SSE-MA-KOUANG. TCHOU-SI. — V. DYNASTIES DES LEAO ET DES KIN
CHOU-KO-LÉANG, aussi habile ministre que vaillant général, était né à Léang-iè. Il vivait vers la fin de la dynastie des Han, peu de temps avant l'établissement des trois royaumes. Malgré son dévouement, il ne put sauver cette dynastie que l'incapacité des derniers empereurs avait perdue. A cette époque, un autre général nommé Ts'ao-ts'ao se rendit indépendant ; à sa mort qui arriva l'an 220, son fils Ts'ao-p'i lui succéda et fonda dans le nord le royaume de Ouée. Au Kiang-si, un autre prétendant forma le royaume de Ou, et les descendants des Han, grâce à Tchou-ko-léang, conservèrent le Sse-tch'ouan qui devint le royaume de Chou : c'est ce que l'on entend par les «trois royaumes».
Tchou-ko-léang n'avait point cependant perdu l'espoir de reconquérir toute la Chine au profit des Han, il réunit une armée formidable et marcha contre les troupes des Ouée commandées par Sse-ma-i. Malgré sa vaillance, il fut vaincu et ne survécut que peu de temps
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à sa défaite ; il mourut en l'année 234, emportant l'estime et l'admiration des ennemis mômes qu'il avait eu à combattre.
Sse-ma-i, continuant ses victoires, finit par réunir les trois royaumes sous sa domination, et, lorsqu'il mourut en 25 1, il laissa le trône à son petit-fils Sse-via-ien,
qui prit le nom de Tsin-ou-ti et fonda la dynastie des Tsin. Tant que leur capitale fut Si-ngan-fou, on les nomma Tsin occidentaux ; puis, lorsqu'ils l'eurent fixée dans le Ho-nan, on les appela Tsin orientaux. — Pendant toute cette époque, des guerres sans fin désolèrent la Chine, guerres et combats qui donnèrent naissance à des romans de chevalerie, dont les récits mêlés de merveilleux passionnent encore aujourd'hui le peuple Chinois.
On ne saurait passer sous silence une femme très vertueuse qui,vers ce temps là, se rendit célèbre par sa piété conjugale.
Elle s'appelait Sou-houi, et son petit nom était Sou-jo-lan. Teou-
Tchou-ko-léang. fao> son mari, ac-
cusé près de l'empereur de ne pas bien remplir son office de mandarin, fut condamné à l'exil et envoyé dans le désert de Cha-mo. Alors, Sou-jo-lan forma le projet de faire parvenir au souverain l'expression de sa douleur. Elle tissa une magnifique pièce de soie, sur laquelle elle broda une poésie dont les vers exprimaient en termes touchants la tristesse et la désolation de son cœur. Ce bel ouvrage fut présenté à l'empereur qui ne put, en le voyant, retenir ses larmes, et fit aussitôt rappeler de l'exil le mari de Sou-jo-lan.
Depuis l'année 58 avant Jésus-Christ, les Japonais payaient à la Chine un tribut