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CROIX DE FER DU KIANG-SI. (23OAP. J.-C

les Chinois avaient de fréquents rapports avec l'Occident, connaissaient l'empire

romain, l'Italie, voire même la ville de Rome.

Examinons maintenant quelques monuments de ces premiers siècles.

Une croix de fer fut découverte au Kiang-si. File porte le nom de l'empereur Soun-ou, souverain du royaume de Ou dont nous avons parlé plus haut, et qui régnait vers l'an 23o.

Mgr Rouger, Vicaire Apostolique du Kiang-si, nous donne sur ce monument les détails suivants ; sa lettre est du i5 janvier 1886.

« Nous avons à Ki-ngan une belle et grande croix de fer, à la forme dite de Saint-André. Il paraît que cette croix de fer n'est nullement un objet profane, puisque les écrivains du passé ont célébré les merveilles qu'elle opérait jadis, et que les populations l'honorent encore aujourd'hui d'un culte religieux tout particulier, l'appelant Chctse p'ou-sa (divinité de la croix ). On la salue, on lui offre des chandelles, des

Croix de fer de Lou-ling-sien. préfecture de Ki-ngan-fou au Kiang-si. bâtons odoriférants et le

sang d'un coq immolé à ses pieds. L'édifice qui la recouvre lui était primitivement réservé d'une manière exclusive ; elle en occupait le milieu entourée de sentences poétiques qui sont reproduites de chaque côté de la gravure. Les expressions Ouanmin et Sse-haé indiquent à ne pouvoir s'y méprendre, quelque chose d'universel et

non de local seulement. De plus, les trois grandes lettres qui ornent le fronton, Taouang-miao (temple du grand Roi) peuvent fort bien n'être qu'une inscription chrétienne, et désigner le Rex regum, et Dominus dominantium de la sainte Écriture.

Autrefois on ne s'accordait pas comme depuis les décrets des Souverains Pontifs, pour ne désigner le vrai Dieu que par le mot T'ien-tchou ( Cœli Dominus j. Le fait est que ce Ta-ouang-miao ne semble être la pagode d'aucun «P'ou-sa» connu des Chinois, et ne se trouve dans aucune des nomenclatures même les plus complètes.

Notre Ta-ouang-miao ayant été brûlé au milieu de ce siècle par les rebelles, il ne resta pendant plus de vingt ans que la seule croix de fer en question. Bien que couchée par terre à ciel ouvert, elle n'a pas été privée des honneurs qu'on lui rend « ab antiquo. » De nos jours on a rebâti à neuf le Ta-ouangmiao; il occupe le même emplacement et porte la même inscription chinoise; Croix de Tsuen-tcheou-fou &u Fou-kien. seulement à 1 intérieur on

a placé au milieu un vilain «P'ou-sa», et la croix se trouve reléguée sur le côté dans un grand cadre en bois recouvert d'un voile. J'ai voulu faire copier les noms et les dates, mais il m'a été impossible de faire ouvrir le cadre, même à prix d'argent ; c'est à peine si on a voulu laisser prendre les mesures par un de nos élèves en théologie. Les voici :

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