II. CÉRÉALES. FLEURS
^KING, situé sur le 390 54' 13" de latitude Nord et le 1140 08' 30" de longtitude Est de Paris, se trouve ainsi sur le même méridien que Naples et Madrid, et cependant les , froids de l'hiver y sont rigoureux ; pour cette raison, la capitale de la Chine a été classée parmi les villes à climat extrême comme New- York. Les grands froids commencent presque sans transition en novembre, et les fleuves ainsi que la mer sont pris par les glaces en décembre, pour dégeler en mars. Pendant ces quatre mois, le froid oscille entre — 10 et — 18 degrés, tandis que pendant l'été le thermomètre atteint et dépasse -t- 400. Les Pékinois disent que le vent souffle du nord en hiver, du sud en été, de l'est au printemps et de l'ouest en automne, et cet adage populaire ne manque pas de vérité. Le climat de Péking est caractérisé par une très grande sécheresse, qui, s'il rend le froid très pénible, fait supporter plus facilement les chaleurs du mois de juin, pendant lequel elles atteignent leur maximum. Il y a dans l'année de trente à quarante jours de pluie ou de neige ; les grandes pluies de juillet et d'août produisent une humidité surchauffée, qui rend ces deux mois fort pénibles. Pendant l'hiver, le ciel à Péking reste serein, et rien n'égale la transparence de l'atmosphère ; mais les vents violents du nord soulèvent une poussière tellement épaisse que le soleil en est parfois obscurci, et des nuages jaunâtres s'étendent comme un voile sur toute la ville.
L'immense plaine de Péking est toute plate et formée d'une terre d'alluvion ancienne et jaunâtre, où le P. David n'a jamais aperçu de débris fossiles. D'autres géologues pensent que tout l'espace compris entre Péking et Nan-Keou est d'alluvion récente. Vers le nord de Péking, on rencontre de petites collines près du Palais d'été ; plus loin, toujours dans la même direction, la chaîne s'élève et une montagne qui fait angle montre au loin son flanc nu et bleuâtre ; c'est de là qu'on
GEOLOGIE.
extrait un beau granit compact, dont on transporte quelquefois des blocs à Péking (A. David). A Nan-k'eou setend la chaîne de montagnes qui, venant du sud-ouest, se prolonge jusqu'à Chan-liackouan en se reliant à la grande chaîne qui sépare la Mongolie de la Chine, et qui est dominée par la Grande Muraille. Les roches sont calcaires, cristallines ou porphyritiques. Ces montagnes, de médiocre hauteur, sont toutes déboisées; de celles de l'ouest, à 16 ou 18 kilomètres de Péking, on extrait de temps immémorial un anthracite très dur et difficile à allumer. Il faut aller jusqu'à Tch' aè-tang, à trois journées nord-ouest de la capitale, pour trouver la houille bitumineuse. Les mines sont nombreuses, mais misérablement exploitées ; on creuse un chemin souterrain descendant en pente douce jusqu'aux filons, et des hommes, une lampe attachée au front, se glissent dans ces tanières à peine soutenues par de misérables poutrelles, et reviennent portant au dos ou traînant après eux un bloc de charbon. On est apitoyé sur le sort de ces malheureux, qui sortent couverts de sueur, vont se rafraîchir au grand air pendant quelques minutes et repartent pour