‹ PékingChapitre 66 sur 224 · MORT DE CHOUN-TCHE · texte numérisé non relu

MORT DE CHOUN-TCHE

HOUN-TCHE , premier empereur de la dynastie des Ts'ing actuellement régnante, monta sur le trône en 1643. Après son avènement, les Chinois vaincus reçurent l'ordre de sortir de l'enceinte des murailles et d'abandonner la ville impériale aux Tartares. Adam Schall, pendant l'effroyable révolution dont Péking venait d'être le théâtre, avait pu sauver et sa petite résidence et ses instruments d'astronomie. Il fit valoir auprès du nouveau gouvernement, le titre de président du tribunal des mathématiques que les Ming lui avaient conféré, et obtint la permission de rester dans la ville. Un décret impérial du mois de février 1645, le confirma dans ses attributions. La résidence de la ville et celle du cimetière où était enterré le P. Ricci, furent conservées.

Les Tartares imposèrent aux Chinois l'obligation de se raser le contour de la tète et de s'habiller comme eux ; il fut ainsi facile de distinguer ceux qui acceptaient la nouvelle dynastie et ceux qui refusaient de la reconnaître. Aujourd'hui encore, garder

les cheveux longs et non tressés, est un signe de rébellion ouverte contre l'empereur. Cette condition peu dure en apparence, coûta beaucoup aux Chinois, toujours si tenaces

dans leurs coutumes, et

plusieurs, plutôt que de se soumettre préférèrent la mort.

Le premier ministre, A-ma-ouang, voulut avant tout assurer la tranquillité de l'empire. Les descendants des Ming étaient encore puissants dans le sud de la Chine, et plusieurs d'entre eux - — se firent proclamer empe- C reurs dans diverses provinces. Leur division fit leur faiblesse, et après quinze années de lutte, p? les troupes tartares fini- >* rent par être victorieuses £< dans tout le midi de l'empire. Les villes qui se rendaient sans comjSg bat, étaient traitées avec M, la plus grande humanité; mais celles qui oppo- / saient de la résistance, /oyaient tous leurs habitants passés au fil de l'épée sans distinction d'âire ni de sexe. Les ar-

L'empereur Choun-tcke.

mées tartares, chargées de butin, revenaient vers Péking après chaque grande expédition, et étaient remplacées par de nouvelles troupes ardentes au pillage.

Aux prétendants qui luttaient contre les Ts'ing, se joignit un fameux chef de pirates nommé Tchenche-loung, qui tenait la mer depuis longtemps avec une flotte de plus de

DYN. DES TS ING

CHOUN-TCHE

Page 1