DIE XII DECEMBRIS
ANNO MDCCXLVI
£TATIS SV£ LXXVII
Stèle de M. Pedrini.
Nous avons vu que M. Mathieu Ripa, envoyé par la Propagande, arriva en même temps que M. Pedrini. Il était estimé de l'empereur, auquel il rendait de grands services comme dessinateur et graveur ; ses œuvres n'étaient pas sans mérite.
PÉKINCÎ.
M. Ripa fut pour M. Pedrini, un ami et un consolateur qui partagea souvent ses souffrances ; il retourna plus tard en Europe où il fonda, puis dirigea le collège de la Sainte-Famille à Naples. C'est là qu'il mourut en odeur de sainteté.
Le 29 novembre 1720, une ambassade russe arriva à Péking. L'ambassadeur avec
une suite de cent personnes, fit son entrée solennelle dans la capitale puis au palais,
cimetière DE la propagande (Sl-TANGi. où il remit à l'empereur les lettres
du czar Pierre, écrites en russe, en latin et en mongol ; cet ambassadeur se nommait Léon Ismaïlof.
On s'entendit assez difficilement sur le cérémonial à suivre ; mais enfin le représentant du czar ne fut point astreint aux prostrations d'usage. — C'est depuis cette époque, qu'une mission russe est installée à Péking, dans l'angle extrême nord-est de la ville ; on la nomme le Pé-kouan.
La famille impériale tartare a beaucoup de ramification, et tous ceux qui de près ou de loin lui appartiennent, jouissent de titres et de privilèges spéciaux. Aux plus proches parents on donnait, sous K'ang-si, le nom de Regolo, et parmi eux, les Sourniama se faisaient remarquer par les services rendus à la dynastie. Kn 1721, deux des fils du vieux prince Sourniama : le prince Paul et le prince Jean, se convertirent ; on verra ce qu'il en advint sous le règne suivant.
Les Jésuites achetaient le droit de sauver les âmes par les plus grands services. Ainsi, le P. Dominique Parennin, né en i665, au Russey, près Pontarlier, et arrivé en 1698 en Chine, ayant fait observer à K'ang-si qu'on se trompait sur la position géographique de quelques villes de l'empire, ce prince ordonna de faire des cartes nouvelles de toutes les provinces. Dès le mois de mai suivant, les PP. Régis, Jartoux et Fridelli allèrent lever celle du pays des Mantchous, puis celle du Pé-tche-li ; ce travail les occupa pendant l'année 17 10. L'année suivante, les PP. Régis et Cardoso furent chargés de la carte du Chan-toung. Plus tard, les PP. Régis, Moyria, de Maillac et