Prêtre indigène
I I . id. id.
13, i3. 14 et i5. Sans
épitaphe.
[6. l'aul Ly (prêtre
chinois) i8ri5.
1. - LA GRANDE PAGODE DE OUAN-CHO-CHAN (vue de face) 2 — LA GRANDE PAGODE DE OUAN-CHO-CHAN (vue de coté)
DYN
DES Ts'lNG. MORT DE k'aNG-SI (1722).
Henderer, levèrent celles du Ho-nan, du Kiang-nan, du Tche-kiang, du Fon-kien ; et, après la mort du P. Bonjour, survenue en 171 5, le P. Régis fut encore envoyé dans le Yun-nan, dont il acheva la carte. Quand elle fut terminée, il se joignit de nouveau au P. Fridelli, avec qui il dressa les cartes des provinces du Kouei-tcheou et du Hou-kouang. Tous ces travaux sont de la plus haute valeur.
L'empereur K'ang-si, âgé de 70 ans, semblait devoir encore fournir une longue carrière, quand au retour d'une chasse, il fut pris de frissons et mourut le 20 décembre 1722. Par son testament il désignait son quatrième fils, Young-tcheng, pour lui succéder. Ainsi finit l'empereur K'ang-si, dont le règne fut un des plus glorieux de la dynastie actuelle.
Il aimait les sciences et avait réuni une fort belle bibliothèque ; c'est à lui que l'on doit le grand dictionnaire appelé « K'ang-si tseu-tien », rédigé par trente lettrés de Ier ordre, et qui contient environ 40.000 caractères. La préface est de la main même de l'empereur. Cet ouvrage parut pour la 1èr" fois en 1716. Portrait de K'ang-si.
K'ang-si aimait aussi les arts, et pour cette raison il protégea les missionnaires qui étaient à Péking ; comme nous l'avons vu, cette protection ne suffisait pas toujours pour assurer la paix religieuse dans les provinces. — Malgré les efforts des Jésuites et des autres missionnaires employés par l'empereur, il ne fut point possible de le convertir : on espérait en faire un Constantin, mais il resta jusqu'à son dernier soupir dans les erreurs du paganisme.
ERS l'âge de 40 ans, Youngtcheng (Concorde perpétuelle) monta sur le trône.
C'était un prince sérieux et travailleur, mais qui n'aimait ni les missionnaires ni les chrétiens ; aussi une persécution violente ne tarda pas à éclater au début même de son règne.
Le Tsoung-tou ou gouverneur du Fou-kien, présenta le 7 septembre 1723 une requête à l'empereur dans laquelle, il lui rendait compte des raisons importantes qu'il avait eues de proscrire la religion chrétienne dans toute l'étendue de son gouvernement. Il le suppliait ensuite pour le repos de l'empire et le bien des peuples, d'ordonner que les missionnaires fussent renvoyés des provinces, conduits à la cour ou à Macao, et que leurs temples fussent employés à d'autres usages.
Ce placet fut remis au tribunal des rites, pour déterminer ce qu'il y avait à faire. La sentence de ce tribunal fut de
DYN. DES Ts'lNG. YOUNG-TCHENG. LES SOURNIAMA (1724.) 2O3
conserver à la cour les Européens qui y étaient, et d'y faire venir ceux des provinces qui pouvaient y être utiles ; mais pour les autres, de les conduire à Macao, de changer les temples en maisons d'utilité publique, et d'interdire rigoureusement leur religion. Cette délibération du tribunal des rites fut approuvée par l'empereur, le 1 1 janvier 1724; il ajouta que les vice-rois des provinces désigneraient un mandarin pour conduire les missionnaires à la cour ou à Macao, afin de les garantir de toute insulte. K'ang-si avait permis aux missionnaires qui s'engageaient à observer les rites et avaient reçu une patente appelée piao, de rester en Chine. Cette fois, ceux-là même ne furent point exemptés. D'un bout de la Chine à l'autre, les églises et oratoires furent convertis en magasins ou en écoles, par ordre impérial ( 1724). Dans la province de Péking, les églises de Ouen-tigan-sien, Kou-pé-k'eou, Suen-hoa-fou furent changées en greniers publics, et tous les tableaux qui les ornaient furent livrés aux flammes ; l'église du Pé-t'ang, confisquée, devint un hôpital pour les pestiférés. Les missionnaires s'adressèrent à un frère de l'empereur, qu'ils croyaient leur
protecteur, pour obtenir la révocation de l'arrêt ; ce fut inutilement. Ils rédigèrent alors un placet pour l'empereur, qui leur permit de se présenter et leur dit ces dures paroles: « Si j'envoyais des troupes de bonzes ou de lamas dans votre pays pour y prêcher leurs lois, comment les recevriez-vous ? Vous voulez que tous les Chinois se fassent chrétiens, votre loi le demande, je le sais bien, mais en ce cas que deviendrions-nous ? les sujets de vos rois ! Les chrétiens que vous faites ne reconnaissent que vous ; dans un temps de trouble, ils n'écouteraient point d'autre voix que la vôtre. Je vous permets de demeurer ici et à Canton, tant que vous ne donnerez aucun sujet de plainte ; car s'il y en a dans la suite, je ne vous laisserai ni ici, ni à Canton: je ne veux point de vous dans les provinces. Il ne manquera Le prince Paul. rien à la Chine quand vous n'y serez plus.»
Le P. Parennin rapporte que les missionnaires furent longtemps sans oser sortir, excepté pour aller au palais ; et que les jésuites chinois Lo et Tchen administraient seuls les sacrements aux moribonds.
C'est à cette époque que toute la famille princière des Sourmia (ou mieux Sourniama) fut exilée. La plupart de ses membres étaient redevables de leur conversion
au P. Joseph Suarez, jésuite portugais, qui leur avait conféré le baptême, et qui dirigeait leur conscience.
Quelques jours après l'audience accordée par l'empereur aux missionnaires, le chef de la famille Sourniama, qui n'était pas converti, reçut l'ordre de se rendre au palais. Dès qu'il parut dans le vestibule, le président du tribunal des princes fit mettre à genoux ce vieillard de soixante-dix-sept ans et lui lut, par ordre de l'empereur, une longue liste de fautes commises par lui et par ses ancêtres. Pour le punir, on lui annonça qu'on le destituait de sa dignité, qu'on le privait de ses appointements, et qu'on le condamnait à partir dans dix jours avec toute sa famille, ses femmes, ses enfants et ses petits-fils, pour You-ouée, en tartare Fourdane, ville de 5o.ooo habitants, ayant 40.000 hommes de garnison, et située à quatre-vingt-dix lieues à l'ouest de Péking, au delà de la Grande-muraille.
Le Prince Joseph 12e fils de Sourniama, parent de l'empereur Young-tcheng.
Par ordre impérial, trois fois exilé en haine de la foi chrétienne, chargé de g chaînes, affaibli par la faim, l'emprisonnement et les privations ; il mourut à Péking le 14 août 1727 à l'âge de 33 ans. Son cadavre fut brûlé, ses os brisés à coups de marteau furent enfouis dans un marais, ( Voir ci-contre la gravure tirée du livre Neuen welt bott, t. m. )
Aussitôt que le vieux Sourniama fut de retour chez lui ; espérant regagner la faveur impériale, il envoya chercher ses fils et ses officiers, fit apporter des chaînes, et, d'un signe de la main, il ordonna d'en charger le prince Jean et le prince Paul. Sourniama retourna ensuite au palais pour y rendre compte de ce qu'il venait de faire. Le président du tribunal des princes refusa d'avertir l'empereur et dit : « Tout est fini ; vous êtes instruit de la sentence qui a été portée ; il ne vous reste plus d'autre parti à prendre que celui d'obéir...» Le malheureux prince partit pour se rendre au lieu de son exil, avec ses enfants, ses petits-fils ses arrière-petits-fils, au nombre de trentesept ; les princesses, femmes et filles, qui égalaient à peu près ce même nombre; et plus de 3oo serviteurs. On ne leur permit pas de séjourner à Fourdane, mais on les relégua en plein désert, sur une petite colline où se trouvaient de misérables cabanes. Cet endroit s'appelait Sin-pou-tse. Toute communication avec l'extérieur leur fut interdite. Le vieux Sourniama ne survécut pas longtemps à sa disgrâce ; accablé d'années, d'ennuis et de misère, il mourut le 2 janvier 1725, en protestant de son innocence.
La mort de Sourniama n'apaisa pas la haine que 1 oung-tcheng avait conçue contre toute la famille de ce malheureux tartare. Des mandarins, envoyés exprès de la cour, firent venir les princes à Fourdane ; et, les ayant fait mettre à genoux, ils leur signi-