‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 190 sur 239 · UN GRAND DINER · texte numérisé non relu

UN GRAND DINER

UX GRAND DINER. — Au jour fixé, chaque invité arrive en grande tenue ; on le reçoit au salon, où le thé est servi, puis, sur une parole polie du maître de la maison, chacun ôte son chapeau, son pardessus, se met à l'aise. On s'assied à une ou plusieurs tables, selon le nombre des invités ; ordinairement les tables sont carrées et on s'y place quatre ou cinq au maximum. Tous les desserts sont sur la table : petits gâteaux, petits pains de mais, fruits de tous genres, noix fraîches, amandes d'abricots, noix confites, fruits au miel,

graines

grillées

depastèques, noisettes, abricots confits, etc. Si les tables sont réunies, commeon le fait quelquefois, alors vous avez devant vous plus de cent coupes chargéesdefriandises et d'un fort bon effet. On commence par boire un peu de vindansunetasse microscopique, on épluche les graines de pastèques, on cause, on se fait des politesses. Puis vient le repas proprement dit; assietteset coupes sans nombre chargées

de différents mets : œufs de canard cuits dans la chaux, herbes marines, morceaux de viande au sucre, crevettes fraîches, jeunes pousses de bambou, champignons de Mongolie, œufs de pigeon et mille autres apéritifs. Chaque convive prend légèrement avec ses bâtonnets quelques morceaux de choix qu'il met dans l'assiette de son voisin, puis les politesses recommencent ; enfin, arrive le repas véritable annoncé par l'apparition du bol de riz traditionnel, puis les coupes et les grands plats contenant : bouillis, rôtis de tout genre, canard, poulet, cochon de lait, boulettes, poissons d'eau douce, carpe marinée et autres mets plus ou moins distingués ; un des plus estimés est l'aileron de requin préparé, qui ressemble à la raie. Les potages aux nids de salanganes, au bouillon de poulet, aux champignons, sont intercalés entre les services ; on boit le vin en abondance, et souvent, vers la fin de ces interminables

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