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PORTE DE LA RESIDENCE DE SUEN-HOA-FOU

Vers la mi-mai 1870, des bruits alarmants commencèrent à circuler : des enfants avaient disparu, volés, disait-on, par des gens à la solde des missionnaires ; les Sœurs en avaient tué pour préparer avec leur cœur et leurs yeux des charmes et des remèdes européens !... Le 4 juin, une bande de fanatiques, excitée par ces rumeurs malignement répandues parmi le peuple, voulut voir si véritablement on arrachait les yeux des enfants ; elle se rendit au cimetière situé sur les bords du Pè-ho, et déterra une douzaine de petits cercueils. Ces petits squelettes, depuis lonotemps enterrés, n'avaient plus que les os et quelques cheveux ; on en conclut que les Sœurs leur avaient enlevé les yeux ! A côté de ces cercueils se trouvait la tombe du capitaine Joly, recouverte d'une pierre portant son nom et d'une croix : elle fut brisée !

PEKING

Les violations de sépultures sont toujours fort graves en Chine ; à ce moment, étant donnés les bruits qui se propageaient, celle-ci était plus sérieuse encore; cependant on ne put obtenir réparation, et les violateurs restèrent impunis. Aussi dans la quinzaine qui suivit, des attroupements se formèrent, des insultes partielles furent infligées aux Européens, et des bruits sinistres, des menaces de mort se firent entendre dans la ville. Les chrétiens avertirent M. Chevrier, directeur de la mission, qui lui-même en informa M. Fontanier, consul de France. La paix parfaite qui régnait depuis huit ans, le respect que la population avait toujours témoigné pour les missionnaires et les Sœurs, sembla au consul un motif raisonnable de ne pas trop s'effrayer ; qui eût jamais pu soupçonner ce qui allait arriver !

Le 20 juin, une troupe malveillante se rassembla sur le quai de la mission et du consulat ; plusieurs individus lancèrent des pierres et des briques contre ces résidences; la nuit seule les dispersa.

Mais le lendemain 2 1, dès 9 heures du matin, on entendit résonner le gong,çX. des attroupementsplus nombreux se formèrent ; à la foule évidemment hostiie se mêlaient des soldats, des gardes nationaux, des compagnies

I. I.gl i-ie de N.-D. des Victoires. — 2. Consulat de France. — 3. Résidence des mission- entières de DOlTi- 11 ■m I- Yamen du vice -mi. — 5. Établissement des sœurs. — 6. Pont de bateaux. — . r>- » J

7. Cimetière des enfants. — A A' Canal impérial. — P P' 1" Meuve Pc ho. piers. rJientOt des

projectiles de tout genre volent contre les fenêtres ; un envahissement paraît inévitable. Arrivent en ce moment le préfet et le sous-préfet de Tien-tsin, pour faire, disent-ils, une enquête dans le but de calmer la population. Reçus poliment par M. Chevrier, conduits partout, ils examinent, interrogent les domestiques, avouent ne rien trouver de compromettant et prennent congé. Ces deux mandarins devaient rassurer la populace, la faire écouler lentement.. ; au lieu de prononcer un mot, un seul mot qui eût évité le malheur, alors bien facile à prévoir, ils remontent dans leurs chaises et s'en vont à leurs tribunaux, abandonnant la mission et le consulat à la merci des furieux !

Pendant cette visite des autorités, M. Fontanier, en grand uniforme, était allé chez le gouverneur général Tck'oung-keou, pour l'informer de ce qui se passait. Ce haut mandarin lui dit qu'il ne pouvait rien et l'engagea fortement à ne pas quitter le tribunal, disant : i Ici, je réponds de votre vie. » M. Fontanier bondit d'indignation et

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