‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 214 sur 239 · FAUNE · texte numérisé non relu

FAUNE

oiseaux, et les apprivoise avec une singulière facilité. Si on prend les petits oiseaux, ce n'est jamais pour s'en nourrir comme en Europe, mais seulement pour jouir de leur compagnie et de leurs chants ; on les promène, on nettoie leur cage avec le plus grand soin, on choisit la nourriture qu'ils aiment, on les instruit si bien que, par exemple, la grande calandre, ou alouette de Mongolie, finit par imiter dans son chant fort et varié tout ce qu'on lui a fait entendre. Si quelqu'un désirait avoir des notions complètes sur les oiseaux de la Chine, il pourrait consulter le fournal dun voyage en Mongolie fait en 1866 et reproduit dans les nouvelles Archives du Muséum, ainsi que les Oiseaux de Chine par l'abbé Armand David et E. Oustalet. ■ — Le nord de la Chine a peu de reptiles, quatre ou cinq couleuvres inoffensives, une seule vipère, un lézard gris, un gecko et une tortue fluviale. Une quinzaine d'espèces de poissons et quelques beaux papillons. Parmi les crustacés d'eau douce, on a le crabe, mais l'écrevisse ne se trouve que dans les ruisseaux du nord de la Mantchourie, ou en Corée. Quatre bivalves et six ou sept univalves sont les seuls mollusques des cours d'eau, et les coquilles terrestres sont extrêmement rares. Une espèce d'huîtres, analogue à XOstrea edulis, se rencontre à Ta-kou.

Les montagnes voisines de Péking abritent quelques fauves ; on dit que le grand tigre du nord (Felis tigris), qui se propage dans les forêts de Mantchourie, y fait quelquefois une apparition ; la panthère^ Felis panthera) y est commune, mais craintive ; elle attaque rarement l'homme, à moins d'être inquiétée. Le chat sauvage n'est pas rare ; quant au chat domestique, il ne diffère pas de celui d'Europe ; on voit même ici l'angora à longs poils. Le loup est malheureusement très commun partout ; on en connaît plusieurs espèces ; le plus terrible de tous est le grand loup noir ; puis vient le loup blanchâtre, le loup commun et un petit loup rougeâtre. Le renard jaune et le renard roux se prennent facilement au pièo-e, et leur fourrure est appréciée des Chinois. On trouve encore dans les montagnes de Young-tiing le sao-suè, espèce de grande fouine noirâtre imitant la zibeline. Enfin le putois, la belette dont les poils de la queue servent à faire les pinceaux ; et une espèce de singe près de la sépulture impériale de l'est.

Le grand chien mongol à longs poils, souvent plus haut qu'un Saint- Bernard, est de deux sortes : le roux avec des yeux couleur pervenche, l'autre noir et blanc ou noir et feu ; la chaleur de Péking fait ordinairement périr ces animaux en quelques années ; pour cette raison, on préfère des chiens de race bâtarde, qui du reste sont de bonne garde. De vrais chiens de chasse, il n'y en a pas ; cependant, pour la chasse du lièvre au faucon, les Chinois se servent quelquefois d'un lévrier ressemblant au chien kurde. Enfin, Péking est renommé pour sa race de carlins qui semblent, d'après les Annales, venir de Constantinople. Voici, en effet, ce que nous y lisons : « Le royaume Kaotchang est le même que le Kou-che des H an, c'est la cour des anciens rois ; il est à 4.300 lia. l'Ouest delà capitale (Si-ugan-fou). A la 7e année de Ouenteti (624), le roi Ouent'ac offrit à l'empereur deux chiens, un mâle et une femelle, hauts de six pouces et longs d'un pied au plus ; ils sont d'une nature très intelligente, peuvent conduire un cheval et tenir un flambeau dans la bouche. On dit qu'ils sont originaires de Constantinople, et la Chine eut des chiens de ces pays-là sous la dynastie des T'ang, lorsque l'empereur Kao-tsou était sur le trône. » Ces petits chiens de Péking sont en effet très intelligents : les uns sont à longs poils, les autres

PEKING

à poils ras ; ils ne sont pas cependant aussi petits qu'on le croit en Europe, et lorsqu'on y parle des chiens à mettre dans la manche, il faudrait se souvenir que les Chinois ont la manche très large: le vrai carlin de Péking doit avoir une tête de lion garnie de longs poils ressemblant à une crinière, le museau aplati, les yeux très gros, les oreilles longues et poilues, les jambes courtes, le corps peu allongé et une superbe queue en panache. La loutre vulgaire n'est point inconnue, non plus que la gerboise et plusieurs espèces de rats ; on ne voit ici que le lepus tolai, et le lapin n'existe qu'à l'état domestique.

Parmi les grands animaux, Péking a le chameau à deux bosses, beaucoup plus grand que l'espèce africaine : et dans la forêt impériale près de Je-hol, se chassent le sanglier le grand cerf (ma-lou), un plus petit tacheté (yang-lou) et le chevreuil qui, avec l'antilope caudata, est assez commun dans les montagnes de l'ouest. Quant à l'antilope<£«//«;wa etàl'argali, ils ne se trouvent qu'en dehors de la Grande Muraille. (Voir, pour plus de détails, dans les nouvelles Archives du Muséum, le Catalogue des Mammifères rédigé par Monsieur Armand David.)

DYNASTIE DES CHANG

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