‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 130 sur 239 · TSE-KOUANG-KO · texte numérisé non relu

TSE-KOUANG-KO

de la montagne et est encore enchaîné. Actuellement il est impossible d'accéder à cette agréable montagne ; on ne peut même plus traverser le chemin qui existe entre elle et le palais, comme on le faisait facilement autrefois.

PEKING

2° PÈ T'A. Voici sans contredit le plus beau paysage de Péking; cette montagne artificielle et probablement formée des terres provenant des lacs qui l'entourent, se nomme Kioung-hoa-tao: elle existait déjà du temps des Kin et des Yucn, et a toutours servi de jardin de plaisance pour les empereurs. Du temps des Kin, elle se trouvait en dehors et au nord de leur capitale ; depuis les Yuen, elle est dans l'enceinte et fait partie des jardins absolument réservés à la cour. L'espèce de mausolée ou tour blanche qui domine le sommet a été construit par Choun-tche, premier empereur des Tsing : ce n'est point un tombeau, comme on pourrait le croire, mais une espèce de niche pour une belle statue de Fo très artistique en terre vernissée. Sur le devant, se voit une petite pagode entièrement en bronze contenant une autre statue : c'est un Poussa terrible en bronze fort bien travaillé, ayant autour du cou un collier de têtes de morts. De grands mâts sont disposés comme aux portes de Péking pour les oriflammes et drapeaux ; toute la montagne est boisée et décorée d'une multitude de

Yr-HO-K'lAO (pont de marbre).

kiosques et de pavillons. Des ponts de marbre la relient aux autres palais qui l'environnent, et une belle balustrade en marbre blanc règne tout à l'entour sur le bord des lacs. On regarde cette tour blanche comme le palladium de l'empire.

3° SAN-HAE. les trois mers. — Trois mers, ou plutôt trois lacs joints entre eux, occupent toute la partie ouest de la ville impériale ; ils ont donc une longueur du nord au sud, d'environ 7 li ou 3725 mètres. Le nom général est King-haè, mais chaque partie porte un nom spécial : au nord, Pé-haè ; au milieu, Tclioung-Jiaè, au sud, Nan-haè. Sous les Kin, cet emplacement se nommait Si-hoa-f an ; les Yuen y ont exécuté de grands travaux, et les Ming ont terminé les embellissements comme on les voit aujourd'hui. La largeur des lacs varie, mais la moyenne est d'environ 300 mètres. Aux lacs proprement dits on donne encore le nom de T'àc-itch'e. Un pont splendide en marbre sépare le lac du milieu de celui du nord et fait communiquer les deux rives; ce pont se nomme Yu-ho-kiao. Au sud (Nan-haè) se trouve un pont volant en madriers ; on peut isoler les rives à volonté; c'est là que du temps des Ming se trouvaient de beaux palais reconstruits et très augmentés dernièrement

PLAN DE PEKING

pour devenir la résidence de l'impératrice- mère ; cette partie touche à l'entrée ouest du palais impérial. Au milieu (Tchoung-haè), nous voyons à l'est du lac, près des murs du palais, une belle pagode appelée Ouan-chan-tien ; elle est desservie par des bonzes payés par l'empereur. A l'ouest en rencontre l'ancien Péfang, le palais du Tsekouang-ko qui s'est appelé aussi Léeinn-ko ; c'est là que se font les examens militaires, comme les examens civils se font au Pao ho-tien. On y reçoit aussi les princes et ambassadeurs tributaires, et on y donne les grands repas aux princes mongols ; enfin l'empereur y a reçu les ambassadeurs européens en 1874. Le palais est fort beau, les murs sont décorés de peintures représentant les exploits deÀ"/<-«loung ; un trône d'or occupe le milieu. A l'étage supérieur sont représentés tous les hommes célèbres qui ont illustré l'empire ; on appelle cette salle Koung-tchcn-siang : on y voit aussi les anciennes armures, cuirasses, casques, armes diverses des premiers temps.

Derrière le Tse-kouanç-ko, se trouve un autre pavillon qui contient divers cadeaux faits à l'empereur par les étrangers, principalement des selles et des chaises à porteurs de toute espèce. De là on a une vue superbe sur le pont Yuhok'iao et sur la montagne Kioitno-hoatao : on aperçoit d'abord le Pé-haè, magnifique montagne dominée par la tour blanche Pc-t'a, puisquelques bosquets fleuris du plus agréable effet ; mais les richesses sont au nord. La première est située sur les bords du lac ; c'est une espèce de pont, affectant la forme d'un dragon ; cinq ondulations simulent les replis du serpent, et entre chacune de ces ondulations est bâti un kiosque ; cet endroit s'appelle Ouloitng-t'ing, il sert d'embarcadère pour les promenades en bateau. On trouve ensuite une magnifique pagode, le Kilo-che-kiè, avec quatre portiques en tuiles vernissées, très richement décorés ; dans l'intérieur on admire une reproduction de montagne en bois sculpté, avec grottes, chemins et sentiers, bonzes, ermites ; au nord de cette première pagode, il y en a une seconde non moins belle, Otîan-Fo-leou (temple des dix milles Fo) ; on compte en effet à l'intérieur dix milles statues et statuettes en bronze ; un peu plus loin, sur la droite, est le palais de repos de l'empereur; il s'y arrête dans ses promenades pour boire le thé. Tout à côté, se trouve l'immense temple Ta-Fo-leou (pagode du grand Fo) ; il mérite bien ce nom, car la statue de Fo que l'on y adore a 23 mètres ! Le palais de l'impératrice est à l'est de ce temple, moins grand que celui de l'empereur, mais également fort beau. Viennent ensuite le Ta-si-t'ien&t le Siaosi-t'ien, deux pagodes ; le Ts'an-t'an, espèce de magnanerie où l'on soigne les vers à

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