BRIQUE VERNISSEE, BLEU TURQUOISE SANS AUTRE COULEUR
BRIQUE VERNISSÉE, BLEU MARINE, JAUNE D'OR, VERT D'EAl .
l'européenne, qui furent exécutés sous la direction du P. Benoit, d'après les dessins du Frère Castiglione.
Le Père Benoît écrivait de Péking, le 16 novembre 1767 : «A 2 lieues de la capitale, l'empereur a une maison de plaisance où il passe la plus grande partie de l'année, et il travaille de jour en jour à l'embellir. Pour en avoir une idée, il faut se rappeler ces jardins enchantés dont l'imagination brillante des auteurs a fait une si agréable description. Tous ces jardins sont entrecoupés de différents canaux serpentant entre des montagnes factices ; dans quelques endroits, passant par-dessus des rochers et y formant des cascades, quelquefois se réunissant dans des vallons et y formant des pièces d'eau qui prennent le nom de lac ou de mer, suivant leurs différentes grandeurs ; des sentiers en zigzag serpentant par-dessus des montagnes conduisent à des palais délicieux. Le palais destiné au logement de l'empereur et de toute sa cour est d'une étendue immense, et réunit dans son intérieur tout ce que les quatre parties du monde ont de plus recherché et de plus curieux. Outre ce palais, il y en a beaucoup d'autres dans les jardins situés, les uns autour d'une vaste pièce d'eau ou dans les iles ménagées au milieu de ces lacs, les autres sur le penchant de quelque montagne ou dans d'agréables vallons. C'est dans ces jardins que l'empereur,
ayant voulu faire construire un palais européen, pensa à orner tant l'intérieur que le dehors d'ouvrages hydrauliques dont il me donna la direction, malgré toutes mes représentations sur mon incapacité. »
Le Frère Attiret donne de nombreux détails sur le palais, dans une lettre du Ier novembre 1743 : «Toutes les montagnes et les collines sont couvertes d'arbres, surtout d'arbres à fleurs qui sont ici très communs ; c'est un vrai Paradis terrestre. Les canaux ne sont point, comme chez nous, bordés de pierres de taille tirées au cordeau mais tout rustiquement avec des morceaux de roche dont les uns avancent, les autres reculent, et qui sont posés avec tant d'art qu'on dirait que c'est l'ouvrage de la nature. Tantôt le canal est large, tantôt étroit ; ici il serpente, là il fait des coudes, comme si réellement il était poussé par les collines et les rochers. Les bords sont semés de fleurs qui sortent des rocailles et qui paraissent y être l'ouvrage de la nature ; chaque saison a les siennes. Toute la façade du palais est en colonnes et en fenêtres, la charpente dorée, peinte, vernisée, les murailles de briques grises bien
taillées, bien polies, les toits couverts de tuiles vernissées rouges, jaunes, bleues, violettes, qui par leur mélange et leur arrangement font une agréable variété de compartiments et de dessins. Ces bâtiments n'ont presque tous qu'un rez-dechaussée. Chaque vallon a sa maison de plaisance, petite, eu égard à tout l'enclos, mais en elle-même assez considérable pour loger le plus grand de nos seigneurs d'Europe avec toute sa suite. Plusieurs de ces maisons sont bâties en bois de cèdre qu'on amène à grands frais de 500 lieues. Mais combien croirez-vous qu'il y a de ces palais dans les différents vallons de ce vaste enclos? Il y en a plus de 200, sans compter autant de maisons pour les eunuques. Les canaux sont coupés par des ponts de distance en distance, pour rendre la communication d'un lieu à un autre plus aisée. Ils ont pour garde-fous des balustrades de marbre blanc travaillées avec art et sculptées en bas-reliefs, du reste toujours différents entre eux par la construction. On en voit qui, soit au milieu, soit à l'extrémité, ont de petits pavillons de repos. Mais ce qui est un vrai bijou, c'est une île ou rocher d'une forme raboteuse et sauvage qui s'élève au milieu d'un lac, à une toise ou environ au-dessus de la surface de l'eau. Sur ce rocher est bâti un petit palais où cependant l'on compte plus de 100 chambres ou salons. Il a quatre faces et il est d'une beauté et d'un goût que je ne saurais vous exprimer; la vue en est admirable. L'endroit où loge ordinairement l'empereur est un assemblage prodigieux de bâtiments, de cours, de jardins, etc., en un mot, c'est une ville qui a au moins l'étendue de notre petite ville de Dôle. C'est dans les appartements qui le composent qu'on voit tout ce qui se peut imaginer de plus beau en fait de meubles, d'ornements, de peintures (j'entends dans le goût chinois), de bois précieux, de vernis du Japon et de la Chine, de vases antiques de porcelaine, de soieries, d'étoffes d'or et d'argent. On a réuni là tout ce que l'art et le bon goût peuvent ajouter aux richesses de la nature. Je vous avouerai que la manière de bâtir de ce pays-ci me plait beaucoup ; mes yeux et mon goût, depuis que je suis en Chine, sont devenus un peu chinois!... Il n'yaici qu'un homme; c'est l'empereur. Tout estfait pour luiseul;
BRIQUE VERNrSSÉE, FLAMME VIOLETTE, PLEURS CRÈME MÊLÉE DE VERT ET DE BLEU MARIN.