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une bataille sanglante dans laquelle 3oo.ooo hommes périrent, il s'empara de Nanking et fit mourir dans les supplices plus de 800 personnages de haut rang demeurés fidèles au prince légitime. Maître des deux capitales, Yen-onang se fit proclamer empereur sous le nom de Young-lo ( 1403).
La 7e année de son règne, il quitta ]San-king et transporta sa cour à Péking, laissant son fils, le prince héritier, dans la capitale du sud, avec des tribunaux et une cour semblable à celle du nord où il allait luimême fixer sa résidence. Cet empereur, d'abord absolu et cruel, devint ensuite un bon souverain aimé et estimé de ses sujets. Sa principale gloire est d'avoir reconstruit Péking presque en entier ; l'enceinte, les pagodes, le palais impérial, tous les principaux monuments datent de Young-lo.
Il mourut en 1424.
Un de ses successeurs, Ying-tsoung, fit rebâtir en 1436 les neuf portes de la ville.
Sous ce règne, les Tartares se révoltèrent et l'empereur envoya contre eux une armée de 5oo.ooo hommes, dont il eut la faiblesse de donner le commandement à un eunuque incapable qui fut complètement battu; presque tous les soldats périrent de misère. L'empereur voulant venger cette défaite, se mit lui-même à la tète d'une nouvelle armée ; il perdit la bataille, fut fait prisonnier et emmené en Tartarie. Son frère Kingti tint sa place de 1450 à 1456. Plusieurs empereurs se succédèrent encore, tous
trice Ma.
DYN. DES MING. — YOUNG-LO ( 1403 ). — S. FRANÇOIS-XAVIER ( I 5 49 ) . I}}
dominés par les eunuques, dont la néfaste influence devait perdre cette dynastie, comme elle en avait déjà perdu tant d'autres. Pendant le règne de Che-tsoung{ 1 522-1 566),
les Tartares-orientaux ravagèrent toutes les provinces septentrionales de l'empire ; moins heureux furent les Japonais qui se virent, à la même époque, repoussés par trois fois des côtes du Tche-kiang.
Vers la fin de cette dynastie, les empereurs, toujours sous le coup d'une invasion des Tartares orientaux ou Tartares-mantchoux, entretenaient une armée d'un million d'hommes pour garder la Grande muraille et ses passes. Le règne de Ouan-li ( i5y3- 1620) fut encore assez heureux; il commit cependant une imprudence qui devait lui coûter cher, en refusant sa fille au prince des Tartares qui la lui avait demandée en mariage. Il fut aussi mal inspiré en vexant les marchands de Tartarie qui faisaient le commerce avec les Chinois. En outre, contre toute justice, il avait fait mourir le père du roi des Tartares tombé entre ses mains. Son fils jura de le venger et d'immoler à ses mânes 200.000 chinois. A la tète de 5o.ooo cavaliers, il fondit sur la ville de Léao-yang et s'en empara. C'est là qu'il se fit déclarer empereur sous le nom de Tien-mi ng, l'an i6i5. Les Tartares-mantchoux avaient déjà la ferme volonté de s'emparer de l'empire et s'y préparaient. Nous verrons bientôt comment, aidés par les circonstances, ils parvinrent enfin à leur but.
la fin du XVe siècle, les Portugais et les Hollandais se lancèrent, en doublant le cap de Bonne-Espérance, à la recherche du fameux Katai de Marco-Polo,
et leurs vaisseaux abordèrent sur les rivages de l'Extrême-Orient. Ainsi s'ouvrait par mer une nouvelle voie beaucoup plus facile, au moment où il n'était plus possible de songer à se mettre en route par le nord, à travers les steppes dévastés de la haute Asie. De nombreux ouvriers apostoliques partirent à la suite des navigateurs et des marchands. Un nouvel ordre religieux, célèbre presque en naissant par l'ardeur de son zèle et l'éclat de sa science, venait d'être fondé par saint Ignace de Loyola .
Mort de saint François-Xavier. Gagné à Dieuparlui.
François-Xavier, né dans la Navarre, le 7 avril 1 5o6, quitta la carrière des armes et fut un des cinq compagnons qui firent leurs vœux à Montmartre, en 1 534, avec le fondateur.
DYN. DES MING. S. FRANÇOIS-XAVIER ( I j Ç 2). GASPARD DE LA CROIX (i ) ) )). I } )
Sur les instances de Jean III, roi de Portugal, le pape Jules II choisit des missionnaires pour les Indes. Il donna à saint François-Xavier le titre de nonce, avec les pouvoirs les plus étendus, et ce grand apôtre s'embarqua le 7 mai 1 53 1 . Après avoir visité le tombeau de saint Thomas à iMéliapour, il partit pour le Japon et aborda au port de Cangoxima, le i5 août 1549. Après le Japon, son zèle lui montrait vers l'ouest un autre grand pays, la Chine ; il voulut à tout prix s'y rendre pour y prêcher l'Évangile. Repoussé par les uns. trompé par les autres, ce n'est qu'après d'immenses difficultés que cet homme apostolique parvint à l'île chinoise de San-siang, près de Canton. Cette île, où les Portugais avaient un comptoir pour leur commerce interdit sur le continent, fut le lieu où expira de fatigue saint François- Xavier. Un portugais le trouva un jour étendu par terre, dévoré par les ardeurs d'une fièvre îles de San-siang et de L&mpacao. maligne; il le porta dans sa cabane sur le
bord de la mer, et lui prodigua les soins les plus dévoués. Mais le mal empira, et le 2 décembre [552, le saint rendait sa belle âme à Dieu, en face et en vue de cet Empire chinois où il avait tant désiré porter les lumières de l'Evangile ! Le père Caroccio, jésuite, découvrit plus tard le tombeau du saint ; c'était une pierre de cinq coudées de long sur trois de large. On y avait gravé ces mots en latin, en portugais, en chinois et en japonais : « C'est ici que Xavier, homme vraiment apostolique, a été enseveli. » D'un autre coté, l'ordre de Saint-Dominique travaillait depuis déjà deux siècles à la conversion de l'Asie. Aussi, en môme temps que saint François-Xavier, douze dominicains avaient passé dans les Indes. L'un deux, trois ans seulement après la mort du saint, tenta de pénétrer en Chine et y réussit. Ce dominicain, nommé Gaspard de la Croix, est donc le premier missionnaire entré en Chine par la voie du sud. Les commencements de sa prédication furent heureux, comme il le raconte dans la relation qu'il a laissée de son voyage et de ses missions. Les indigènes, touchés par ses exhortations et ses exemples, détruisirent eux-mêmes leurs pagodes et se firent baptiser ; mais les mandarins, effrayés de l'ascendant que prenait cet étranger, le firent arrêter et chasser de l'empire. Il passa dans le royaume d'Ormuz, puis retourna dans sa patrie, où il mourut en soignant les pestiférés de Lisbonne.
Un autre missionnaire, Martin de Rada, augustinien espagnol, entra également en (mine en i5y5, par le Fou-kien. Il y séjourna trois années entières et fut ensuite saisi par les mandarins, jeté en prison, battu de verges et enfin chassé du territoire chinois.
LES Portugais étant parvenus à s'établir sur la côte de Chine, construisirent la ville de Macao (en chinois Ngao-men). Les religieux de différents ordres, entre autres les Jésuites, vinrent s'y fixer pour administrer la chrétienté européenne et tenter l'évangélisation de la Chine. Le P. Valignan, visiteur des Indes, nomma d'abord à cet effet le P. Michel Roggier de Naples, arrivé en 1579, et qui avait déjà étudié la langue chinoise. Ce Père ouvrit un catéchuménat à Canton, et le visiteur ayant appris ce premier succès, lui adjoignit Mathieu Ricci, jésuite italien, né à Macerata, près d'Ancône, en 1 552.
Nous ne suivrons pas le célèbre Père dans ses missions du sud ; du reste, depuis son entrée en Chine, il n'avait qu'un but : se présenter à la cour, avoir accès dans le palais impérial, et s'établir à Péking même. Il était persuadé, avec raison, que s'il parvenait à se faire accepter dans la capitale
et à y établir une résidence, L'empereur Ouan-u.
il ne serait pas difficile aux missionnaires de pénétrer partout ailleurs dans l'empire. Pour y arriver, il se livra d'abord avec ardeur à l'étude de la langue, puis il eut soin de se préparer des amis auprès de quelques mandarins en charge à la cour.
Vers le commencement de l'année i5q9, accompagné du P. Cattaneo et de deux
DVN. DES MING. OUAN-LI. MA-TANG. LE P. RICCI (l6oo). \)J
frères coadjuteurs indigènes, récemment arrivés de Macao, le P. Ricci partit de Nanking à la suite d'un mandarin ami qui se rendait à Pékîng, où il arriva après un mois de voyage par eau. Ce mandarin lui fit faire la connaissance d'un eunuque du palais ; mais celui-ci, voyant qu'il n'y avait pas grand chose à gagner avec les Pères et que, l'empire étant en guerre avec le Japon, tout étranger devenait suspect, refusa de les
présenter. Le P. Ricci, après des efforts persévérants, jugea les difficultés insurmontables, et résolut de retourner à Nan-king. A cause de la saison d'hiver, les Pères n'y arrivèrent qu'au printemps suivant. Ce premier échec ne découragea pas le P. Ricci ; il envoya le P. Cattaneo à Macao, et reçut bientôt par son entremise de beaux et riches objets destinés à l'empereur : des pendules, des montres, une grande horloge, un clavicorde et autres curiosités. Les Japonais ayant été vaincus et la paix rétablie, le P. Ricci partit de nouveau le 6 mai 1600, avec le P. Pantoja, sur la jonque d'un eunuque de sa connaissance. Dans le Chan-ioung, le vice-roi de cette province, dont le fils avait connu les Pères à Nan-king, les reçut avec bienveillance, mais arrivés à Ling-tingkeou , l'eunuque Ma-t'ang, préposé aux douanes, leur suscita les plus grandes difficultés ; il ne put cependant se dispenser d'avertir l'empereur de leur venue. Cet eunuque voulait accaparer à son profit les présents apportés par les Pères, ou au moins se charger de les offrir luimême à l'empereur. Il entra à main armée sur la jonque L'eunuque Ma-fang. (ju P. Ricci, bouleversa tout, prit ce qui lui convenait, vomit d'horribles blasphèmes contre le crucifix et les images, puis fit mettre en prison les missionnaires. Ce méchant homme les accusait de vouloir faire mourir l'empereur par leurs maléfices et la position devint si dangereuse, que leurs amis eux-mêmes conseillaient le retour. Les Pères demeurèrent fermes et envoyèrent à Péking un des frères chinois, Sébastien Fernandez, porteur de lettres pour leurs amis; mais personne ne voulut le recevoir. Depuis six mois en prison, abandonnés de tous, n'attendant plus rien que de Dieu, ils furent agréablement surpris d'apprendre l'arrivée d'un ordre impérial qui les appelait à Péking. L'empereur Ouan-li, se souvenant du Mémoire que l'eunuque Ma-t'ang lui avait adressé, ordonnait d'expédier de suite ces étrangers et leurs présents. 11 fallut s'exécuter ; on donna au P. Ricci
huit chevaux et trente porteurs renouvelés chaque jour, et pendant tout le voyage il fut fort bien traité. Le 4e jour de janvier 1601, il entrait à Péking avec son escorte, et était reçu par un eunuque qui lui prêta son palais. Dès le lendemain, les eunuques portèrent les présents à l'empereur, qui en fut ravi ; on n'avait jamais vu pareilles choses en Chine. Les Pères durent venir dans la seconde enceinte du palais, pour mettre en marche les pendules et indiquer aux eunuques la manière de les remonter ; quant à la grande horloge, le ministère des travaux publics reçut l'ordre de construire dans un des jardins du palais, une tour en bois très haute et très élégante pour la placer. Elle coûta i3oo onces d'or. Le P. Pantoja apprit aux jeunes eunuques la manière de jouer du clavicorde, sur lequel ils exécutèrent bientôt une cantilène chinoise.
Mais, sans le vouloir et sans le savoir, les Pères avaient fait une grande faute en laissant offrir leurs présents par les eunuques ; cette cérémonie revenait de droit au tribunal des rites. Aussi, le président de ce tribunal, très irrité, fit arrêter les Pères, les retint trois jours en prison et les fit passer en jugement. Le P. Ricci n'eut point de peine à démontrer son innocence ; cependant on parlait en- Le P. Mathieu. Ricci. core de renvoyer ces étrangers, lorsque
les eunuques s'y opposèrent : ils craignaient de ne plus pouvoir faire marcher les horloges après leur départ. Le P. Ricci présenta le 28 janvier 1601 à l'empereur