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LEQUEL FUT BATI ET DÉDIÉ, EN LAN MDCL, DE CHOUX-TCHE LA VII* ANNÉE

a Le P. Jean Adam Schall, allemand, religieux profès de la Compagnie de Jésus, et l'auteur dudit calendrier, lègue cette maison à ses successeurs; laquelle il a fait bâtir avec grande peine et travail. » ( kircher. )

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Arc de triomphe élevé devant l'église du Nan-t' ang. (près de la porte Choun-tcke-men ).

En face de ce monument s'élevait un grand portique ou arc de triomphe en marbre blanc, avec cette inscription : Cet arc de triomphe a été élevé en signe de reconnaissance, et dédié à Dieu et à la sainte Vierge, en l'an de grâce 16S2. Sur le fronton extérieur on voyait quatre caractères gravés et dorés, donnés par l'empereur. Les dimanches et fêtes, on se rendait en foule dans cette église, même des villages voisins ; des catéchistes étaient préposés pour recevoir les visiteurs et instruire les catéchumènes. Son érection et la faveur impériale portèrent à un haut degré le prestige des missionnaires.

On peut voir en dedans de la porte Choun-tche-men l'ancienne église plusieurs fois

DYN. DES Ts'lNG. CONSTRUCTION DE L ÉGLISE DU NAN-TANG (l6$o). l6}

reconstruite, et les pavillons jaunes recouvrant les stèles sur lesquelles sont sculptes les décrets impériaux ; elles sont religieusement conservées. Du temps des persécutions, on avait fermé cette église et détruit les bâtiments ; la toiture était effondrée, les stèles à terre et sans pavillons. Ces ruines ont été relevées en 1861.

A-maouattg mourut en 1 65 1 , laissant l'empire pacifié. C'est à lui que la dynastie des Ts'ing doit son élévation. Il eut, paraîtil, vers la fin de sa vie un moment d'ambition, et songea même à supplanter son neveu sur le trône de Chine. Le jeune empereur, après avoir pris les rênes du gouvernement, ayant eu connaissance des vues ambitieuses de son oncle qu'on lui représenta comme un traître, oublia tout ce qu'A-ma-ouang avait fait pour lui ; il fit déterrer son cadavre auquel on coupa la tête, et raser son tombeau !

Peu après, l'empereur procéda aux cérémonies de son mariage qui furent magnifiques ; parmi les nombreux Ça- L'impératrice fille du roi des Tartares-orientaux.

deaux que le prince des Tartares-occidentaux envoyait à Choun-tche, le P. Martini rapporte qu'il y avait 80.000 chevaux !

L'empereur, pour honorer le P. Schall d'une manière spéciale, donna un édit, par lequel il le nommait Ta-chan-sse, avec le titre de Toung-houi-taè-fou, c'est-à-dire «homme sage et prudent». De plus, il voulut anoblir ses ancêtres, ce qui est une faveur tout à fait exceptionnelle, et rendit deux nouveaux décrets: l'un en l'honneur de son père, Henri Schall, l'autre en l'honneur de sa mère, Marie Schaiffart de Mérode. Il donnait au premier le titre d'« homme d'une piété remarquable » ; à la seconde, celui de « femme d'une grande sainteté ». Ces trois décrets sont datés de la 8' année

de Choun-lche ( 1 65 1 ). Enfin, un peu plus tard, l'empereur conféra des honneurs à tous les ancêtres de Jean Adam Schall, jusqu'à son trisaïeul.

La position de grand mandarin, occupée par le P. Adam Schall, donnait beaucoup d'ombrage et excitait la jalousie de ceux qui auraient pu l'occuper à sa place. Il nommait lui-même les soixante-dix membres du tribunal dont il était président ; il ne sortait jamais qu'avec une nombreuse escorte de satellites et de serviteurs ; il était astreint à de continuelles visites officielles qui contrastaient si fort avec sa condition de religieux, que lui-même s'en plaignit un jour à l'empereur.

Choitn-tche conçut beaucoup d'affection pour T'ang Jo-ouang ( nom chinois de Jean Adam Schall), et écouta souvent ses conseils. Ce missionnaire avait à lutter contre l'influence prépondérante des bonzes protégés par la reine-mère. Malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à détourner l'empereur des plus folles superstitions ; cependant Choun-tche lui donnait souvent le nom familier de Maffa, et lui permettait l'entrée journalière du palais ; il alla même plusieurs fois lui rendre visite dans sa résidence. Le P. Adam Schall eut un instant l'espoir de convertir le souverain, mais tout fut inutile; et un jour, pressé plus que de coutume, Choun-tche répondit: «Maffa, je ne te comprends pas ! comment, toi qui es religieux, peux-tu me reprocher ce que

Choun-tche et les bonzes se rendant aux pagodes.

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