FLEURS
un peu violacé, et enfin depuis quelque temps de nouvelles espèces d'Europe greffées par les Chinois. Chaque année arrive des provinces méridionales, presque à l'état de bois sec, un arbrisseau ressemblant au jasmin ( mou-li-hoa ) ; on le cultive en serre, et au printemps il se couvre de fleurs blanches très ?i odorantes, avec lesquelles on parfume le thé vert. Viennent aussi du sud ou du Japon, le gardénia, le camélia, l'hortensia, l'oranger, le citronnier, le sica, le palmier, le yucca, plusieurs espèces d'azalées et de rhododendrons, enfin la pivoine arbre qui s'offre en présent pour le Ier jour de l'an, c'est-à-dire vers le 1 5 février; cette pivoine est appelée en chinois mou-tan. Parmi les arbres, notons l'orme, le saule, le mimosa, le sophora, le pin rouge, la sapinette qui entoure les sépultures, le pin à écorce blanche ( Pinus bungeana ), l'acacia, une vigne sauvage et un cissus grimpant qui remplace le lierre inconnu à Péking ; l'aune et le hêtre sont inconnus ici, le charme est très rare, mais l'ailanthe, dont la racine est un spécifique remarquable contre la dyssenterie, croît partout. Les montagnes produisent aussi trois sortes de chênes rabougris, un petit bouleau, des lilas sauvages, le tilleul et d'autres espèces communes à
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leuse.
l'Europe.
Parmi les arbres fruitiers, citons le pommier, le poirier, l'abricotier, le pêcher, le prunier, le kaki, une petite cerise et un arbre produisant de petites pommes rouges nommées Chan-li-houng, dont les confiseurs tirent un excellent parti ; la vigne, peu abondante, ne se cultive pas comme en Europe, mais
seulement sous forme de treilles, dont on enterre tous les rameaux avant les grands froids. Outre une espèce de raisin très juteux à gros grains rosés, on en a une seconde à grains très allongés et jaunâtres, rappelant le raisin d'Europe dit amande! le ; la première seule additionnée de 10 °/0 de sucre nécessaire à la fermentation, peut servir à faire du vin. Ce vin, après quelques années, acquiert une couleur topaze, et son goût rappelle certains vins d'Espagne; du reste, à Péking tout le raisin ne sert que pour la table. Le noyer ordinaire se trouve dans les montagnes de l'ouest, avec un abricotier dont les fruits sans chair donnent un énorme noyau qui remplace l'amande ; dans les montagnes du nord-est on a une autre espèce de noyer dont les fruits sont presque sans coque, et le châtaignier ; le noisetier n'est pas cultivé, mais se trouve en abondance dans toutes les montagnes.
Le coton se cultive peu dans le Pé-tche-ly; cependant vers le sud, on en rencontre une espèce naine dont la tige ne dépasse pas 5o à 60 centimètres. Par contre, le tabac est semé aussi bien dans la montagne que dans la plaine ; on en fait une très grande consommation, car en Chine, tout le monde fume ; le meilleur, qui est presque noir et chargé de nicotine, vient de Mantchourie ; mais aux alentours de Péking on en récolte une espèce moins forte et plus agréable à fumer. Les Chinois ne font subir aucune
ORNITHOLOGIE
préparation au tabac ; on se contente de le faire sécher, d'enlever les plus grosses côtes des feuilles et on le livre ainsi à la consommation. Quelques plantes médicinales se trouvent dans les montagnes, telles que le bois de réglisse, la rhubarbe et nombre d'espèces qui entrent dans la pharmacopée chinoise.
Dans le nord, on rencontre quelques fraises des bois, la groseille à grappes, et une framboise très productive mais légèrement acide.
PARMI les oiseaux du nord de la Chine, on peut citer le grand vautour, dont plusieurs spécimens se trouvaient dans le musée du Pét'ang ; il se rencontre, assez rarement du reste, dans les montagnes du nord-ouest,
comme dans celles du nord-est près de la ville de Young-p'ingfou ( Vultur monachns ). Les aigles sont moins rares et on en voit plusieurs espèces dont les plus 'H':.v.
grands sont ceux à tarse blanc ( Aquila crysaëtos). La buse à queue blanche, le milan sédentaire ( Milvus melanotis) est très abondant à Péking pendant toute l'année. Les chasseurs de la capitale emploient pour la chasse au lièvre une espèce de busard ( Astur palumbarius j commun dans les montagnes ; outre ces oiseaux de proie, on rencontre à Péking et aux alentours plusieurs espèces de pies, la huppe commune, le bouvreuil, l'élégant Carponacits Davidiamis qui niche dans les buissons des plus hautes montagnes. Le moineau est sédentaire partout, et ne diffère pas de celui d'Europe. Les Chinois estiment beaucoup
Urocissa Sinensis. Un moineau
à taches blanches, un peu plus petit que le passer montamis ordirare et souvent très cher à Péking.
Si Ton fait une excursion sur la montagne Po-hoachan, une des plus élevées de la province, à trois journées de Péking vers le nord-ouest, on rencontrera deux espèces de veuves ( Tchitrea-incei ), l'une blanche et l'autre brune, à queue très longue et que les Pékinois arrivent à apprivoiser. L'nrocissa sinensis, espèce de pie bleue à bec et pattes rouges d'une rare élégance ; la Cyanopolins cyanœus, autre espèce d'un bleu grisâtre, qui descend jusqu'à Péking pendant l'hiver. Sur les ruisseaux limpides volent le martin-pêcheur et un petit oiseau complètement noir qui ressemble à un merle d'eau, et que les chinois nomment choui-lao-koaa, corbeau aquatique, à cause de sa couleur. Dans les rues de Péking, on rencontre souvent des oisifs qui exercent certains oiseaux à saisir au vol de petites boulettes préparées, en revenant chaque fois sur la main de celui qui
ORNITHOLOGIE
îthopophilus Pehinensis.
les a lancées, ce sont des gros becs ( Eophana personata, Eophana melanura ) ; ces oiseaux se familiarisent rapidement. On voit aussi à Péking, au moment des passages, le pinson des Ardennes, le propasser trifaciatus au charmant plumage rosé taché d'argent, l'Uragus lepidus également rosé et gracieux, et la grande pie-grièche. Le printemps ramène en ville une élégante hirondelle, et toute l'année plusieurs espèces de pies, de corbeaux et de corneilles, même le corbeau à cou blanc assez commun dans la campagne pendant l'hiver. Dans les plaines de Mongolie, on rencontre un corbeau double en grosseur du corbeau ordinaire, que les Chinois nomment le tombeau des Mongols ; les Mongols, en effet, n'enterrent point leurs morts qu'ils abandonnent en pâture aux animaux et aux oiseaux de proie. On trouve aussi aux environs de Péking
une gracieuse tourterelle et plusieurs espèces de pigeons sauvages. Quant aux pigeons domestiques, ils appartiennent à plusieurs variétés ; les pigeons à bec court et gros, au pourtour des yeux nu, aiment à voler en tournoyant pendant des heures entières ; les Chinois de Péking leur attachent sur la queue de légers sifflets de tonalités différentes, dont l'ennuyeuse et monotone musique leur plaît beaucoup. Les grues ( Cyrenœa virgo et monacha ) se voient aussi dans le nord, ainsi que Yibis nippon.
Les oies sauvages, les cygnes et même le pélican se rencontrent également dans le nord, surtout sur le lac de Cheng-tsing près de Suen-hoa-fou ; quant aux canards sauvages, il y en a plus de dix espèces sur les différents cours d'eau. L'outarde n'est pas rare dans les grandes plaines, et les montagnes dénudées servent d'asile à la perdrix ordinaire et à la bartavelle (perdrix grœca ). Les marécages provenant des rivières débordées, ou les rizières, sont communément peuplés par les vanneaux, les bécassines, les pluviers et la charmante bergeronnette. Les grives arrivent pendant l'hiver jusque dans l'intérieur de la ville ; elles sont très communes sur les sapinettes et genévriers qui ornent les sépultures. Les goélands et autres oiseaux de mer se trouvent en abondance à Ta-kon. Un usage gracieux, quoique entaché de superstition, existe à Péking: c'est celui d'acheter plusieurs centaines d'oiseaux en cage pour leur rendre la liberté ; le Pékinois du reste aime tous les oiseaux, et les apprivoise avec une singulière facilité. Si on prend les
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petits oiseaux, ce n'est jamais pour s'en nourrir comme en Europe, mais seulement pour jouir de leur compagnie et de leurs chants; on les promène, on nettoie leur cage avec le plus grand soin, on choisit la nourriture qu'ils aiment, on les instruit si bien que, par exemple, la grande calandre, ou alouette de Mongolie, finit par imiter dans son chant fort et varié tout ce qu'on lui a fait entendre. Si quelqu'un désirait avoir des notions complètes sur les oiseaux de la Chine, il pourrait consulter le ajournai d'un voyage en Mongolie » fait en 1866 et reproduit dans les nouvelles Archives du Muséum, ainsi que les « Oiseaux de Chine » par l'abbé Armand David et E. Oustalet. — Le nord de la Chine a peu de reptiles, quatre ou cinq couleuvres inoffensives, une seule vipère, un lézard gris, un gecko et une tortue fluviale. Une quinzaine d'espèces de poissons et quelques beaux papillons. Parmi les CruSta- Sifflets divers pour pigeons.
ces d'eau douce, on a le crabe, mais l'écrevisse ne se trouve que dans les ruisseaux du nord de la Mantchourie, ou en Corée. Quatre bivalves et six ou sept univalves sont
les seuls mollusques des cours d'eau, et les coquilles terrestres sont extrêmement rares.
Une espèce d'huître, analogue à Yostrea edidis, se rencontre à Ta-kou.
LES montagnes voisines de Péking abritent quelques fauves ; on dit que le grand tigre du nord (felis tigris) qui se propage dans les forêts de Mantchourie y fait quelquefois une apparition ; la panthère ( felis panthera) y est commune, mais craintive ; elle attaque rarement l'hom- Cyanofiolius Cyaneus. me à moins d'être in-
quiétée. Le chat sauvage n'est pas rare ; quant au chat domestique, il ne diffère pas de celui d'Europe ; on voit même ici l'angora à longs poils. Le loup est malheureusement très commun partout ; on en connaît plusieurs espèces ; le plus terrible de tous est le grand loup noir ; puis vient le loup blanchâtre, le loup commun et un petit loup rougeâtre. Le renard jaune et le renard roux se prennent facilement au piège, et leur fourrure est appréciée des Chinois. On trouve encore dans les montagnes de Young-m'ng le Sao-suè, espèce de grande fouine noirâtre imitant la zibeline. Enfin le putois, la belette dont les poils de la queue servent à faire les pinceaux ; et une espèce de singe près de la sépulture impériale de l'est.