‹ PékingChapitre 21 sur 224 · DYN. DES HAN. PAN-TCHAO. NGAÈ-TI. (2 AV. J.-C · texte numérisé non relu

DYN. DES HAN. PAN-TCHAO. NGAÈ-TI. (2 AV. J.-C

lui en laissant toute la gloire ; elle acquit elle-même une grande célébrité par son livre sur les « Devoirs de la femme». Après la publication de l'histoire des Han, l'empereur fut si satisfait qu'il nomma Pan-ouée-pan dame d'honneur de l'impératrice qui l'appela Ta-sia (grande dame).

Sa modestie était égale à sa capacité, et malgré les faveurs impériales, personne ne lui porta envie ; toujours prête à s'effacer pour faire briller ses compagnes, elle se fit aimer de toute la cour, qui se transforma en une petite académie littéraire.

Pan-tchao a sa place marquée parmi les lettrés, et le souvenir de ses vertus privées est resté ineffaçable. Elle mourut à l'âge de 70 ans ; les poètes de l'époque célébrèrent ses louanges ; le P. Amyot lui a consacré une longue notice en donnant l'analyse de ses ouvrages dans le 3e volume des Mémoires sur les Chinois.

Pan-tchao. ( Pouo-méi-t'ou. )

LA 2e année de l'empereur Han-ngaè-ti, le Sauveur du monde naquit à Bethléem, de la Bienheureuse Vierge Marie. Tous les peuples de l'univers attendaient sa venue. Ses apôtres furent envoyés pour prêcher au monde la vraie foi, et, selon la tradition, saint Thomas reçut en partage l'Inde et la Chine.

Que cet apôtre soit allé dans les Indes, nul ne saurait en douter, car le fait est mentionné dans tous les martyrologes. Les missionnaires dominicains, traversant ce

pays pour aller en Tartarie, écrivaient : « En ce royaume [de l'Inde, prêcha la foy Monseigneur saint Thomas, qui convertit à Dieu moult de princes.» (histoire du grand caan. ) Marco-Polo en parle aussi dans sa relation ; enfin, son tombeau a été découvert à Méliapour en 1548; une croix et une inscription y étaient gravées. D'après l'explication d'un brahme instruit, faite en langue malabarique, voici le sens de cette inscription, donné par le P. Lucenas : «Trente ans après la publication de la loi chrétienne dans toutes les parties de l'univers, saint Thomas, apôtre, mourut à Méliapor, le 2 1 e jour de décembre, après avoir fait connaître Dieu à tous ces peuples, les avoir fait changer de religion et avoir détruit par conséquent le démon.

Dieu est né de la Vierge Marie ; il a vécu trente ans sous son obéissance, quoique Dieu sans fin. Ce Dieu enseigna la loi à douze de ses apôtres, dont l'un d'eux est venu à Méliapor, portant un bâton à la main. Le roi de Méliapor, de Coromandel et de Pandore, comme aussi plusieurs autres princes embrassèrent sa doctrine, après qu'ils eurent vu un prodige surprenant. Le temps vint enfin qu'un brahmane rougit ses mains dans le sang de saint Thomas, et que par une cruauté inouïe, il versa le sang de l'innocent, lequel servit à cet apôtre de matière pour former de sa propre main une croix, laquelle resta parfaitement gravée de la façon qu'on la

Voit encore. » L'empereur Ngaè-ti.

Mais saint Thomas est-il venu en Chine ? Il est certain que ce grand apôtre a pu facilement y pénétrer. Comme nous l'avons vu précédemment, les juifs, plusieurs siècles avant notre ère, étaient arrivés jusqu'en Chine; la route était tracée. L'historien

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