L EMPEREUR YU
(ti-mex tou-chouo.)
PEKING
e dernier empereur de la dynastie précédente se nommait Tcheou-sin ; c'était un tyran détesté des princes feudataires et du peuple.
En ce temps-là vivait un homme remarquable appelé Ouen-ouang, souverain du petit royaume de Si-pé ; son père Ki-li et sa mère Tac-jeu l'avaient élevé dans la vertu. Il gouvernait son royaume avec la plus grande sagesse, et les sujets de Tcheou-sin eurent recours à lui pour se délivrer du tyran. Plus de quarante princes le supplièrent d'accepter le trône. Accusé auprès de l'empereur, il fut mis en prison, et c'est pendant sa détention qu'il écrivit sur les Pa-koua ses « Commentaires » qui ontété conservés jusqu'à nos jours. Mis en liberté, il se retira dans son petit royaume, et après un règne de cinquante ans, il mourut dans la 97e année de son âge.
C'est le père du fameux Ou-ouaug, fondateur de la dynastie des Tcheou.
L'histoire dit qu'il eut une très nombreuse postérité et jusqu'à cent fils; on le représente habituellement entouré de petits enfants jouant avec lui.
Ou-ouang, second fils
de Ouen-ouang, succéda
à son père et fut pendant
treize ans simple prince
ouen-ouang. (ouan-siao-ï'an.) de Si-pé. Se rendant à
la prière des Grands de l'empire, il prit les armes avec plus de huit cents petits princes pour détrôner
DYNASTIE DES TCHEOU
Tckeou-sin, qui malgré sa nombreuse armée fut complètement défait. Ou-ouang fut proclamé empereur, et tous les princes le reconnurent pour leur légitime souverain ; voulant conserver leur amitié, il donna à chacun d'eux un fief important. C'est alors que les seigneurs de la famille SYao reçurent en apanage la ville de A 7, comme nous l'avonsditdans l'Introduction ; ses frères qui l'avaient aidé, reçurent également des principautés particulières, et aucun de ceux qui avaient travaillé à son élévation ne fut oublié.
Il rétablit les cérémonies ancien nés, composaune nouvelle musique, remit en ordre le calendrier et fit les plus sages règlements pour la prospérité de l'empire.
Sousson règne, quidurasept ans, on commença à exploiter des mines de cuivre, à frapper monnaie et à faire des vases de bronze et d'autre métal. Oji-ouang mourut à la 92e année de son âge, vers l'an 1 1 16 avant Jésus- Chkist. Samort fut un sujet de deuil pour tout l'empire; on honora sa mémoire en lui élevant un superbe tombeau.
L'histoire nous a conservé le nom de quelques personnages célèbres qui vécurent au temps de Ouen-ouang et de Ouonang : le premier est T'aîkoung, qui s'appelait aussi CJiang et Lu. Homme simple et sans ambition, il
vivait pauvrement du tra- portrait de l'empereur ou-ouang. (ouan-siao-t'ant.)
vail de ses mains quand un
jour, péchant à la ligne, il trouva, d'après l'histoire chinoise, une pierre de jade sur
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.aquelle étaient gravés ces mots : « Tcheou recevra l'ordre du ciel, et Lu sera son ministre. » Peu après, Ouen-ouaiig, sur le point de partir à la j ' chasse, consulta les sorts afin de savoir s'il y serait heureux. Les sorts répondirent qu'il ne trouverait ni tigre, ni léopard, ni ours, ni dragon, mais bien un sage capable d'être ministre d'un grand prince. Ouen-ouang rencontra T'aèkoung et, charmé de sa sagesse, il le fit monter sur son char, le prit pour conseiller et enfin pour premier ministre.
Taè-koung contribua puissamment à l'élévation de la dynastie et, pour prix de ses éminents services, il reçut le titre de Koutig. Il a laissé plusieursouvrages surl'art de la guerreet sur lamanière debien gouverner; ses œuvres sont encore estimées aujourd'hui.
Le second personnage remarquable decettedynastie fut Te lie ou koung, propre frè- : re cadet de Ououang. Lorsque celui-ci monta sur le trône, il choisit Tcheou-koung pour premier ministre, charge qu'il occupa ensuite sous TcKeng-ouang devenu empereur après la mort de Ou-ouang, son père. Tcheou-koung, chargé de la régence.montrapour lejeune empereur, son neveu, une inviolable fidélité et une abnégation à toute épreuve. 1 1 avait un filsnommé
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DYNASTIE DES TCHEOU
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Pé-kin, qu'il éleva avec le plus grand soin ; ce jeune homme suivait les leçons données par Tcheou-koung à l'héritier présomptif de la couronne, et, lorsque celui-ci faisait quelque faute, c'est Pé-kin qui était puni, sous prétexte que, sans son mauvais exemple, le prince n'aurait point failli. Cet usage est encore conservé aujourd'hui par les précepteurs impériaux.
Lorsque Pé-kin, dev fut chargé par 1 gouvernement de cipauté de Lou, donna les plus !
tions ; elles nous c vées : « Allez, mo » ner les peuples ( » vous a confiés ; » plutôt que leur » père plutôt que » leurs intérêts soi » que votreprincif » soit de leur » rendre la jus- » tice, et qu'ils » puissent faci- » lement vous » aborder; vous )> savez ce que » j'ai fait : imi- » tez mon ex- » emple et votre » peuple sera » heureux. »
C'est tzrâce aux sage s
règlements de Tcheou-koung que la dynastie des TcJieou est redevable d'avoir régné pendant près de huit siècles. Ilétaitversé danslessciences et même dans l'astronomie ;
disgracié plusieurs fois, par suite des intrigues de ses ennemis, il demeura fidèle jusqu'à sa mort, reprenant sans amertume le pouvoir dès qu'il était rappelé à la cour. Il mourut plein de gloire, et l'empereur lui fit construire un tombeau magnifique près de celui de Ou-ouang.
Cha-kia-mou-ni, ou Bouddha, naquit dans le royaume de Mogada en Behar, sur les bords du Gange, de l'illustre famille des Cha-kia. L'histoire officielle, appelée
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T'oung-kien ou Kang-kien, place la naissance de Bouddha à l'an 1031, mais les annales des Ouée (386-556) la fixent clairement à l'année 6S7. Cette date est regardée comme très probable par les derniers critiques. Bouddha vécut 79 ans, et sa mort a dû arriver vers l'année 644 avant Jésus-Christ.
D'après les livres de ses sectateurs, « Bouddha avait un teint d'or, un corps sans » tache comme la pierre de jade ; ses cheveux étaient de la couleur du « lapis lazuli >> >> et retombaient en boucles arrondies, n'étant ni mêlés ni crépus ; il possédait ainsi » toutes les beautés. »
La religion de Bouddha, ou de Fo, se répandit d'abord dans l'Inde ; mais elle ne fut officiellement acceptée en Chine que la 67e année de l'ère chrétienne. On lit, en