DYN. DES YUEN. MORT DE CHE-TSOU
L'empereur Che-tsou protégea ouvertement la religion des Lamas et fit brûler tous les livres de la secte de Tao, excepté le Tao-teu-king de Lao-tse. Les ouvriers venus des royaumes étrangers et très habiles dans les sciences comme dans les arts affluaient à Péking; l'histoire rapporte qu'en 1286, des vaisseaux de plus de quatre-vingt-dix royaumes abordèrent au Fou-kien.
L'astronomie fut en honneur sous son règne : quatre savants lettrés chinois travaillèrent à un grand traité sur cette matière ; le plus célèbre est Koiio-chou-king qui suivait la méthode d'Occident, et fut chargé des observations astronomiques pendant 70 ans. Il dota le grand observatoire des Yuen, situé, comme nous l'avons dit, à l'angle sud-est de Kambalick, d'instruments en bronze, tels que sphère, astrolabe, boussole, niveau, gnomon. Quelques-uns de ces instruments avaient près de 40 pieds ; ils servirent aux observations jusqu'à l'arrivée du P. Verbiest, sous la dynastie suivante. Les deux plus importants se voient encore dans la grande cour d'entrée de l'observatoire actuel.
C'est à Che-tsou que l'on doit l'achèvement du grand canal impérial commencé par les Kin ; il le fit continuer et terminer depuis Kambalick jusqu'à Hang-tcheou , et même jusque dans le Fou-kien; il le rendit navigable pour les navires au moyen d'écluses que l'on haussait ou baissait à volonté. Ce canal avait ses rives revêtues de pierres de taille et bordées d'arbres ombrageant une route de halage bien entretenue.
Che-tsou mourut en février 1294 dans son palais de Kambalick, à l'âge de 80 ans, laissant un des plus grands empires qui ait jamais existé ; il s'étendait en effet, de la mer Glaciale au détroit de Malacca, et de la mer du Japon jusqu'à la mer Caspienne.
Kouo-chou-king.
LE petit-fils de Che-tsou, Témour, succéda à son grand-père sous le nom de Tcheng-tsoung, ne régna que deux ans et fut remplacé par un de ses neveux, qui prit le nom de Ou-tsoung. C'était un prince humain et pacifique, qui gagna l'amitié du peuple par sa libéralité, et celle des lettrés en faisant construire un temple à Confucius, dans la ville de Péking. Malheureusement il laissa trop de puissance aux lamas, qui indisposèrent contre lui la population chinoise, hâtèrent la chute de la dynastie des Yuen. Outsoung était, du reste, comme ses prédécesseurs, tolérant pour toutes les religions.
A cette époque ( 1288), le pape Nicolas IV, connaissant les dispositions favorables des princes mongols à l'égard du christianisme , résolut d'envoyer une ambassade au grand Kan ; il s'adressa aux Franciscains dont le Général, Bonagratia, s'empressa de répondre L'empereur Ou-tsoung. aux désirs du Souverain-Pontife .
Jean de Montcorvin fut choisi pour être le chef de cette nouvelle mission : il était né en 1247, près de Salerne, dans un petit village appelé Monte corvino. Le Pape lui donna des lettres datées de Rietti, le 3 des Ides de juillet 1289, pour les