‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 18 sur 239 · PORCELAINE BLANCHE. (PÉ-T'ANG · texte numérisé non relu

PORCELAINE BLANCHE. (PÉ-T'ANG

repos. Leurs temples sont remplis d'un nombre infini d'idoles, qui représentent les plus horribles et les plus effroyables monstres qu'on saurait voir, et qu'on pourrait même s'imaginer, dont la matière est si différente, qu'il y en a de marbre, d'airain, de bois et de terre.

» La troisième sorte de secte qu'on voit dans la Chine est appelée Lanzu (Laotse) ; celleci n'est que pour les gens du commun. L'auteur de cette opinion est un certain philosophe qui vivait du temps de Confucius, et auquel on donna le nom de Lanzu (Lao-tse, c'est-à-dire philosophe ancien). Les sectateurs de cette loi prescrivent quelques règles pour pouvoir parvenir un jour au bonheur du Ciel, et disant quelesplus efficaces moyens d'acquérir cette gloire consistent à faire certaines prières, à observer quelques coutumes, às'asseoir et à pratiquer les choses qui leur sont en usage, parce qu'ils les estiment nécessaires pour parvenir à cette béatitude du corps et de l'esprit. J'oubliais de dire que ces personnes persuadent à toutes sortes de gens qu'ils ont le pouvoir d'allonger la vie des mortelsavec desmédecines qu'ils donnent, et par le moyen du secours de leurs dieux.

>• L'office des sacrificateurs de cette même secte est de chasser les démons des corps des possédés, par des supplications détestables et par des prières pleines d'impiétés et de blasphèmes.

Voici les méthodes dont ils se servent pour l'ordinaire : La première chose donc que font les adorateurs des esprits infernaux, c'est de peindre avec de l'encre les horribles monstres des ténè-

LES GRANDS PHILOSOPHES

bres et de l'enfer sur du papier jaune, qu'ils attachent ensuite aux murailles de la maison ; après quoi ils commencent à hurler si horriblement, et à pousser des cris si affreux et si extraordinaires, qu'ils portent la terreur et l'effroi dans les cceurs les mieux assurés, et semblent être les diables mêmes qu ils doivent chasser des corps de ces misérables. Le deuxième office de ces sacrificateurs est de faire pleuvoir quand il est besoin, et d'obtenir du ciel (lorsqu'il est le plus serein et le plus beau)

Page 1