GAULD. LE P. ADAM SCHALL. LI-KOUNG. FIN DE LA DYNASTIE DES MING
PPRIMÉE par l'étranger depuis près d'un siècle, la Chine ne demandait qu'à secouer le joug. Les Mongols, efféminés par les délices de la paix, n'étaient plus redoutables. Tchou-yuen-tchang, d'abord simple bonze puis chef de voleurs, forma le dessein de reconquérir son pays sur les envahisseurs. Il n'eut point de peine à se créer des partisans, et bientôt, levant l'étendard de la révolte, il s'empara de plusieurs villes dans les provinces du sud, défit les troupes mongoles en bataille rangée, se fit proclamer empereur sous le nom de Houng-ou (grand guerrier), et devint ainsi le fondateur de la nouvelle dynastie des Ming. Il établit le siège de son empire à Nan-king. Après avoir préparé une grande expédition et réuni une armée nombreuse, il marcha sur
Péking dont il s'empara. Ses descendants gouvernèrent la Chine de 1 368 à 1644. Les généraux de Houng-ou refoulèrent les Mongols au-delà de la Grande muraille,
et de ce pays firent, à leur retour, un désert entre la Mongolie et la Chine. Au nord
de la muraille, tout fut brûlé et détruit, et les Mongols durent se retirer dans les steppes d'où, cent ans auparavant, ils avaient répandu la terreur par le monde entier. Néanmoins, ils ne laissèrent pas que d'inquiéter encore pendant bien des années la nouvelle dynastie, par de fréquents retours offensifs. Sous le second successeur de Houng-ou, la Mongolie devint une province chinoise, et tout ce qu'avaient construit les Yuen fut anéanti par les Ming. La ville de Chang-ton fut détruite ; ses ruines que l'on voit encore aujourd'hui, et celles du palais des empereurs mongols, montrent quelle devait être la grandeur et l'opulence de cette cité. La ville de Karakoroum fut rasée en 1 5 1 9 et, sur son emplacement, on construisit le temple lama tiErdeni-tchao. Les Ming ne voulaient rien laisser qui pût rappeler le souvenir de cette odieuse dynastie mongole ; non seulement les villes, les palais, W>{ les monuments, mais encore les églises de |Ly .lean de Montcorvin, tout disparut, et aujourd'hui il est fort rare de rencontrer une inscription, une stèle, un tombeau datant de l'époque des Yuen.
Houng-ou se servit de tous les hommes de talent qu'il put trouver, pour l'aider dans le gouvernement de ses États. Un des principaux fut Léou-pè-ouen. Cet homme remarquable avait été reçu docteur vers la fin de la dynastie des Yuen, et pour ne point servir les nouveaux maîtres de la Chine, il s'était caché et voulait vivre dans l'obscurité. Houng-ou entendit parler de L'empereur Houng-ou lui, le fit chercher et conduire à la cour, où il le combla de prévenances et se l'attacha.
Léou-pè-ouen fut fidèle à la nouvelle dynastie qu'il servit pendant plusieurs règnes