ORNITHOLOGIE
l'amande ; dans les montagnes du nord-est, on a une autre espèce de noyer dont les fruits sont presque sans coque, et le châtaignier; le noisetier n'est pas cultivé mais se trouve en abondance dans toutes les montagnes.
Le coton se cultive peu dans le Pé-tcke ly ; cependant, vers le sud, on en rencontre une espèce naine dont la tige ne dépasse pas 50 à 60 centimètres. Par contre, le tabac est semé aussi bien dans la montagne que dans la plaine ; on en fait une très grande consommation, car en Chine tout le monde fume ; le meilleur, qui est presque noir et chargé de nicotine, vient de Mantchourie ; mais aux alentours de Péking on en récolte une espèce moins forte et plus agréable à fumer. Les Chinois ne font subir aucune préparation au tabac ; on se contente de le faire sécher, d'enlever les plus grosses côtes des feuilles, et on le livre ainsi à la consommation. Quelques plantes médicinales se trouvent dans les montagnes, telles que le bois de réglisse, la rhubarbe et nombre d'espèces qui entrent dans la pharmacopée chinoise.
Dans le nord, on rencontre quelques fraises des bois, la groseille à grappes, et une framboise très productive mais légèrement acide.
Parmi les oiseaux du nord de la Chine, on peut citer le grand vautour, dont plusieurs spécimens se trouvaient dans le musée du Pé'-tang ; il se rencontre, assez rarement du reste, dans les montagnes du nord-ouest, comme dans celles du nord-est près de la ville'de Young-p'ing-fou(Vultur tnonachus). Les aigles sont moins rares et on en voit plusieurs espèces, dont les plus grands sont ceux à tarse blanc ( Aquila crysa'étos). La buse à queue blanche, le milan
sédentaire (Jkfi/vusmelanotîs) sont très abon- *xv"-'\ ;)'.'.'•", ■'•',::'• .";\7.v:'v;:v'':v,*"/.i
dants à Péking pendant toute l'année. Les
chasseurs de la capitale emploient pour la chasse au lièvre une espèce de busard ( Astur pahimbarius) commun dans les montagnes ; outre ces oiseaux de proie, on rencontre à Péking et aux alentours plusieurs espèces de pies, la huppe commune, le bouvreuil, l'élégant Carponacus Davidianus, qui niche dans les buissons des plus hautes montagnes. Le moineau est sédentaire partout, et ne diffère pas de celui d'Europe. Les Chinois estiment beaucoup un moineau à taches blanches, un peu plus petit que le Passer montanus ordinaire; il est rare et souvent très cher à Péking. Si l'on fait une excursion sur la montagne Po-hoachan, une des plus élevées de la province, à trois journées de Péking vers le nord-ouest, on rencontrera deux espèces de veuves ( Tchitrea-incei), l'une blanche et l'autre brune, à queue très longue et que les Pékinois arrivent à apprivoiser ; X Uroccissa sinencis, espèce de pie bleue à bec et pattes rouges d'une rare élégance ; la Cyanopolius cyanmis, autre espèce d'un bleu grisâtre, qui descend jusqu'à Péking pendant l'hiver. Sur les ruisseaux limpides volent le martinpêcheur et un petit oiseau complètement noir qui ressemble à un merle d'eau, et que les Chinois nomment choui-lao-koua, corbeau aquatique, à cause de sa couleur. Dans les rues de Péking, on rencontre souvent des oisifs qui exercent certains oiseaux à saisir au vol de petites boulettes préparées, en revenant chaque fois sur la main de
PEKING
celui qui les a lancées : ce sont des gros becs ( Eophana personata,Eophana melanura); ces oiseaux se familiarisent rapidement. On voit aussi à Péking, au moment des passages, le pinson des Ardermes, le Propasser trifaciatus au charmant plumage rosé taché d'argent, XUragus lepidus également rosé et gracieux, et la grande piegrièche. Le printemps ramène en ville une élégante hirondelle, et toute l'année plusieurs espèces de pies, de corbeaux et de corneilles, même le corbeau à cou blanc, assez commun dans la campagne pendant l'hiver. Dans les plaines de Mongolie, on rencontre un corbeau double en grosseur du corbeau ordinaire, que les Chinois nomment le tombeau des Mongols ; les Mongols, en effet, n'enterrent point leurs morts, qu'ils abandonnent en pâture aux animaux et aux oiseaux de proie. On trouve aussi
auxenvirons de Péking une gracieuse tourterelle et plusieurs espèces de pigeons sauvages.
Quant aux pigeons domestiques, ils appartiennent à plusieurs variétés ; les pigeons à bec court et gros, au pourtour des yeux nu, aiment à voler en tournoyant pendant des heures entières; les Chinois de Péking leur attachent sur la queue de légers sifflets de tonalités différentes, dont l'ennuyeuse et monotonemusiqueleur plaît beaucoup. Les gruts( Cyrenœa virgo et monacha) se voient aussi dans le nord, ainsique l 'Ibis
nippon. Les oies sauvages, les cygnes et même le pélican se rencontrent également dans le nord, surtout sur le lac de Cking-tsing près de Suen- hoa-fou ; quant aux canards sauvages, il y en a plus de dix espèces sur les différents cours d'eau. L'outarde n'est pas rare dans les grandes plaines, et les montagnes dénudées servent d'asile à la perdrix ordinaire et à la bartavelle (Perdrix grœca). Les marécages provenant des rivières débordées, ou les rizières, sont communément peuplés par les vanneaux, bécassines, les pluviers et la charmante bergeronnette. Les grives arrivent pendant l'hiver jusque dans l'intérieur de la ville; elles sont très communes sur les sapinettes et genévriers qui ornent les sépultures. Les goélands et autres oiseaux de mer se trouvent en abondance à Ta-kou. Un usage gracieux, quoique entaché de superstition, existe à Péking : c'est celui d'acheter plusieurs centaines d'oiseaux en cage pour leur rendre la liberté ; le Pékinois du reste aime tous les