‹ PékingChapitre 27 sur 224 · WILLIAMSON, YULE · texte numérisé non relu

WILLIAMSON, YULE

(L. Gaillard, j

et s'attira ainsi l'amitié de ce général jaloux de sa gloire. Faussement accusé par les eunuques, il fut obligé de quitter son commandement et de revenir à la cour ; mais les troupes se mutinèrent et l'empereur dut le remettre à leur tête.

Sous l'empereur Teu-tsoung, ce fut en réalité Kono-tse-i qui gouverna la Chine. Il mourut l'an 783, et tout l'empire porta le deuil de sa mort pendant trois ans. D'après l'inscription de Si-ngan-fou, il éleva des églises au vrai Dieu, et eut pour conseiller un prêtre nommé Y-sse. Ce fut un des hommes les plus vertueux et les plus capables de la dynastie des T'ang.

L'EMPEREUR T'aè-tsoung avait trois femmes: la première, Tchang-soiing-che, était très vertueuse ; la seconde, Ou-tse-t'ien, était cruelle, ambitieuse, vindicative ; la troisième, femme de lettres, se nommait Sin-hoée. Vers la fin de son règne, célèbre à tous égards, T'aè-tsoimg fit la conquête du Léao-toung, et soumit les Coréens révoltés. Il mourut, âgé de cinquante-trois ans seulement, l'an 649, et laissa le trône à son fils Kao-tsoung. Nous lisons dans l'histoire, que ce nouvel empereur fit enfermer dans un palais les nombreuses concubines de son père; c'est, dit-on, le premier établissement de bonzesses (Ni-kou) dont il soit parlé dans les Annales de la Chine.

DYN DES t'aNG. OU-TSE-TIEN. HAN-IU. (819 AP. J.-C.)

L'impératrice Ou-tse-t'ien ne tarda pas à dominer le nouvel empereur ; elle-même était sous l'influence d'un nommé Kou-sin-tchen, sectateur du Tao, dont les funestes conseils eurent les plus déplorables résultats ; la vraie religion fut persécutée, de nombreuses églises furent brûlées, et on vit partout s'élever des temples de Fo. Sous le

règne de l'empereur Tchoung-tsoung, son fils, l'impératrice Ou-tse-t'ien, universellement haïe des ministres, des mandarins et du peuple, reçut enfin la punition de ses crimes. L'empereur l'enferma dans un palais où elle mourut à l'âge de quatrevingt-deux ans.

Les Annales nous apprennent qu'en l'année 63 1, le second empereur de la dynastie des T'ang envoya au Japon un ambassadeur qui fut fort mal reçu. A partir de ce jour, le Japon ne fut plus regardé comme Etat tributaire et perdit les privilèges que

l'empereur de la Chine, son suzerain, lui avait accordés.

Ce royaume s'appelait alors Ouo-kouo, et c'est seulement en 671 qu'il fut nommé Je-pen.

Dans la suite, le roi du Japon fit parvenir à l'impératrice Outse-t'ien de riches présents patun ambassadeur lettré qui allait, disait-il, étudier en Chine les livres sacrés. De ce jour, la bonne harmonie fut rétablie entre les deux royaumes.

HAN-IU. — Ce célèbre savant était originaire de la pro-

L'impératrice Ou-tse-t'ien. vince du Ho-HCM . Doué d'une

facilité prodigieuse, il obtint de très bonne heure tous ses grades, et fut reçu docteur. L'empereur Teu-tsoung l'appela près de lui comme censeur ; mais, pour avoir rempli sa charge en conscience et attaqué certains abus, il fut éloigné de la cour. On lui confia le gouvernement d'une petite ville, où il composa un ouvrage « sur le bon gouvernement des empires», ce qui lui valut de rentrer en faveur; il fut nommé

conseiller d'État, puis précepteur du prince héritier. Les bonzes, par leurs intrigues, trompèrent le souverain qui, en 819, rendit les plus grands honneurs à un prétendu doigt de Fo apporté par eux. Personne n'osait avertir l'empereur de cette supercherie ; Han-iu rédigea un courageux mémoire pour montrer que Fo n'était qu'un homme et qu'une divinité aussi méprisable que néfaste ; il terminait par ces mots : « Si Fo a quelque pouvoir, que sa colère m'écrase. »

L'empereur, irrité, lui enleva toutes ses charges et le renvoya dans la petite ville de Tch'ao-tcheou, où il donna tout son temps à l'étude ; ayant composé un traité en faveur de la doctrine des anciens contre celle de Bouddha, il osa le faire présenter à l'empereur, ce qui, contrairement à toutes prévisions, le fit rappeler à la cour. Employé à la pacification d'une sérieuse révolte, il se montra aussi prudent qu'habile, et, grâce à son zèle, l'armée mutinée rentra sous l'obéissance impériale, sans effusion de sang. — Plein de gloire et d'honneur, il termina ses jours l'an 824 de Jésus-Christ; il avait 57 .ans. Son portrait fut placé dans le temple de Confucius, et en i53o il reçut le nom de Sien-jou-han-tse ; c'est le plus haut titre honorifique auquel un savant puisse prétendre.

LÉOU-TSOUNG-IUEN.— Ce poète naquit dans le Chan-si. Il se livra dès sa jeunesse à l'étude des meilleurs auteurs de la dernière dynastie. S'étant fait recevoir bachelier, puis docteur, il fut, grâce à deux protecteurs éminents, nommé gouverneur de Lan-tien-sien, sous-préfecture de troisième ordre. Non seulement il n'opprima pas son peuple, mais, dans une année

Han-iu.

DYN. DES TANC-

LEOU-TSOUNG-YUEN.

de disette, il le fit exempter des impôts et secourir avec les deniers publics. Tcutsoung, en 8o3, l'appela à la cour ; il remplaça Han-in dans la charge de censeur. Disgracié sur de fausses accusations, il alla gouverner la ville de Léou-tcheou, ce qui remplit de joie les lettrés et les mandarins subalternes de cette préfecture. Miné par le chagrin de se voir éloigné de la capitale, il mourut à quarantesept ans. On lui fit de magnifiques funérailles, et sa tablette fut placée dans une pagode.

FANG-SUEN-LING. — Citons pour mémoire le nom de Fang-suen-ling , l'illustre ministre du fondateur de la dynastie des T'ang. C'est lui que l'empereur députa pour aller à la rencontre d'Olopen, comme le rapporte l'inscription de Si-ngan-fou. T'aè-tsoung avait épousé une des filles de Fang-suen-ling, qui mourut dans un âge très avancé. L'empereur fit placer son tombeau à côté de celui de son propre père.

YAO-TCH'OUNG.— Un autre ministre non moins remarquable, nommé Yao-tch'oung, vivait aussi à la cour des T'ang, sous l'empereur Suen-tsoung. En 72 1 , sur son lit de mort, il recommanda à sa famille « de ne point se laisser séduire par la fausse religion de Bouddha; de ne point avoir de rapport avec les Taoche et les bonzes, de rester attachée à la doctrine immuable qui ne pouvait périr, etc. » Etait-ce la doctrine chrétienne prêchée alors avec tant de fruits par Olopen et ses successeurs ?

TOU-FOU. — Ce poète, natif du Chen-si, eut beau étudier, il ne réussit dans aucun examen et s'adonna entièrement à la poésie. Ses succès en ce genre furent si brillants qu'il fut appelé à la cour et présenta trois pièces de poésie remarquables à l'em-

pereur Suen-tsoung. On le félicita, mais sans lui donner de charge lucrative. Il fit alors un curieux placet à l'empereur, où il exposait sa pauvreté : « Si votre majesté n'y

met ordre, elle entendra bientôt dire que le pauvre Tou-fon est mort de froid et de faim. » Gratifié d'une petite pension qui ne lui fut point continuée, il retomba dans la misère. L'empereur Sou-tsoung, auquel il s'adressa, le nomma censeur, mais sa trop grande franchise ne lui permit pas de garder longtemps ce poste ; original, du reste

DYN. DES TANG.-

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