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VUE GÉNÉRALE DE LA VILLE DE TIEN-TSIN ; ÉGLISE BRÛLÉE EN

DYN. DES MING. ATTAQUE DES TARTARES ( 1619). MA-OUEN-I.OUNG. I4f

mots T'ien ou Chang-ii pour désigner le vrai Dieu. Cette mesure n'empêcha nullement, tant que le P. Longobardi fut Supérieur, qu'on ne vit se produire des conversions nombreuses et éclatantes.

En 1618, Onan-li, jusque-là tolérant pour la religion chrétienne, publia un édit qui ordonnait à tous les missionnaires de sortir de l'empire, et défendait à tout chinois de se faire chrétien. Le P. Longobardi vint alors à Péking pour essayer de présenter un placet à l'empereur, mais ce fut inutile. Tous les Jésuites de Péking, même le P. Pantoja, durent se retirer en laissant la garde de Cha-la-eul (cimetière du P. Ricci) à deux frères de la Compagnie qui, étant chinois, ne tombaient pas sous l'édit de proscription ; l'église et la résidence furent fermées.

OUS avons vu plus haut que Tien-ming, roi des Tartares-mantchoux, s'était fait déclarer empereur l'an 161 5 ; en 16 19, ses troupes arrivèrent jusqu'aux portes de Péking, mais n'osèrent donner l'assaut. L'année suivante, Ouan-li mourut assez à temps pour ne point voir sombrer sa dynastie ; son fils Taè-chan lui succéda pour quatre mois seulement et fut remplacé par Tien-ki. L'empereur, se voyant en danger de perdre sa couronne, songeait à prendre tous les moyens possibles pour lutter contre l'invasion. Les docteurs chrétiens Paul et Michel qui étaient à Péking, en profitèrent pour représenter au souverain que les portugais de Macao étaient d'excellents soldats, que les Pères Jésuites étaient des savants de premier ordre; les Le général Ma-ouen-ioung. uns et les autres pourraient contribuer puissamment

au salut de l'empire. C'est ainsi qu'un nouvel édit impérial rappela les missionnaires à Péking; 408 soldats partirent de Macao sous la conduite des capitaines Pierre Cordieret Rodrigue^ del Capo ; mais rencontrant trop de difficultés, ils s'en retournèrent après quelques semaines de marche. Au contraire, les PP. Longobardi et Diaz

arrivèrent à Péking et furent bien reçus. Ils n'approuvaient pas le moyen employé, « étant ignorants, disaient-ils, aux choses de la guerre, des armes et de l'art militaire » ; mais le docteur Léon leva leurs scrupules en disant : « Mes Pères, ne vous fâchez pas, s'il vous plaît, si l'on vous propose pour des guerriers ; vous vous servirez de ce titre comme le couturier de son aiguille, qui ne lui sert qu'à passer son fil, et quand

l'étoffe est cousue et l'habit achevé, il la quitte, n'en ayant plus besoin...» ( sémédo, p. 35o. ) Le fait est que les Pères, après avoir été présentés au ministre de la Guerre, rentrèrent dans leur résidence, réparée par le Dr Ignace, « sans que jamais depuis on leur ait ouvert la bouche, ny d'armes, ny de guerres, ny de Tartares. » ( p. 35 1 . )

Cependant les Mantchoux avaient enfin rencontré un général capable de leur résister ; il se nommait Ma-ouen-loung. Dans la presqu'île du Léao-toung, en Corée et sur le fleuve Ya-lou, toujours il leur tenait tête, et demeurait incorruptible aux plus belles promesses ; Péking n'eut rien à craindre pour un temps. Tien-ki, l'empereur de la Chine, mourut en 1627 et fut remplacé par Tch'oung-tchen son frère. Tien-ming, l'empereur tartare, mourut aussi la même année, laissant le trône à Tien-tsoung son fils. .

En 1627, mourut le P. Trigault. Né à Douai,

Le P. Trigault. jj étajt venu en Qfrme av£c je p pj^ peu apres

le P. Ricci, et s'était dévoué aux travaux de l'évangélisation jusqu'à l'année 1620. C'est alors que, le premier, il retourna de la Chine à Rome prendre soin des intérêts de la mission en qualité de procureur. Il y publia un abrégé de l'Histoire chinoise, et plusieurs autres ouvrages. Déjà en 1616, son « Expeditio Christiana» contenant toute la vie du P. Ricci, avait été imprimée à Lyon. Dans la question des Rites, son opinion était celle du P. Longobardi qui ne les autorisait pas ; il regardait Confucius comme une des divinités adorées par les Chinois.

Vers cette époque, le fidèle général Ma-ouen-loung fut empoisonné par le général Yuen, vendu aux Tartares, Tch'oung-tchen manda ce traître à la cour: il y arriva sans défiance et fut mis à mort. Cette condamnation intimida les Tartares, qui retournèrent pour quelque temps dans leur pays.

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