‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 148 sur 239 · KIE-T'AE-SSE · texte numérisé non relu

KIE-T'AE-SSE

la statue actuelle fondue sous les Yuai. L'empereur donna cinq cent mille livres de bronze pour la fabriquer ; il est probable qu'alors, comme aujourd'hui, llorissait le règne des pots de vin, car la statue ne mesure que 3 mètres 50, et son poids est relativement faible. Sous les Ming, la pagode fut nommée Young-ngan-sse ; l'empereur Young-tcheng de la dynastie régnante l'appela Che-fang-pou-kiao-sse, mais le peuple a continué à lui donner le nom de Ouo-Fo-sse, Temple du Fo couché.

130 KIÈ-T'AÈ-SSE. — A six lieues de Péking, à 40 li au nord-ouest du pont de Lou-keou-k'iao, on aperçoit la montagne Ma-ngan-chan, ainsi nommée parce qu'elle a la forme d'une selle de cheval ; sous la dynastie des T'ang, on avait bâti au pied de cette montagne une belle pagode, le Houi-kiu-sse; sous les Lc'ao, un bonze nommé Fa-kuin construisit l'autel Kiè-t'aè, ou autel de l'abstinence, qui fut placé au milieu d'un beau pavillon ; il est en marbre à trois gradins, et les statues des anciens personnages qui ont le mieux observé l'abstinence, l'entourent.

Le 8e jour de la 4e lune, on y célèbre une grande fête où se rendent tous les bonzes des environs; le supérieur fait un sermon sur l'abstinence et on l'écoute avec respect.

Ce temple est encore aujourd'hui très richement doté par l'empereur. De là, on a une des plus belles vues de Péking, et les terrasses sont superbes ; c'est une espèce de séminaire pour les jeunes bonzes, quiy pratiquentl'abstinence et des austérités souvent cruelles. Voici ce qu'un visiteur raconte : Nous vîmes un jeune bonze d'environ vingt ans qui faisait une pénitence ; il s'était déjà brûlé cinquante fois avec des bâtons odorants offerts à l'idole, et son bras gauche n'était qu'une plaie; il devait de même brûler le bras droit à la fête suivante. Ce spectacle était navrant. D'autres se traversent les joues avec des broches, traînent des chaînes, portant sur le dos des châsses garnies de prétendues reliques. Le supérieur venait causer avec nous ; mon compagnon, peu scrupuleux, lui offrait souvent du jambon, du vin et autres liqueurs absolument défendues ;

Pékinz. ~,

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