CULTIVATEURS
Le Chinois est un cultivateur de premier ordre ; non seulement dans la plaine, mais encore dans les montagnes, la moindre parcelle de terre est cultivée. Rien n'est épargné, ni temps, ni fatigue, ni engrais de tout genre pour bonifier ces terrains souvent bien ingrats. Les instruments dont se servent les Chinois pour la culture sont simples, primitifs, mais très pratiques .: charrue élémentaire, herse faite de gros clous ou même de simples chevilles de bois, hoyau et trident en fer grossièrement forgé, fauchet et râteau de bois ou de bambou recourbé, pelle et bêche, pioche à un seul bec, fourche en bois, voilà à peu près tout. Notons encore le fléau et le van, ainsi que la tarare qui a été introduite depuis peu d'années. Une petite serpe
PEKING
d'à peine huit centimètres, emmanchée au bout d'un bâton de 50 centimètres, remplace chez le Chinois la faux, la faucille et l'étrape. Comme aides, le laboureur a le bœuf, qui porte le joug au-dessus du cou, le cheval, le mulet et l'âne attelés comme en Europe, et qui sont remplacés chez les pauvres gens par la femme et les enfants. Autant que possible, on sème les grains de l'est à l'ouest et toujours avec une parfaite régularité.
La grande culture est celle du millet, du sorgho à épis blancs ou rouges, du maïs, du froment et d'une espèce de riz sec qui réclame peu d'eau. On y ajoute le petit haricot noir, destiné surtout à la nourriture des animaux, et dans les montagnes on remplace le froment par l'avoine, l'orge, le seigle et le sarrasin. Comme plante fourragère, on ne voit que la luzerne d'Europe. On cultive encore la patate douce, quelques ignames, le sésame, le raisin et le chanvre.