TOU-FOU ET LI-TAE-PE
MOUNG-HAO-JAN.
et capricieux, il passait de longs mois dans les montagnes, à vivre de ce qui lui tombait sous la main. En 772, il faillit se noyer en traversant une rivière; retiré de l'eau presque par miracle, il fut reconnu, soigné, choyé, car son nom était célèbre. Dix jours après, on lui offrit un grand dîner de convalescence pendant lequel il abusa tellement de la nourriture et de la boisson, qu'on le trouva mort le lendemain.
LI-T'AE-PE. — Né dans le Sse-tch'onan, et non moins célèbre que le précédent, Li-t'aè-pè, vers l'an 742, se rendit à la cour. On n'osait le présenter à l'empereur à cause de son peu de sobriété : il était presque sans cesse pris de vin. Il promit de ne
plus s'enivrer. Ee souverain
l'accepta sur cette promesse, et Li-t'aè-pè, qui joignait à la poésie un beau talent musical, eut de brillants succès. Un de ses plus grands plaisirs était de mener une vie vagabonde ; aussi s'empressa-t-il de quitter
Moung-hao-Jan
la cour, sur une légère accusation faite contre lui par un eunuque. Il n'aimait rien tant que de parcourir les cabarets et d'y boire jusqu'à perdre la raison. Cependant, ses ouvrages étaient tellement estimés, qu'on lui pardonnait tous ses excès et il était bien reçu partout. Un seigneur de ses amis s'étant révolté, Li-t'aè-pè fut impliqué dans cette affaire et condamné à mort ; sa peine, à la prière de Kouo-tse-i, fut commuée en celle d'un exil perpétuel ; mais peu à près, traversant un fleuve, l'ébriété le fit chanceler, la barque chavira et il se noya. C'était en l'année 763 ; il était âgé de soixante ans.
MOUNG-HAO-JAN. — Ce poète, né de parents très pauvres, ne chercha point les dignités, ni les grades. Il aimait à courir la campagne en toute liberté et passait son temps à composer, sous les ombrages ou au bord des ruisseaux, des poésies pleines de verve et d'entrain. Il affectionnait spécialement le froid et surtout la neige ; enveloppé
dans son manteau et assis sur quelque tronc d'arbre, il composait ses plus belles pièces de vers. Le bonze Ouang-ouée, poète lui-même, et surtout peintre de talent, fit le portrait de Moung-hao-jan dont les ouvrages font les délices des lettrés.
deux ans son nom,
PRÈS la mort de Ou-tse-t'ien,
la belle dvnastie des T'ans
occupa le trône de la Chine pendant quelques années encore, mais elle marchait rapidement à sa ruine. Les empereurs, affaiblis par la mollesse et livrés aux eunuques, s'occupèrent peu du gouvernement de l'empire. En 901, exaspéré par leur insolence qu'ils avaient poussée jusqu'à retenir le souverain en prison, un officier général nommé Léang s'empara de tous les eunuques qu'il put rencontrer, en massacra plusieurs centaines et rendit la liberté à l'empereur. Peu après, un décret fut porté qui ordonnait la mort de tous les eunuques quels qu'ils soient ; il fut exécuté, et dans la seule capitale de Si-ngan-fou plus de 700 furent tués sans pitié. L'em-
Soung-t'aé-tsou, fondateur de la dynastie des Soung. nereur TchûO-SÎCltlff-tî récna
à peine, et fut détrôné par ce même Léang, qui établit une dynastie portant Alors, pendant un demi-siècle, l'empire fut dans une anarchie complète, et