PLAN DE LA LÉGATION DE FRANCE A PÉKING. (CAUBERT
résidence grande et cou-
PEKING
La Légation d'Italie, située près des autres, laissait beaucoup à désirer; mais, dans ces derniers temps, un ministre entendu en architecture y fit de nouvelles bâtisses qui la rendent très suffisante.
La Légation de Belgique, un peu loin des précédentes, a plusieurs fort belles cours aménagées à la chinoise, et un beau pavillon pour le secrétaire. Quant à la Hollande elle construit son Hôtel, et l'Autriche n'a point de Légation à Péking.
On ne peut passer sous silence la superbe habitation du directeur général des douanes ; elle se fait remarquer par un magnifique jardin, où chaque semaine une fanfare bien conduite accueille de nombreux invités. Sous la dépendance de ce personnage se trouvent encore le collège chinois nommé T'oung-ouen-kouan, établi au Tsoung-li-Yamen, l'hôtel de la poste européenne et toutes les habitations des nombreux fonctionnaires attachés à ces grands établissements. — On voit enfin près des
Légations une succursale de la banque de Hong-kong et Chang-hai, puis de vastes magasins tenus par des Européens, et même un hôtel français où l'on peut trouver tout le confort d'Europe.
Les chapelles protestantes de Péking sont nombreuses, mais aucune ne mérite le nom de monument ; les ministres qui les desservent sont logés avec leur famille dans de vastes demeures. Ils connaissent bien la langue chinoise, souvent ne reculent pas devant l'habit et les coutumes du pays, disposent de sommes énormes et d'un personnel considérable ; cependant ils font peu d'adeptes dans le nord de la Chine.
A environ 3 kilomètres de la porte ouest de Péking, appelée P'ing-tsemen, les Européens se sont rendus locataires d'un immense terrain nommé Ouang-haè-leou, où ils ont établi un champ de courses. On y a préparé de belles tribunes, une maison très confortable, entourée d'arbres fruitiers et de fleurs; l'endroit est fort agréable, et deux fois l'année ont lieu les courses, qui sont toujours très brillantes ; c'est une des distractions de la capitale. Les Légations ainsi que de nombreux particuliers y font courir des chevaux choisis en Mongolie, entraînés à l'avance et supérieurement montés par des amateurs. Des paris considérables sont souvent engagés sur tel ou tel cheval ; le gagnant ira peut-être remporter à Chang-hai de nouvelles victoires pendant que le malheureux perdant, vendu presque pour rien, traînera péniblement une triste charrette de louage à Péking !