de le défendre, et qui fut condamné à mort, comme impliqué dans sa trahison.
On lui fit grâce à cause de ses mérites, mais il dut subir un supplice infamant, et alla cacher son humiliation dans la solitude, où il écrivit sa grande Histoire. L'empereur, dans la suite, le rappela à la cour, le combla d'honneurs et le nomma Tchoung-chou-ling, c'est-à-dire Inspecteur général des lettrés. Il mourut dans un âge très avancé.
PAN-TCHAO (Pan-ouéepan ). — Peu après Sse-mats'ien parut un autre historien remarquable nommé Pan-kou, qui fut l'historiographe des Han ; il revisa et compléta les annales de Sse-ma-ts'ien et lit aussi plusieurs ouvrages que sa sœur Pan-tchao présenta elle-même à l'empereur.
Pan-tchao naquit à Foufoung-sien dans la province du Chen-si, du temps de l'empereur Ho-ti. Sa famille avait donné à l'état plusieurs hommes remarquables, et son père fit lui-même l'éducation de sa fille. Pendant qu'elle se livrait au travail manuel, elle écoutait les leçons données à ses frères, et devint bientôt capable d'expliquer ellemême les passages les plus difficiles des livres classiques. Déjà célèbre, elle reçut le nom de Tchao qui signifie splendeur ; on lui donna encore plusieurs autres noms honorifiques. Mariée à 1 âge de quatorze ans, son mari, qui était mandarin, n'eut qu'à se louer de sa conduite ; elle fut le modèle des épouses et des mères ; lorsqu'il mourut, Panouée-pan le pleura, selon l'usage, puis se retira chez son frère Pan-kou qu'elle aida dans ses travaux et ses recherches. Peu après, ce dernier fut compromis dans une rébellion, et mourut misérablement en prison. Sa sœur acheva ses ouvrages, les publia, en