‹ PékingChapitre 87 sur 224 · VUE DE LA JONQUE EN MARBRE BLANC (palais D'été · texte numérisé non relu

VUE DE LA JONQUE EN MARBRE BLANC (palais D'été

DYN. DES Ts'lNG. LES LAZARISTES (lj8}).

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Plateau en argent donné par Louis XVI. ( pé-t'ang.

gation de la Propagande du 17 décembre 1783, par lequel M. Nicolas-Joseph Raux, prêtre de la Congrégation de la Mission, est approuvé comme supérieur des susdites missions de la Chine. Ces divers décrets ont été acceptés par tous selon leur forme

et teneur.

« En foi de quoi, nous avons donné ces lettres testimoniales, signées de notre main, ainsi que de celle de notre secrétaire et de tous ces missionnaires susdits, et munies de notre sceau, « A Péking, au palais épiscopal, les jours et an que dessus. Signé: F. Alexandre, évêque de Péking ; J. Marie Amyot ; J. Mathieu Ventavon ; François Bourgeois; Louis de Poirot. missionnaire apost. ; Joseph Panzi ; Rodrigue de la Mère de Dieu, secrétaire. »

Les Pères Jésuites étaient restés dans cette maison du Pé-t'ang 93 ans, de 1692 à 1785.

Dès les commencements, une entente cordiale s'établit entre les anciens missionnaires et leurs successeurs. Voici le

Cîlice donné par Louis XVI.

1 pé-t'ang. 1 témoignage touchant que le P. Bourgeois se plut à rendre aux

Lazaristes qui venaient prendre leur place au nom du Pape et du roi de France : « On a donné notre mission à ces MM. de Saint-Lazare... Ce sont de braves gens; ils peuvent être assurés que je ferai tout mon possible pour les aider et les mettre en bon train.» Après l'arrivée des Lazaristes, il ajoute: «MM. les missionnaires, nos successeurs, sont des gens de mérite, pleins de vertus et de talents, de zèle et de bonne société. Nous vivons en frères ; on ne sait pas si ce sont eux qui vivent en Jésuites, ou nous en Lazaristes. »

Il y avait alors à Péking quatre églises: i° le Pé-t'ang, dont nous avons donné la description, et qui était situé dans la ville impériale, près de la porte Si-hoa-men. 2° le yan-t'ang, jadis résidence du P. Ricci, puis des Jésuites non français; située dans la ville tartare, près de la porte Choun-tche-men (cette église venait d'être reconstruite 1. 3° le Toung-t'ang, occupé par les Jésuites portugais ; belle église de style ionique, mais, comme le Pé-t'ang, fort petite : elle n'avait que 70 pieds de long. 40 enfin, le Si-t'ang, donné avec la résidence par M. Pedrini lazariste, pour l'usage des missionnaires envoyés par la Propagande.

M. Raux, aussitôt installé, s'appliqua avec ardeur à l'étude des langues chinoise et mantchoue, dans lesquelles il ne tarda pas à faire de si rapides progrès, qu'il composa une Grammaire et un Dictionnaire en tartare. et remplaça M. Amyot comme interprète. Il fut présenté à la cour par le P. Bourgeois, qui écrivit peu après à ses

DYN. DES TS'lNG. LES LAZARISTES (1784). 227

confrères : « Ses talents ne tardèrent pas à lui donner la réputation d'un homme du premier mérite. » Son tact et sa prudence, son caractère facile et bienveillant, ses qualités extérieures, sa haute taille, ses manières nobles, en imposaient aux gens du peuple et ne plaisaient pas moins aux princes et aux dignitaires de l'empire. Il fut d'abord nommé assesseur, puis, quatre ans plus tard, président du tribunal d'astronomie, après le P. Espinha mort en 1788. C'était le premier français élevé à cette dignité. M. Raux se servit de son influence à la cour, et de ses bonnes relations avec les mandarins, pour venir en aide aux missionnaires des provinces détenus dans les prisons de Péking. Il écrivit sur ce sujet à M. Jacquier, la lettre suivante: >£ûjfl^

« La prise des quatre m'ssionnaires dans le Hou-kouang, arrivée l'an 1784, a entraîné la prise de tous les missionnaires du Chen-si, Chaii-tounget des quatre du Sse-tch'ouan. Les prêtres chinois ont été condamnés à un exil perpétuel dans la Tartarie. Les missionnaires européens ont été conduits dans les prisons de cette capitale, au nombre de dixhuit, y compris M. de Torre et deux franciscains du Kiang-si. De ce nombre, il en est mort six dans les chaînes : deux évê- /c^iL, ques, le nouveau et l'ancien vicaire apostolique du Chen-si, M. de Torre, procureur de la Propagande à Canton, [e ciboire donné par Louis XVI. P. Atho, franciscain italien, et deux français, MM. Devaut

et Delpont, des Missions-Etrangères. Nous avons pourvu à leur subsistance le plus tôt qu'il nous a été possible, et l'on n'a épargné aucune dépense pour cela.

« Lorsque l'empereur revint de Tartarie, nous allâmes à sa rencontre ; il nous reçut avec un air de bonté qui nous donna des espérances. Elles ne furent pas vaines ; car le 10 de ce mois (novembre 1785), les douze missionnaires qui restaient au Singpoa furent délivrés par un édit de l'empereur, qui leur permet de demeurer dans les églises de Péking, ou de s'en retourner.

« L'édit étant publié, M. de Ventavon, trois prêtres portugais et italiens avec moi, nous courûmes aux prisons pour recevoir nos douze illustres confesseurs. Des prisons nous allâmes tous ensemble à la cathédrale, pour rendre au Roi du ciel mille actions de grâces de la preuve si touchante de sa protection, qu'il venait de donner en faveur des églises de l'empire de Chine. Ensuite, nous avons conduit dans notre maison française Mgr de Saint-Martin et M. du Fresse, des Missions-Étrangères ; de plus un franciscain espagnol qui a le plus souffert durant la persécution. Nous n'épargnons rien pour bien traiter des hôtes si illustres, si respectables et si saints, qui nous

PliKING.

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STEPHANUS DEVAUT

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