‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 212 sur 239 · MILLET (SIAO-MI-TSE · texte numérisé non relu

MILLET (SIAO-MI-TSE

les haricots vers, les petits pois, la ciboule, une ou deux espèces de salade, le radis long, le céleri et un persil à odeur infecte. L'arachide et une patate longue, sucrée et fade sont l'objet d'une culture soignée, ainsi que plusieurs espèces de concombres, courges, petits melons odorants, sans compter la pastèque à chair blanche ou rouge qui est très savoureuse. Dans les montagnes, on cultive encore le haricot ramé et la pomme de terre. Il y a trente ans, l'espèce jaune existait seule ; mais les missionnaires ont, depuis, introduit les bonnes espèces d'Europe, qui ont été accueillies comme plus productives et plus délicates. Dans le nord et surtout en Mongolie, le vrai chou pommé est cultivé avantageusement. L'asperge sauvage seule se vend à Péking : mais peu à peu, surtout dans les jardins de Tien-tsin on introduit l'asperge d'Argenteuil, le chou-fleur, l'artichaut, la laitue romaine, leschicorées, le cresson et nombre d'autres légumes pour l'usage des Européens. Les Chinois savent très bien forcer les légumes ; pour cela, ils ont des serres chauffées produisant des primeurs qu'ils vendent à très haut prix.

Le Chinois est amateur de fleurs ; il est rare que, même chez les pauvres, on n'en voie pas quelques-unes. Cultivées en pleine terre ou en serre, selon leurs qualités elles sont portées à dos d'homme ou à brouettes sur les nombreux marchés de la capitale ; l'iris, le chrysanthème, la balsamine, la crête-de-coq, la campanule, le pied-d'alouette, l'hémérocalle, le pourpier, la pensée, le souci, la belle-de-nuit, la menthe poivrée, quelques petits œillets, la reine-marguerite, le soleil, la coréopsis, le basilic, le géranium, le lys martagon et le lys soufre, la pivoine ordinaire rose et blanche nommée chao-iao, sont les plus communes. On voit aussi de charmants arbustes florifères : un prunier sauvage à fleurs doubles, une spirée à fleurs blanches et à feuillage élégant, une magnifique glycine, le chèvre- feuille, le laurier rose et blanc, le lilas, le grenadier à

PEKING

fleurs doubles, un autre à fleurs simples fructifères, le forsythia à fleurs jaunes, les roses jaunes à grand buisson, la rose de tous les mois sans odeur, une autre blanche que l'on dispose en espaliers, une odorante d'un rouge un peu violacé, et enfin depuis quelque temps de nouvelles espèces d'Europe greffées par les Chinois. Chaque année arrive des provinces méridionales, presque à l'état de bois sec, un arbrisseau ressemblant au jasmin (mou-H-koa) ; on le cultive en serre, et au printemps il se couvre de fleurs blanches très odorantes, avec lesquelles on parfume le

thé vert. Viennent aussi du sud ou du Japon, le gardénia, le camélia, l'hortensia, l'oranger, le citronnier, le sica, le palmier, le yucca, plusieurs espèces d'azalées et de rhododendrons, enfin la pivoine, arbre qui s'offre en présent pour le Ier jour de l'an, c'est-à-dire vers le 15 février ; cette pivoine est appelée en chinois mou-tan.

Parmi les arbres, notons l'orme, le saule, le mimosa, le sophora, le pin rouge, la sapinette qui entoure les sépultures, le pin à écorce blanche (piims bungeana), l'accacia.une vigne sauvage et un cissus grimpant qui remplace le lierre, inconnu à Péking; l'aulne et le hêtre sont inconnus ici, le charme est très rare, mais l'ailanthe, dont la racine est un spécifique remarquable contre la dyssenterie, croît partout.

Les montagnes produisent aussi trois sortes de chênes rabougris, un petit bouleau, des lilas sauvages, le tilleul et d'autres espèces communes à l'Europe. Parmi les arbres fruitiers, citons le pommier, le poirier, l'abricotier, le pêcher, le prunier, le kaki, une petite cerise et un arbre produisant de petites pommes rouges nommées chan-likoung, dont les confiseurs tirent un excellent parti ; la vigne, peu abondante, ne se cultive pas comme en Europe, mais seulement sous forme de treilles, dont on enterre tous les rameaux avant les grands froids. Outre une espèce de raisin très juteux à gros grains rosés, on en aune seconde à grains très allongés et jaunâtres, rappelant le raisin d'Europe dit amande lie; la première seule, additionnée de 10 °/0 de sucre nécessaire à la fermentation, peut servir à faire du vin. Ce vin, après quelques années, acquiert une couleur topaze, et son goût rappelle certains vins d'Espagne ; du reste, à Péking, tout le raisin ne sert que pour la table. Le noyer ordinaire se trouve dans les montagnes de l'ouest, avec un abricotier dont les fruits sans chair donnent un énorme noyau qui remplace

l'l\nINE (MOU-TAN).

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