MOUNG-TSE (OUAN-SIAO-T'AN
LES GRANDS PHILOSOPHES
habite ordinairement le magnifique palais de Yen-tcheou-fou. Dans cette même ville on voit une très belle statue de Confucius placée dans une pagode remarquable qui lui a été consacrée. La gravure (page 35) est tirée de l'ouvrage chinois K'iuèlitche, Mémoires sur la patrie du célèbre philosophe. On peut visiter à Pékin- le temple de Confucius et son superbe portique; il est situé près de la salle des Examens littéraires.
Moung-tse naquit dans le petit royaume de Tsou, dans le Chan touiig, au commencement du ive siècle avant Jésus-Christ. Il était contemporain de Socrate et d'Aristote. Son père se nommait Ki-koîtng-y, et sa mère Tchang-che. Moung-tse est l'auteur du fameux iivre classique qui porte son nom, et sa doctrine ne diffère de celle de Confucius que dans la manière de l'énoncer et de l'expliquer. On le représente comme un homme sévère, d'un, port grave et majestueux. Il mourut à lage de 84 ans. Sa mémoire est honorée presque à l'égal de celle de Confucius, et dans les pagodes dédiées à ce philosophe (Ouen-miao), son image se trouve au premier rang. Il est un des grands assesseurs de Confucius qui portent le titre de Ya-cheng, ou saints du second degré.
Nous ne saurions mieux terminer ce chapitre qu'en donnant quelques extraits du P. Kircher (Chine illustrée, 3e partie, chap. 1: De T idolâtrie des Chinois) :
<( Les Chinois font mention de trois sortes de sectes : La première est celle des savants, la seconde celle de Sciaguia (le bouddhisme), et la troisième celle de Lauzii ( Lao /se) ; voilà les trois différentes religions qui /
sont reçues des Chinois, et générale-
.> , , b- ■ t TAOÏSME, statue de kouan-iu, dieu de la guerre.
ment de tous les peuples voisins. La porcelaine san-tsaé k'ang si.
véritable secte des savants de la Chine lection grandidier.)
qui est très ancienne dans cet empire,
a le gouvernement de l'État, parce qu'elle est la mieux fournie de livres et la plus estimée de toutes les autres. Celle-ci reconnaît pour son auteur un certain Confucius qu'ils estiment être un prince philosophe. Voici comme en parle Trigautiusdans son Expédition chrétienne dans la Chine: « Ils (les Chinois) assurent que l'office de » sacrifier au Roi du Ciel et de lui rendre les honneurs dus à la divinité, n'appar- » tient qu'à la suprême dignité de l'empire ; et c'est pour ce sujet, sans doute, qu'il » y a deux temples magnifiques dans les deux villes principales de son Etat, savoir, » dans celles de Nan-king et de Pé-king, dont l'un est dédié au Ciel et le second à » la Terre ; c'était dans ceux-ci que le roi sacrifiait autrefois en personne, et ce sont » ceux-là mêmes, parmi lesquels on voit de très graves magistrats, qui y font l'office
PEKING
taojsmk.
'H1L0 i iPHE AYANT TROUVÉ LE LING K HE, ( H VMPU IN DE L'iMHl iK i M, Il I I •• INI i NIELLÉ. (PÉ-T'ANG.)
» de sacrificateurs, et y présentent au Ciel et à la » Terre grand nombre de bœufs et de moutons en » sacrifices, avec des cérémonies extraordinaires. » Enfin, comme les lois ordonnent qu'il n'y aura » point de ville qui n'ait un temple dédié à ce dieu » Confucius, que je viens de nommer, il arrive » aussi que les savants, qui le reconnaissent pour » le prince des philosophes chinois, n'en ont pas » d'autre que celui qui lui est consacré, lequel est » bâti pour l'ordinaire près des universités, ou » joignant la maison du magistrat, qui tient le » premier rang parmi les doctes. On voit dans ce » temple la statue de ce dieu toute chargée de » lettres, ou bien on trouve à .ca place son nom » écrit en lettres d'or sur une table dont les carac- » tères sont de la hauteur d'une coudée. On » découvre, à côté de cette même statue, celles de » quelques-uns des disciples de ce Confucius que » les Chinois ont mis au nombre des dieux, et » qu'ils estiment beaucoup moindresqueleur maî- » tre. Tous les magistrats de la ville s'assemblent » dans ce temple deux fois le mois, savoir : au » temps du renouveau et du plein de la lune ; et » la coutume de ces personnes est d'adorer ce dieu » avec de profondes inclinations, avec des cierges » allumés, de l'encens et des parfums, après avoir » quitté toutes les marques de leur doctorat. » Voilà de quelle manière ces savants adorent cette fausse divinité, qui est presque la même que celle dont se servaient les Egyptiens, lesquels offraient des sacrifices à Mercure le premier jour du mois de Toth. Tous les temples sont ornés de statues de Confucius, et l'on en voit de toutes façons, les unes étant fort grandes, les autres médiocres, et les autres plus petites; de sorte qu'on peut porter ces dernières avec facilité. J'ai eu la satisfaction d'en considérer et toucher une que le P. Xunnius Mascarenias, assistant du Portugal, m'avait donnée, laquelle m'a fait voir la vérité de ce que je dis. » La seconde secte des Chinois est appelée Sciaguia, ou Omyto (bouddhisme). L'introduction de cette détestable loi est venue du côté de l'Occident, et a été portée du royaume qu'on appelle Treitio ou Sciuro dans la Chine. Le P. Trigault nous assure que ces royaumes sont appelés du seul nom de Indostan, et que leur situation est entre l'Inde et le Gange. Si nous recherchons maintenant l'origine de cette secte, nous trouverons que les personnes qui se piquaient de science
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(comme les Brahmanes, les Perses et les Baelriens, qui habitaient clans tout le pays
de l Indostan), ont été les introducteurs de toutes ces erreurs et de toutes ces idolà
tries ; et on ne doutera plus
que ce ne soient eux qui ont
causé tous ces désordres,
quand on saura qu'ils ont
établi des colonies de leurs
nations dans la Chine. Les
sectateurs de cette opinion,
qui suivent de point en point
laphilosophie de Pythagore,
croient qu'il y a plusieurs
mondes, et admettent la
métempsycose, c'est-à-dire
la transmigration des âmes
dans les corps des bêtes.
» LeP.Trigault ajoute les paroles suivantes : « Cette » ridicule secte suit à l'aveu- » gle l'opinion de Démocrite » et le sentiment de quel- » ques autres philosophes, » savoir qu'il y a plusieurs » mondes dans la nature ; » mais surtout, elle a pour » maxime fondamentale de » la croyance la ■• doctrinede Py- » thagore.qui en- >> seignela trans- )> migration des ,>> âmes ; » à quoi elle a ajouté plusieurs autres rêveriespourmieux pallier la fausseté de ses préceptes.
Ils sont si exacts observateurs des lois pythagoriciennes, qu'ils se privent de manger delà viande, se rasent la tête et la barbe, s'adonnent si fort à lacontemplation, qu'ils choisissent
KHISME. STATUE DE KO, EX rORCELAIXE POLYCHROME DE KIEX-LONG.
les
ieux écartés pour cet effet, et se retirent dans les déserts et sur les montagnes, afin d'y vaquer plus à leur aise et de jouir d'un plus profond
PEKING
BOUDDHISME. ; El DÉ] I i 0 \ \ UN.