MANIFESTATION DE BOUDDHA. (LIVRE BOUDDHISTE: FO-KING
effet, dans l'histoire chinoise : « Sous le règne de Ming-ti, quinzième empereur de » la dynastie des H an (65 ans après J.-C), le souverain, inspiré par un songe, » envoya en Occident les deux mandarins Tsac-tsing et Tsin-king, avec ordre de ne » point revenir avant d'avoir trouvé le Saint que le Ciel lui avait fait connaître. » C'était à peu près le temps où saint Thomas prêchait dans l'Inde la foi chrétienne, » et, si ces mandarins eussent suivi leurs ordres, peut-être que la Chine eût profité » de la prédication de cet Apôtre ; mais les dangers de mer qu'ils craignaient, les » obligèrent de s'arrêter à la première Isle, où ils trouvèrent l'idole de Fo ou Foé, qui » avait déjà corrompu les Indes, plusieurs siècles auparavant, de son exécrable » doctrine. » (p. LECOMTE, p. 417.) Deux ans après, ces émissaires revinrent à Loyang, ville située près de Kaè-foung-fou dans le Ho-nan, où se trouvait la cour. Ils rapportaient la statue de Bouddha ou Fo, et c'est ainsi que le Bouddhisme fut introduit dans l'empire.
DYNASTIE DES TCHEOU
On rencontre fréquemment dans les livres chinois le mot Saint appliqué à Souijen, à Foic-si, à Confucius, quelquefois à Bouddha, souvent aux empereurs. Cette qualification se donne à tous les grands personnages qui se sont illustrés à un titre quelconque ; l'empereur ICang-si, de la dynastie régnante, en a été honoré,
On voit par là qu'il ne faut point confondre ce mot Saint, indiquant une distinction donnée à des hommes éminents, avec l'idée du Saint par excellence, du Saint par essence, conservée par la tradition chez tous les peuples de l'univers qui l'attendaient selon ces paroles du prophète : « Et erit expectatio gaitium. »
Cette croyance primordiale, commune à toutes les nations, avait été entretenue et ravivée chez les Chinois par leurs rapportsconstants avec l'Occident : Mououang, mille ans avant le CtiRlsT.était allé jusqu'à Babylone et jusqu'en Palestine ; Laotoava! tété dans l'Ouest jusqu'aux environs du Pamir, et peut-être plus loin ; les Juifs, persécutés, s'étaient de leur côté répandus danstoute l'Asie, cinq ou six siècles avant notre ère ; aussi les disciples de Confucius, l'interrogeant un jour sur le Saint, lui demandèrent:
« Un tel est-il le Saini ? — Non, répondit-il. - Tel autre est-il le Saint ? - - Non. — » Vous-même êtes-vous le Saint ? — Non. — Où se trouve donc le Saint ? » Alors )) le maître prononça solennellement ces mots : « Si-fang-tche-jen, iou-cheng-tche-ien ! » Les hommes de l'Occident ont le Saint ! » Dans la suite, les Bouddhistes vou-
SI-OUANG-Mi lU. (SIEN-FO-TSI-TSOUNG.)
PEKING
lurent appliquer ces paroles mémorables à Bouddha, mais ils furent victorieusement réfutés par tous les interprètes chinois du texte de Confucius.
Le livre Sienfo-tsi-tsotmg nous apprend que Mou-ottang alla, vers l'an 1005 avant Jésus-Christ, rendre visite aune princesse fameuse de l'Occident. Elle se nommait Si-ouang-mou (mère du roi de l'Ouest). Elle régnait à K'oun-loun, habitait un palais remarquable par ses jardins appelés Lang-foung, ses édifices de marbre et de jaspe, sa tour de neuf étages et ses eaux limpides. Mou-ouang offrit à Si-ouang-mou des présents magnifiques, puis revint en Chine. K'oun-loun était, ce semble, Babylone, où Sémiramis avait régné longtemps. Pour les Chinois, Si-ouang-mou ne fut jamais
qu'un personnage mystérieux dont le royaume, d'après l'historien Sse-ma-tsien, était situé du côté de la Perse. L'histoire nous dit encore que, sous le règne de Tc/icno-ouano-, des hommes du Ni-li vinrent à la cour. Ce royaume était peut-être l'Egypte, et ces voyageurs, des Juifs ; car nous savons qu'ils vinrent en Chine sous la dynastie des Tcheou, probablement lors de leur captivité à Ninive, au temps de Nabuchodonosor.
Sous la dynastie des Tcheou naquirent les grands philo-