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EGLISE DE LORPHELINAT DE LA SAINTE-ENFANCE A CHA-LA-EUL, PRES PÉKING

I. LA FAMILLE. LE PÈRE. LA FEMME. l'eNFANT. L ÉCOLE. LE MARIAGE. II. LES FETES.

LE Ier JOUR DE L'AN. LES PÈLERINAGES. III. LES OUVRIERS, INDUSTRIES DIVERSES.

LES PETITS MÉTIERS : BARBIER, PÉDICURE, ACROBATE, ETC. — IV. LES LETTRÉS. LA PEINTURE. LA MUSIQUE. LA MÉDECINE. L'ACUPONCTURE. — V. LA MALADIE. LA MORT. LES FUNÉRAILLES. LA SÉPULTURE.

x^Yj^f^ étiré au fond de son palais, invisible pour tous, l'emlll^rS^». pereur n'en est pas moins nommé père de ses sujets ; "^ les mandarins, qu'ils soient justes ou oppresseurs, sont appelés fou- n/ou-kouan, pires et mères du peuple. Dans la famille chinoise, le père est maître absolu ; ses fils, même avancés en âge, lui doivent le respect, l'obéissance et la vénération. Tout le gouvernement de la Chine repose, depuis des milliers d'années, sur ce principe de l'autorité paternelle. La parricide est un crime presque inconnu, et la ville où il aurait été commis, devrait avoir un angle de ses murs rasé, puis reconstruit à pans coupés, pour perpétuer la mémoire d'un tel forfait.

Le père est possesseur de tous les biens ; à sa mort, le fils aîné continue à gouverner la famille ; si, par suite de divisions entre frères, on est obligé à un partage, cela est regardé comme peu honorable, et il est rare que la famille continue à prospérer. Lorsque le père atteint sa soixantième année, et à plus forte raison sa soixante-dixième, il est fêté et honoré d'une manière toute spéciale ; tout dernièrement on a vu des fêtes splendides données en l'honneur du vice-roi Li houng-tcliang, qui venait d'atteindre ses soixante-dix ans. La valeur des cadeaux offerts montait à plusieurs millions ; l'empereur lui-même envoya une inscription écrite de son impérial pinceau rouge, et l'impératrice douairière, une peinture faite par elle-même. Le père ainsi honoré de son vivant, l'est encore plus peut-être après sa mort, et bien des familles se ruinent pour manifester leur piété filiale par des funérailles d'un luxe exagéré.

PEKING

La femme légitime reste toujours maîtresse dans la maison. L'obéissance qu'elle

GRAND DINER OFFERT AU VICE-ROI LI-HOUNG-TCHANC. A L'OCCASION DE SA 70e ANNÉE.

doit au chef de la famille est du reste absolue et sans contrôle. Les femmes des mandarins et des riches ne font à peu près rien ; elles s'occupent de leur toilette, de leur

chevelure, dont l'arrangement est toujours très compliqué, fument la pipe, boivent du thé et font ou reçoivent des visites. La coutume de lier les pieds n'existe que pour les femmes chinoises. Chez le simple peuple, la femme n'est qu'une servante condamnée aux plus durs travaux, surtout dans les ménages peu fortunés ; elle ne doit point se mettre à table avec son mari ni même avec ses fils, mais les servir ; la cuisine, les vêtements, le lessivage, la propreté de la maison, sans compter le soin des enfants, tel est son lot ; il n'est pas bien rare dans la campagne de rencontrer de ces pauvres femmes tournant la meule pour moudre des grains, et même attelées à la charrue avec un bœuf ou un âne. Enfin la femme doit obéissance à sa belle-mère, qui ne se gêne pas pour la malmener ; la critique des belles-mères n'est point spéciale en Europe.

Lorsqu'un enfant vient au monde, si c'est un garçon, on fait, un mois après, une fête de famille où parents et amis apportent leurs félicitations et leurs offrandes ; l'enfant est ensuite presque abandonné à lui-même, sans aucuns langes; il prend ses ébats sur le k'ang qui sert de lit commun, et sa mère s'en occupe peu, sauf pour lui donner sa nourriture. L'affection maternelle est tout autre qu'en Europe, et il est bien rare de voir une mère embrasser son fils. A peine peut-il marcher, qu'on le laisse faire ce qu'il veut ; sans habits, tête nue au grand soleil, on voit in fait par l'impératrice-mere constamment des quantités d'enfants de trois ou pour le vice-roi li-houng-tchang. quatre ans à peine barboter dans les rues et les flaques

d'eau de la capitale. Dès l'âge de six ou sept ans, l'enfant est envoyé à l'école, qui est ouverte ordinairement dans une pagode ; il y chante pendant quelques années les livres classiques sans y comprendre un seul mot.

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