‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 180 sur 239 · I 'I I E D ARTIFICES · texte numérisé non relu

I 'I I E D ARTIFICES

PEKING

siers ont suspendu leur travail en exigeant de plus forts salaires et en empêchant par la force toute autre bande de travailler ; ordinairement la grève n'est pas sérieuse et ne dure pas longtemps ; comme en toute dispute, il se trouve des entremetteurs qui arrangent l'affaire.

Une spécialité de Péking est le travail de l'émail cloisonné, qui a beaucoup progressé depuis trente ans. On prépare un vase de cuivre rouge, il doit être soudé au laiton et martelé, puis un fil de cuivre mince est appliqué en suivant les lignes du dessin projeté, ce fil adhère au moyen d'une colle spéciale. Une fois tout le dessin de cuivre appliqué sur le vase, on recouvre le dessin et la colle d'une poussière

d'argent et on chauffe le tout, l'argent se liquéfie avant le cuivre et soude ainsi très solidement les linéaments de cuivre superposés au vase ; ces linéaments forment des cloisons, dans les intervalles desquelles on verse la pâte d'émail colorée selon les fantaisies du dessin. Ce travail accompli, on suspend avec précaution l'objet clans un tube de tôle proportionné à sa dimension, on entoure ce tube d'un grillage en fil de fer éloigné d'environ 25 centimètres: l'intervalle est rempli de charbon de bois allumé, et on active le feu avec des éventails ; en peu de temps le tuyau devient rouge et l'objet qu'il contient est cuit. Quand on l'extrait, on ne voit qu'un amas de boursouflures informes, mais l'ouvrier lime avec soin, fait des retouches, corrige les places où l'émail n'a pas pris ; il recommence l'opération, la chauffe, le polissage et les retouches, jusqu'à ce qu'il ne reste pas le moindre défaut ; enfin il

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