‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 153 sur 239 · ENVIRONS DE PEKING · texte numérisé non relu

ENVIRONS DE PEKING

nuages sculptés ; deux lions couchés, deux lions debout ; deux béliers couchés, deux debout: puis de même quatre chameaux, quatre éléphants, quatre chimères (K'i-lin) et quatre chevaux. Ensuite viennent les personnages : quatre mandarins militaires, quatre mandarins civils et quatre Lao-tch'en, c'est-à-dire hommes célèbres ; au total, 12 personnages, 24 animaux, 2 colonnes et l'arc de triomphe monumental. C'est l'empereur Suen-ieu qui, à la 4e lune de la 14e année de son règne, inaugura ce beau travail. Après avoir parcouru pendant plus d'une heure toutes ces avenues et ces

CIRTE DES ENVIRONS DE PEKING (ERETSCHNEIDER).

1 1. Péking. — 2. Palais d'été. — }. Haè-tien. — 4. Pée-tch'eng. — 5. Cha-ho. — 6. Tch'ang-p'ing-tcheou. — 7. Xank'eou. — 8. Kiu-young-kouan. — o. Y.ingfang. — 10. Kouan-che. — II. Choun-i-sien. — 12. Hoè-jou-sien. — 13. Sépulture des Ming (Che-san-ling). — 14. Po-fou-U'oun. — 15. Tang-chan. — 16. Pa-t'a-tch'ou. — 17. Ma-iu. — 18. Péesin-ngan. — 19. Pa-li-tchouang. — 20. Pa-p-10-clian. - 21. TVing-ho. — 22. T'oung-tcheou. " — 23. Tch.-ing-kia-ouan. — 24. Parc impérial. — 25. Si-chan. 20. I. .11 keou-k'iao. — A.V Pé -ho. — BB' Chah- 1 1 Ki-ho. — DD' Ts'ingho. — EE' Can.-.l des Kin. — FF' Houn-ho. — GG' Léang-choui-ho. — HH' Canal de T'oung-tcheou. — II' Route en pierre. — JJ' Route en pierre. — K. Echelle de 20 li.

portes, on arrive enfin au tombeau ; comme élévation, il n'y a rien déplus remarquable que les palais de Péking, mais à l'intérieur on voit d'immenses colonnes en bois d'une seule pièce qui ont au moins 3 mètres 50 de circonférence sur une hauteur de i 7 à 18 mètres. A l'origine, il paraît que de belles constructions en bois précieux accompagnèrent ces diverses sépultures, mais l'empereur K'ien-loung, pour construire le palais d'été, fit main basse sur tout ce qu'il trouvait à sa convenance, remplaçant les raretés par des matériaux ordinaires, enlevant des marbres, des bois surtout qu'on ne pouvait plus se procurer ; pour réparer ensuite les monuments avariés, il dépensa

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plusieurs millions ! néanmoins on lui fit des représentations sur cette manière de décorer ses propres palais, et il s'imposa lui-même la pénitence d'aller jusque dans la province du Kiang-nan, pour expier cette violation des tombeaux. Aucun voyageur ne regrette la fatigue de cette course à la sépulture des Ming, une des plus belles choses des environs de Péking.

Choun-tche et K'ang-si allaient faire des sacrifices à ces anciens empereurs ; mais depuis on a laissé ce soin à un arrière-neveu des Jl/ing, honoré du titre de Heou-Yè (marquis) ; il est actuellement le seul sacrificateur. Au printemps et à l'automne, il se rend aux tombeaux, immole divers animaux, offre des soieries, de la nourriture, brûle des parfums, du papier, et fait toutes les cérémonies du culte des ancêtres. Le gouvernement députe aussi chaque année un des membres du Koutig-pou (ministère des travaux publics), pour examiner si les monuments restent en bon état et si on veille à leur conservation. Sous les premiers empereurs des Ming, on enterrait vivantes, avec le cercueil impérial, celles de ses femmes que le souverain avait le plus affectionnées. L'empereur Iing-tsoung défendit de continuer cet usage barbare, et on n'enterra plus ces femmes qu'après leur mort. Mais comment amener les cercueils aux côtés du tombeau impérial, quand il est absolument défendu de suivre la route réservée au seul empereur ? On éluda la difficulté en creusant un puits loin de la sépulture et en atteignant celle-ci par voie souterraine ; les souterrains existent encore.

4° HAÈ-TSE, parc de chasse. — Si l'on sort de la ville chinoise parla porte du sud médiane, on ne tarde pas à rencontrer une immense enceinte en assez mauvais état : c'est le parc impérial de chasse ; il n'est pas très difficile d'y pénétrer, mais rien n'y existe plus de bien curieux. Autrefois ce parc, qui n'a pas moins de So kilomètres de tour, renfermait des animaux de toute espèce : cerfs, daims, chevreuils et le fameux Sse-pou-siang (Elaphurus Davidianus). Ces animaux trouvaient là de beaux pâturages, une eau courante, et se multipliaient en liberté. Il y a seulement trente ans, on voyait encore là de nombreux troupeaux d'élégants cervidés, qui se laissaient approcher de près, protégés par la loi portant peine de mort contre celui qui oserait en tuer un seul. Aujourd'hui l'empereur n'allant plus chasser, le parc est presque abandonné, et les quelques soldats qui le gardent se font agriculteurs ; les murs dégradés par les pluies ont laissé échapper une bonne partie des animaux, dont les hommes des campagnes environnantes ont fait leur profit. Enfin, pendant la guerre sino-japonaise, les 30,000 hommes campés dans ce vaste enclos ont fait main basse sans scrupule sur tout le gros gibier. Une chose qu'on ne saurait trop déplorer, c'est la disparition du superbe Sse-pou-siang , il n'en reste plus un seul et la race va probablement s'éteindre, à moins que les rares individus échappés ne se soient réfugiés dans les hautes montagnes de l'ouest, comme quelques Chinois l'ont affirmé.

I. l'empereur, les princesses, sépulture impériale. II. LES ministères: intérieur, FINANCES, CÉRÉMONIES, GUERRE, JUSTICE, TRAVAUX PUBLICS. LE TSOUNG-

JEN-FOU. LE NÉE-OU-FOU. LE TOU-TCh'a-VUEN. LE NÉE-KO. LE KIUN-KI-TC1IOU.

III. LE TSOUNG-LI YAMEN. LES LÉGATIONS. - - IV. l'aRMÉE CHINOISE.

nviron cinq à six mille personnes demeurent clans l'intérieur du palais impérial : c'est une véritable ville. Les dames du palais, les femmes du second rang, les servantes, les eunuques, chacun y possède une habitation spéciale. Pour recruter tout ce personnel, l'impératrice-mère, à des époques déterminées, fait assembler les jeunes filles appartenant aux familles tartares, et choisit celles qui lui paraissent aptes au service qu'elle leur destine.Sont-elIes agréées du souverain, les honneurs et la richesse seront leur partage ; ne plaisentelles pas, on les reléguera dans de petits appartements où elles ne recevront que le strict nécessaire : dans tous les cas, elles sont pour la vie confinées dans le palais. Beaucoup d'entre elles meurent très jeunes ; quelques-unes atteignent la vieillesse, et dernièrement encore on a enterré une princesse dont l'entrée au palais datait de l'empereur Tao-kouang. L'impératrice-mère choisit aussi d'autres jeunes filles tartares pour son service et celui des impératrices et des dames du palais ; ce sont de simples servantes qui après un temps donné retourneront dans leur famille. En général, ces jeunes personnes ont beaucoup à souffrir ; c'est toujours à genoux qu'elles doivent présenter à toute heure du jour et de la nuit ce dont on a besoin ; l'humeur variable des dames du palais rend leurs fonctions bien pénibles, et aux moindres fautes les mauvais traitements ne leur sont pas épargnés.

L'empereur est astreint à de sévères règlements lorsqu'il réside au palais, ce qui explique pourquoi les souverains n'y passaient autrefois que quelques mois de

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l'année, et pourquoi ceux du temps présent désirent reconstruire le palais d'été pour y demeurer. En effet, lorsque l'empereur est à Péking, il se lève chaque jour à deux heures du matin, et après une heure consacrée aux soins de sa toilette, il prend une légère réfection et prépare de suite les affaires du conseil, qu'il préside entre trois et six heures, hiver comme été ; il déjeune à neuf heures, continue à s'occuper des affaires de l'État, et souvent son temps libre est abrégé par les cérémonies et les rites dont il ne saurait se dispenser. Son dîner a lieu vers cinq heures du soir, puis il se retire dans ses appartements.

Des mandarins spéciaux sont affectés au service du palais ; les uns sont chargés des vêtements impériaux, les autres du mobilier : ceux-ci de la vaisselle : ceux-là des diverses fournitures ; il y en a pour la viande, pour les légumes, pour les fruits, pour le laitage, pour les fleurs ; il y en a pour les feux d'artifice, les comédies, la chasse, les chevaux, les chaises, les voitures ; enfin leur nombre est presque illimité. On serait en droit de penser qu'avec tant de serviteurs, l'empereur est bien servi ! il n'en est rien ; ici encore tout est réglé. Tel jour l'empereur doit manger des primeurs,

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